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Ituri endeuillée : Que le martyre de Komanda réveille les consciences !
Dans la nuit du 26 au 27 juillet 2025, peu après 1h du matin, des hommes armés affiliés aux Forces Démocratiques Alliées (ADF), elles-mêmes liées à l’État islamique, ont attaqué une église catholique dans la localité de Komanda, diocèse de Bunia, en territoire d’Irumu (province de l’Ituri).
Les assaillants ont ouvert le feu et utilisé des machettes contre des fidèles rassemblés pour une veillée de confirmation. Le bilan provisoire fait état de 38 à 43 morts, parmi lesquels des femmes, des enfants, des catéchumènes. Cinq autres personnes ont été tuées dans le village voisin de Machongani. Des habitations et commerces ont également été incendiés.
Une attaque ciblée, une terreur assumée
La MONUSCO, mission onusienne en RDC, a qualifié l’attaque de « barbare« , dénonçant une grave violation du droit international humanitaire. Elle affirme intensifier ses efforts de protection dans la région.
Ce n’est pas un acte isolé. Les ADF, groupe armé d’origine ougandaise désormais actif dans l’Est congolais, multiplient depuis plusieurs années des attaques contre les civils, particulièrement les chrétiens. Affiliées à l’État islamique/Province d’Afrique centrale (ISCAP), les ADF poursuivent une logique djihadiste visant à instaurer un califat dans la région.
Dans leur vision radicale, le catholicisme est perçu comme un ennemi, une cible hautement symbolique. L’Église catholique, influente en RDC par ses rôles éducatif, sanitaire et moral, est régulièrement visée pour sa capacité à fédérer et à dénoncer l’injustice.
Une attaque qui vise à diviser
La région d’Ituri, historiquement plurielle sur le plan religieux, est aujourd’hui menacée par une volonté claire de déstabilisation. En s’en prenant à une communauté en prière, les ADF cherchent non seulement à faire parler d’eux dans les cercles terroristes internationaux, mais aussi à déchirer le tissu social local en attisant des tensions interreligieuses.
Condamnations et appels à l’action
Le Pape Léon XIV, dans un télégramme adressé à la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), a exprimé sa « profonde douleur » face à cette tragédie, priant pour que le sang versé devienne semence de paix, de fraternité et de réconciliation. Il a accordé sa bénédiction apostolique aux familles endeuillées et à la nation toute entière.
La CENCO, de son côté, dénonce un « massacre ignoble » perpétré en dépit de l’état de siège, de la mutualisation des forces armées congolaises (FARDC) et ougandaises (UPDF), ainsi que de la présence prolongée de la MONUSCO.
Plusieurs gouvernements étrangers, dont la France et l’Italie, ont également condamné l’attaque, appelant à des actions concrètes contre cette nouvelle horreur.
Le gouvernement congolais, par la voix des FARDC, parle d’un « massacre d’une grande ampleur », en représailles aux opérations militaires conjointes récemment menées dans la zone. Kinshasa promet de renforcer les opérations antiterroristes et d’identifier les responsables pour les traduire en justice.
Le silence n’est plus une option
Le massacre de Komanda n’est ni le premier, ni un cas isolé. Il s’inscrit dans une longue série de violences qui endeuillent l’Ituri et le Nord-Kivu depuis des années. Le peuple congolais ne peut plus supporter l’indifférence nationale et internationale face à ces tragédies récurrentes.
Le respect de la dignité humaine n’a de sens que s’il se traduit par des actions concrètes, et non par des discours commémoratifs sans lendemain. Komanda interpelle. Komanda appelle à la justice.
François Anga Kupa