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Institut Lumumba à Limete : sanitaires dégradés, bibliothèque détournée et gestion contestée, une école en quête de renaissance

Un reportage de CONGOPROFOND.NET met en lumière l’état préoccupant des infrastructures de l’Institut Lumumba I et II, ainsi que des interrogations sur la gestion des espaces et des ressources scolaires. Les autorités éducatives sont appelées à faire la lumière sur les dysfonctionnements dénoncés.

En face de l’Échangeur de Limete, au numéro 2 de la 17ᵉ Rue Industrielle, l’Institut Lumumba I et II fait face à plusieurs préoccupations liées à l’état de ses infrastructures et à la gestion de ses espaces. Selon les observations recueillies lors d’un reportage de terrain réalisé cette semaine par CONGOPROFOND.NET, l’établissement présente notamment des installations sanitaires dégradées, des bâtiments vieillissants et des espaces dont l’affectation suscite des interrogations. Une situation préoccupante pour cette école publique qui porte le nom de Patrice-Émery Lumumba, figure majeure de l’histoire congolaise.

Le contraste entre la portée historique de ce nom et les difficultés décrites sur le terrain soulève une question essentielle : quelles mesures sont prises pour préserver les conditions d’apprentissage des élèves et assurer un entretien adéquat de l’établissement ? Des sources proches de l’école dénoncent une situation qui, selon elles, nécessite une intervention urgente des autorités compétentes.

Des sanitaires dégradés et une bibliothèque dont l’usage interroge

Parmi les problèmes signalés figurent l’insuffisance ou la dégradation des installations sanitaires. Une latrine qui aurait été réaménagée grâce à la contribution d’anciens élèves aurait, selon les témoignages recueillis, été de nouveau endommagée.

« Nous avons contribué à réaménager cette toilette pour soulager les élèves. La voir de nouveau fracassée est une véritable désolation. Une école ne peut pas fonctionner dignement dans ces conditions », déplore un ancien élève.

La bibliothèque constitue un autre sujet de préoccupation. Selon une source proche de l’établissement, ce local aurait été affecté à des fonctions d’intendance partagées entre les deux directions. Une telle affectation, si elle est confirmée, pose la question de la place accordée à la lecture, à la recherche et à l’accès aux ressources documentaires dans cette institution scolaire.

« Comment peut-on sacrifier une bibliothèque, qui devrait former les esprits, pour en faire une salle d’intendance ? Dans une école, le livre devrait avoir plus de place que les dossiers administratifs », s’interroge cette source.

Des parents d’élèves réclament, pour leur part, des installations sanitaires fonctionnelles, des locaux entretenus et un espace documentaire adapté aux besoins des apprenants.

Des kiosques dans l’enceinte scolaire : quelles autorisations et quelles règles de gestion ?

La présence de plusieurs kiosques dans l’enceinte de l’établissement suscite également des interrogations. Des sources consultées estiment que ces installations commerciales occupent une place importante dans l’espace scolaire, alors que les infrastructures pédagogiques nécessitent, selon elles, un entretien accru.

Au-delà de leur présence, plusieurs questions méritent des réponses documentées : qui a autorisé leur installation ? Quelles règles encadrent l’occupation de ces espaces ? D’éventuelles recettes sont-elles perçues et, le cas échéant, comptabilisées conformément aux règles applicables aux établissements publics ?

« Quand on voit les kiosques se multiplier alors que les locaux scolaires manquent d’entretien, on est en droit de demander quelles sont les priorités de ceux qui administrent l’établissement », estime une source proche de l’école.

Ces interrogations appellent des éclaircissements de la part des directions concernées et des autorités de tutelle. La vérification des autorisations, des documents de gestion et des éventuelles redevances permettrait de déterminer si les activités commerciales respectent les règles applicables à l’espace scolaire.

Des accusations de mauvaise gestion qui nécessitent des éclaircissements

Les critiques portent également sur la gouvernance des deux établissements, Lumumba I et Lumumba II. Des sources proches de l’école évoquent notamment des retards de paiement qui auraient concerné les mois de mai et juin, ainsi que des interrogations sur la gestion des caisses scolaires et des mécanismes de solidarité entre enseignants.

À Lumumba I, certains témoignages font état de la vente de boissons sucrées et de gâteaux par des enseignants afin de soutenir une caisse de solidarité. Si ces informations sont confirmées, elles pourraient traduire les difficultés matérielles auxquelles une partie du personnel serait confrontée.

Le préfet des études de Lumumba I aurait, par ailleurs, été suspendu pour des faits présumés de malversations financières. Les motifs précis de cette mesure, ainsi que les éventuelles conclusions d’une enquête, restent à établir auprès des autorités compétentes.

À Lumumba II, des sources dénoncent une gestion qu’elles jugent autoritaire, des restrictions qui auraient affecté certaines activités culturelles et parascolaires, ainsi que des irrégularités présumées dans la gestion de la caisse. Ces accusations nécessitent des éléments vérifiables et la réaction des responsables mis en cause. Les directions concernées doivent pouvoir présenter leur version des faits.

Les autorités éducatives appelées à intervenir

Face à ces préoccupations, la province éducationnelle du Mont-Amba et la sous-division de Limete sont interpellées sur le suivi administratif des deux établissements. Les sources rencontrées souhaitent que les autorités effectuent une inspection afin d’évaluer l’état des infrastructures, d’examiner les documents de gestion et de vérifier les accusations rapportées.

Une mission de contrôle permettrait de distinguer les faits établis des allégations qui nécessitent des preuves, tout en déterminant les mesures correctives à prendre. Elle pourrait également clarifier les responsabilités des différents acteurs et contribuer à rétablir un cadre scolaire adapté aux besoins des élèves et du personnel.

En début d’année, selon les informations communiquées à la rédaction, Augustin Kabuya, élu de Mont-Amba et président intérimaire de l’UDPS, aurait apporté des robinets d’eau potable et des fournitures scolaires à des élèves des écoles primaires installées sur le site. Il aurait également promis de revenir pour contribuer au réaménagement de l’établissement. La concrétisation de cet engagement pourrait s’inscrire dans un effort plus large de réhabilitation.

Restaurer l’Institut Lumumba, un enjeu éducatif et symbolique

La situation décrite appelle une réponse qui dépasse les interventions ponctuelles : réhabilitation des bâtiments, remise en état des sanitaires, restauration de la bibliothèque, assainissement de la cour et clarification de l’utilisation des espaces scolaires. Ces actions nécessitent des engagements précis, des responsabilités clairement définies et un calendrier de mise en œuvre.

L’Institut Lumumba ne devrait pas être réduit à l’image d’un établissement en déclin. Il demeure une institution publique dont les élèves ont droit à un environnement d’apprentissage digne et sécurisé. Les directions concernées, les autorités éducatives, les parents et les anciens élèves ont chacun un rôle à jouer dans la recherche de solutions durables.

Le nom de Patrice-Émery Lumumba rappelle une histoire et des aspirations qui dépassent le cadre scolaire. Préserver l’établissement qui le porte exige aujourd’hui des réponses concrètes aux préoccupations soulevées, une gestion transparente et une volonté effective de restaurer les infrastructures. La mémoire ne se limite pas à une enseigne : elle se traduit aussi par la responsabilité de transmettre aux générations futures un cadre éducatif à la hauteur de leurs ambitions.

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