À la Une
Isiro : accélération de 40km d’asphaltage des routes après Bunia et Kisangani, la circulation s’améliore sur plusieurs axes
À Isiro, chef-lieu du Haut-Uélé, le changement se lit désormais sur les routes. Depuis le lancement des travaux d’asphaltage, plusieurs axes de la ville commencent à changer d’allure, donnant aux habitants le sentiment de vivre un moment longtemps attendu.
Arrivée à Isiro le 21 août 2026 à la tête d’une délégation de journalistes, Sarah Mugisa, chargée de communication de Mont Gabaon, dit vouloir documenter cette transformation au-delà des seuls travaux réalisés par l’entreprise congolaise.
Pour elle, l’enjeu est aussi de garder une trace de cette période où plusieurs villes de la République démocratique du Congo connaissent d’importants travaux d’infrastructures.
Une ville qui change de visage
À Isiro, plus de 40 kilomètres de voirie sont annoncés pour être asphaltés. Sur certains axes, les premières couches de goudron sont déjà visibles et contrastent avec les anciennes routes poussiéreuses.
La transformation n’échappe pas aux habitants. Sur le tronçon menant vers l’aéroport de Matari, Étienne Mbalo Lombose, de retour du champ, découvre les équipes à l’œuvre. Pour lui, cette nouvelle donne est synonyme de joie, mais aussi de surprise.
« Pour moi, c’est une joie. C’est une surprise. Voilà le développement », témoigne-t-il.
Marie Njia II, rencontrée le long d’un autre axe en chantier, se réjouit elle aussi de voir sa ville changer. Elle se souvient d’une époque où les routes asphaltées faisaient défaut et où poussière et difficultés de circulation rythmaient le quotidien.
Pour les habitants, l’intérêt de ces travaux dépasse donc l’aspect esthétique. Ils espèrent surtout des déplacements plus faciles, moins de poussière et un gain de temps dans leurs activités quotidiennes.
Un autre habitant rencontré sur la route de l’aéroport raconte qu’il pousse son vélo dans cette direction depuis 1987. Il affirme qu’avec l’asphaltage, son trajet, qui pouvait autrefois lui prendre près de deux heures, est désormais beaucoup plus rapide.
« Aujourd’hui, c’est un miracle de pousser sur cette route asphaltée », dit-il, visiblement marqué par le changement.
« Anuarite serait fière de voir cette transformation »
La chargée de communication de Mont Gabaon, société qui éxecute les travaux, veut également inscrire cette évolution dans la mémoire d’Isiro, une ville fortement liée à la figure de la bienheureuse Anuarite Nengapeta.
Sarah Mugisa estime que cette transformation constitue un moment important pour une ville qui, selon elle, a attendu plusieurs décennies avant de voir ses principales artères bénéficier de l’asphaltage.
Elle évoque même la figure d’Anuarite, estimant que la bienheureuse « serait fière » de voir l’évolution de sa ville.
Au-delà du chantier, son message est celui d’une RDC qui avance et dont les transformations méritent, selon elle, d’être racontées et conservées dans la mémoire collective.
Le gouverneur appelle à préserver les acquis
Sur le terrain, le gouverneur du Haut-Uélé, Jean Bakomito Gambu, salue également l’évolution des travaux et remercie le chef de l’État pour cette dynamique.
Il invite surtout les habitants à s’approprier les infrastructures et à contribuer à leur préservation. Pour l’autorité provinciale, la réussite de ces travaux passe aussi par la responsabilité de la population.
« À la population de s’approprier les travaux, à ne pas céder aux discours de haine, de divisions », appelle-t-il.
Après Bunia et Kisangani, Mont Gabaon poursuit ainsi son déploiement dans une autre ville congolaise. À Isiro, les premiers axes asphaltés commencent déjà à modifier le quotidien et le paysage urbain.
Pour les habitants rencontrés, le goudron représente surtout une promesse simple : pouvoir circuler plus facilement, gagner du temps et voir leur ville prendre une nouvelle allure.
Verite Johnson