Sécurité
Intégration régionale : « Sans paix, aucune économie ne tiendra », martèle Patrick Muyaya
Le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, a tenu à clarifier la position du gouvernement congolais sur le processus de Washington, lors d’un Special Briefing Presse organisé mercredi 8 octobre à Kinshasa. Pour lui, la RDC n’a pas tourné le dos à l’intégration régionale, mais défend un principe fondamental : la paix avant l’économie.
« Il ne s’agit pas d’un refus, mais d’un choix de cohérence. Nous ne pouvons pas signer un cadre d’intégration alors que certaines de nos frontières connaissent encore l’insécurité. La pleine souveraineté du pays est une condition sine qua non », a déclaré le ministre Muyaya.
Tout en saluant le travail des experts congolais déjà engagés dans le processus, le Porte-parole du Gouvernement a insisté sur la vision du Chef de l’État. « Le président de la République a été clair : il faut une paix définitive et durable avant toute ouverture économique. Cela aurait été mal compris par notre peuple si nous donnions l’impression de tourner la page des violences sans solution », a-t-il martelé.
Patrick Muyaya a enfin réaffirmé la volonté du Gouvernement de bâtir une diplomatie de vérité et de responsabilité. « La RDC ne veut pas participer à une intégration de façade. Nous voulons construire une communauté économique solide, sur des bases stables, dans le respect de notre souveraineté », a-t-il conclu avec fermeté.
Exaucé Kaya
Sécurité
Kasaï-Central : un conflit autour d’un site aurifère à Bambayi fait plusieurs victimes, dont un chef coutumier
Dans le secteur de Bambayi, groupement d’Ana Nzaji, territoire de Luiza, province du Kasaï Central, un violent conflit communautaire a éclaté ce lundi 2 juin autour d’un site d’exploitation artisanale de l’or. Les villages Nguni Kanana et Nguni Tshitadi se sont affrontés dans des heurts d’une rare intensité, transformant une zone minière en théâtre de violence.
Selon les informations recueillies auprès de Paulin Nkongolo de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC), les tensions entre les deux communautés portaient sur la revendication et le contrôle d’un périmètre aurifère exploité de manière artisanale. Ce différend foncier, longtemps latent, aurait fini par dégénérer en affrontements ouverts.
Le bilan provisoire fait état de plusieurs blessés et de pertes en vies humaines. La NSCC confirme notamment la mort d’un chef coutumier du village Nguni Tshitadi, une information qui a fortement choqué les habitants de la zone. D’autres victimes seraient également à déplorer, mais leur nombre exact reste encore à confirmer.
Sur place, la situation reste préoccupante malgré un retour progressif au calme. Le président territorial de la Nouvelle Société Civile Congolaise, Paulin Nkongolo Nsake, décrit des scènes de panique et de violence incontrôlée :
« Les populations se sont affrontées autour d’un site minier que chacun revendique. Nous demandons une intervention urgente des autorités pour éviter une nouvelle escalade », a-t-il déclaré.
Pour l’heure, aucun bilan officiel n’a encore été communiqué par les autorités administratives ou sécuritaires. Cette absence de communication alimente l’inquiétude des habitants, déjà éprouvés par la répétition des conflits liés à l’exploitation des ressources naturelles.
Face à cette situation, la société civile appelle à une intervention rapide des autorités provinciales et nationales, afin de restaurer l’ordre, sécuriser la zone et ouvrir une enquête indépendante pour établir les responsabilités dans ce nouvel épisode de violence communautaire.
Mike Tyson Mukendi
