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J. Kabila : « La crise en RDC ne se limite pas aux actions incontrôlées du M23, présenté à tort comme un groupe anarchiste… »
Au début de l’année 2019, l’Afrique et le monde entier ont salué le premier transfert pacifique du pouvoir entre un président sortant et un président entrant en République démocratique du Congo (RDC). Malheureusement, ces acclamations ont été de courte durée, car le président Félix Tshisekedi a rapidement déchiré l’accord qui sous-tendait cette nouvelle dispensation politique. Depuis lors, la situation en RDC s’est détériorée. Le pays est au bord de l’implosion en raison d’une guerre civile qui menace de déstabiliser toute la région.

Si la crise et ses causes profondes ne sont pas correctement abordées, tous les efforts pour y mettre fin seront vains.
Pour restaurer la paix et la stabilité dans l’est du pays, il est crucial de résoudre la question des groupes armés nationaux et étrangers présents sur le sol congolais. Cependant, contrairement à ce que les autorités de Kinshasa veulent faire croire, la crise ne se limite pas aux actions incontrôlées
du M23 – présenté à tort comme un groupe anarchiste, un proxy d’un État étranger sans revendications légitimes – ni à un simple désaccord entre la RDC et le Rwanda.
La crise en RDC remonte à 2021 et est multidimensionnelle. C’est une crise sécuritaire et humanitaire, mais surtout une crise politique, sociale, morale et éthique. Cet aspect est minimisé, voire ignoré, par les pays et organisations partenaires de la RDC, y compris la SADC.
La remise en question de ce Pacte Républicain s’est d’abord manifestée par des violations délibérées et récurrentes de la Constitution et des lois du pays. Ensuite, il y a eu les élections truquées de décembre 2023, organisées en violation du cadre juridique et des normes internationales. Ces élections ont amplifié l’illégitimité du pouvoir en place, réduit artificiellement le
poids de l’opposition et fait du chef de l’État le maître absolu du pays.
Tshisekedi a également annoncé publiquement son intention ferme de modifier la Constitution. Les conséquences de cette situation sont désastreuses. Il s’agit d’un recul démocratique majeur.
Le régime actuel a muselé toute forme d’opposition politique. Intimidation, arrestations arbitraires, exécutions sommaires et extrajudiciaires, ainsi que l’exil forcé de politiciens, journalistes et leaders d’opinion – y compris des responsables religieux – sont devenus des traits caractéristiques de la
gouvernance de Tshisekedi.
Par ailleurs, l’endettement du pays – qui avait été maîtrisé en 2010 – a de nouveau explosé, soulevant des inquiétudes quant à sa viabilité à long terme.
Toute tentative de résolution de cette crise qui ignorerait ses causes profondes – en premier lieu la
gouvernance actuelle de la RDC – ne pourra pas apporter une paix durable.
Les innombrables violations de la Constitution et des droits humains, ainsi que les massacres répétés de la population congolaise par les forces de police et l’armée de Tshisekedi, ne prendront pas fin après une simple
négociation entre la RDC et le Rwanda ou une défaite militaire du M23.
Compte tenu de l’histoire de ses États membres, la SADC devrait mieux comprendre la situation.
Les revendications du peuple congolais contre son gouvernement doivent être prises en compte. Le maintien de la mauvaise gouvernance actuelle ne ferait que conduire à de nouveaux cycles de troubles politiques, d’insécurité, d’instabilité institutionnelle, de conflits armés ou même de guerre civile.
Cette crise appelle une solution globale – et pas seulement l’envoi de troupes et d’équipements militaires. Cela reviendrait à gaspiller des ressources précieuses pour soutenir une dictature, au lieu d’aider la RDC à progresser vers la démocratie, la paix et la stabilité, et ainsi devenir un atout pour la région et le continent.
Le monde observe attentivement si l’Afrique du Sud – connue pour son humanisme et ses valeurs – continuera d’envoyer des troupes en RDC pour soutenir un régime tyrannique et combattre les aspirations du peuple congolais.
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L’article original a été rédigé par Joseph Kabila, ancien président de la RDC et participant au Dialogue de Sun City
À la Une
HGR Kinkole sous tension : Après les violentes échauffourées, les médecins déclenchent une grève dès ce jeudi 16 avril
L’Hôpital Général de Référence de Kinkole a vécu des heures de vive tension dans la nuit du 14 au 15 avril 2026, plongeant le personnel soignant, les malades et leurs gardes dans une situation de panique généralisée. Selon les témoignages recueillis auprès des médecins de garde, des individus venus de Pakadjuma auraient pris le contrôle d’une partie du service de chirurgie, armés notamment de flèches et d’autres instruments jugés agressifs.
D’après les récits du personnel médical, plusieurs portes administratives ont été forcées, notamment celles du secrétariat, du bureau de l’Administrateur Gestionnaire Titulaire (AGT) ainsi que d’autres bureaux centraux. Si les assaillants ne sont pas parvenus à ouvrir certaines pièces, leur présence a suffi à semer la peur dans tout l’établissement. Les malades, les gardes-malades et les soignants ont été pris de panique face à cette intrusion brutale au sein d’un lieu censé être dédié aux soins et à la sécurité.
Le bilan provisoire communiqué par les médecins fait état d’au moins quatre morts alors qu’un premier rapport faisait état de deux décès par balle ainsi que de douze blessés, dont trois cas graves. Plusieurs biens appartenant aux prestataires, patients, stagiaires et accompagnants auraient également été emportés lors des violences. Les blessés ont été transférés à l’hôpital militaire de Kokolo sur décision des autorités communales de N’sele.
Face à cette situation jugée intenable, la quasi-totalité du personnel soignant a quitté l’hôpital et a décrété une grève à compter de ce jeudi 16 avril. Les médecins dénoncent l’absence de garanties sécuritaires et refusent de reprendre le travail tant que leur intégrité physique, celle des patients et celle des infrastructures hospitalières ne seront pas assurées.
Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET
