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Ituri : L’abandon de bébés, un phénomène qui inquiète à Mambasa

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Mambasa, au-delà notamment des menaces des rebelles ADF, fait face à un autre phénomène depuis le début de l’année 2024 : l’abandon de bébés à la naissance. Deux cas sont déjà documentés jusqu’ici.

Entre le désir au départ et le non désir, l’abandon d’enfants à la naissance s’invite à Mambasa, le plus grand territoire de la province de l’Ituri au nord-est de la RDC. Abandonner, semble pourtant une décision difficile à prendre, une histoire pleine de souffrances. Mais ces femmes, deux jusqu’ici, sont très décidées, même si leur implacable détermination à mener à bien leur décision cohabite avec la plus extrême culpabilité.

Le dernier cas (le deuxième), remonte au 20 janvier 2024. Un bébé garçon a été abandonné par sa mère quelques heures après son accouchement à la clinique Saint Valentin, située à Biakato dans la chefferie des Babila Babombi.

Entre la méconnaissance, la peur, la crainte du jugement, la dénonciation, les difficultés financières ou sociales, cette femme de 20 ans, selon nos sources, a décidé de confier son nourrisson enfant dès la naissance, à l’adoption.

Elle a fait comme si elle était partie se soulager, depuis lors elle n’est jamais revenue ”, confie ce mercredi 24 janvier 2024 une source administrative de la clinique Saint Valentin à nos confrères de buniaactualite.cd

Le bébé est adopté (gardé) par une « maman qui s’est portée garante » d’après le communiqué diffusé dans une église locale. La singulière qui a abandonné son enfant prétendait habiter à Bubali, un des quartiers de Biakato.

Elle n’a ni suivi la consultation prénatale dans la structure sanitaire où elle est allée « accoucher d’urgence » sans aucune compagnie (quelq’un pour prendre soin de lui).

Un acte que condamne l’activiste des droits humains, John Tsongo qui parle d’un deuxième cas depuis le début de l’année 2024.

Il appelle les femmes et les jeunes filles au bon sens tout en plaidant pour la poursuite judiciaire des auteurs pour « mettre fin à ces abus devenus répétitifs dans la région ».

Verite Johnson/CONGOPROFOND.NET

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UDPS 2028 : Avant même le crash, ils répètent déjà la scène du pillage de l’épave

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Il fallait avoir le cœur bien accroché et le sens de l’absurde chevillé au cervelet pour suivre les derniers épisodes de la sitcom UDPS. On a d’abord vu Peter Kazadi, honorable cadre du parti présidentiel, adresser une lettre incendiaire au Secrétaire Permanent de l’Union Sacrée, André Mbata, oubliant au passage que l’un comme l’autre portent le même maillot.

Puis, summum du vaudeville institutionnel, ce même André Mbata s’est fendu d’un ricanement sardonique après la victoire de son poulain au Sankuru face au candidat du Secrétaire Général Augustin Kabuya, proclamant urbi et orbi que “l’Union Sacrée a gagné contre l’UDPS”. Voilà le décor planté : un parti où la victoire de ses propres structures satellites est célébrée comme une défaite de sa direction. C’est moins une scène de ménage qu’une répétition générale pour un chaos bien plus grand.

La médiocrité de ces querelles byzantines n’est pas un simple défaut de cuirasse ; elle est l’aveu public d’une impréparation stratégique qui donne le tournis. Ce théâtre d’ombres a révélé au monde entier ( et surtout aux Congolais qui attendent encore un projet structurant ) que les cadres au pouvoir ne pensent pas en termes de Nation, mais en termes de casting. Ils ne plancheront jamais sur une vision à 50 ans parce qu’ils sont incapables d’avoir une vision à 50 jours qui ne concerne pas leur propre nomination.

Leur horizon temporel s’arrête au prochain remaniement ministériel ou à la prochaine rotation des mandats provinciaux. Pas un seul d’entre eux n’a porté un débat de fond sur l’industrialisation, la démographie galopante ou la souveraineté énergétique. Non. Leur seul projet structurant, c’est de s’assurer que le voisin de bureau ne récupère pas leur fauteuil. Ce sont des court-termistes purs jus, des opportunistes pour qui le pouvoir est une fin en soi, et non le levier pour transformer un pays.

Ce qui les maintient encore dans une forme de cohésion tectonique, c’est uniquement l’aimant surpuissant de la figure tutélaire de Félix Tshisekedi. Mais 2028 n’est pas une hypothèse d’école lointaine, c’est un mur qui se rapproche à grande vitesse. Le jour où ce point de gravité viendra à disparaître du bulletin de vote, la force centrifuge actuelle n’aura plus aucun frein. Entre Peter Kazadi, André Mbata, Augustin Kabuya, Gecoco Mulumba, Nicolas Kazadi, André Wameso, Judith Suminwa et la longue cohorte des frustrés en réserve, ce ne sera pas une primaire.

Ce sera une curée. Une guerre de tranchées où chacun voudra la peau de l’autre pour hériter des ruines. Ils ont passé huit ans à ne rien bâtir ensemble, et à peine quelques heures à se déchirer pour une élection provinciale. Imaginez ce que donnera la bataille pour le royaume tout entier quand le roi ne sera plus candidat. Ce sera sanglant, et surtout, terriblement inutile pour le Congo.

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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