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Ituri/Djugu : plus de 74 000 déplacés vivent un calvaire sur le site de Rhoo
Plus de 74 milles déplacés vivent le calvaire au site de déplacés de Rhoo en chefferie des Bahema Nord dans le territoire de Djugu.
Sans assistance aucune, ces déplacés ayant fui Drodro après l’attaque de 21 novembre, ne savent plus à quel saint se vouer.
Les femmes nourriraient leurs enfants même de bouillie de boue ou mieux Potopoto.
A cela s’ajoute le manque des installations hygiéniques, alors que la plupart de personnes passent nuit à la belle étoile.
La chambre de conseil Hema qui alerte, vu la gravité de la situation humanitaire de ces déplacés, lance un cri de détresse urgent à l’endroit du Gouvernement congolais et ses partenaires, car la menace rebelle est aussi permanente pour ces vulnérables.
« Vous imaginez ce nombre de personnes, plus de 75 milles regroupées dans un même endroit sans de dispositions hygiéniques, pas de nourriture et ce site est entouré par des groupes armés qui empêchent la population d’accéder aux champs et d’aller à la source pour puiser de l’eau… Nous en appelons à une mobilisation maximale à cette opération pour assister nos populations vulnérables » explique Jospin Mateso Savo, le conseiller juridique de cette structure regroupant les Hema.
C’est après l’attaque du dimanche 21 novembre 2021 au site de déplacés de Drodro que le site de Rhoo est submergé.
La plupart de déplacés de Drodro a pris la direction de cette colline, fuyant les représailles des miliciens CODECO après le meurtre de 30 civils déplacés à Drodro.
Verite Johnson/CONGOPROFOND.NET
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« Qu’ils viennent débattre à la télévision » : Le député John Mbonda accuse les gouverneurs militaires de faire de la politique
L’Assemblée nationale a été le théâtre d’une vive charge politique ce vendredi 15 mai. Le député national John Mbonda s’en est ouvertement pris aux gouverneurs militaires des provinces sous état de siège, qu’il accuse de délaisser leur mission sécuritaire pour s’engager dans des confrontations politiques avec des élus nationaux.
Très remonté après les récentes démarches entreprises contre le député Crispin Mbindule, l’élu du Haut-Katanga a dénoncé ce qu’il considère comme une instrumentalisation des services de sécurité contre des parlementaires critiques.
Dans son intervention, John Mbonda a notamment évoqué la lettre attribuée au gouverneur militaire du Nord-Kivu sollicitant des enquêtes contre Crispin Mbindule, ainsi que la plainte déposée contre ce dernier.
« La question que nous nous demandons, est-ce qu’ils sont gouverneurs militaires ? Ils deviennent des politiciens », a lancé le député devant ses collègues.
Pour John Mbonda, les autorités militaires devraient concentrer leurs efforts sur la gestion sécuritaire des provinces sous état de siège au lieu de s’engager dans des querelles politiques.
« S’ils deviennent des politiciens, qu’ils viennent alors sur le plateau des télévisions et ouvrir des débats. Et s’ils sont là pour gérer, qu’ils se concentrent dans les tâches de gérer et non pas entrer dans le terrain politique », a-t-il martelé.
Cette déclaration relance les critiques contre le fonctionnement de l’état de siège instauré dans l’Est de la RDC, une mesure exceptionnelle censée restaurer la sécurité face aux groupes armés mais régulièrement contestée pour ses résultats mitigés et les tensions qu’elle provoque avec certains acteurs politiques.
Face à ces accusations, le bureau de l’Assemblée nationale, représenté par Christophe Mboso, a encouragé les députés à continuer d’exercer librement leur mission de contrôle parlementaire.
Au-delà du cas individuel de Crispin Mbindule, cette polémique met en lumière une fracture grandissante entre représentants élus et autorités militaires dans les provinces sous état de siège. Une situation qui ravive le débat sur l’équilibre entre impératif sécuritaire et respect des principes démocratiques en République démocratique du Congo.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
