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Insécurité : Des crimes à main armée refont surface à Kinshasa sous le regard impuissant de la police
L’insécurité a bel et bien refait surface dans certaines communes de la ville de Kinshasa où il ne se passe pas un seul jour sans que l’on enregistre des plaintes des vols ou même des assassinats de la part des hommes non autrement identifiés. Tous cela sous le regard impuissant de la police nationale congolaise qui regorge des sous-commissariats dans toute la ville.
Dans la commune de Mont-Ngafula, plus précisément au quartier Matadi-Kibala, l’insécurité devient de plus en plus récurrente.
Les habitants de ce coin de la capitale qui se sont livré au micro de Congoprofond.net ont exprimé leur ras-le-bol après plusieurs plaintes auprès des autorités compétentes.
Selon les témoignages recueillis sur place, dans la nuit du 7 au 8 avril courant, plusieurs familles ont été visitées par une bande de criminels avec armes blanches.
Sur l’avenue Kimayala, des maisons ont été vandalisées, des biens volés et les criminels ont blessé plusieurs personnes. Ils font la loi sans aucune intervention de la police, alors que ce quartier se situe non loin du district de la Lukunga communément appelé « 5ème Bureau ». La population très inquiète de ces crimes à répétition réclame l’intervention en urgence du gouvernement provinciale.
» Ici ce sont les Kulunas qui font la loi », a lâché un habitant du coin.
Ngiri-Ngiri : Les wewa, cible privilégiée
La commune de Ngingiri également figure parmi celles où des vols et crimes à main armée se font presque tous les jours.
En effet, la plus petite commune du district de la Funa enregistre des cas d’assassinats, surtout des motards.
L’avenue Makanza, qui a bénéficié du projet Tshilejelu du Président de la République, a déjà enregistré 3 morts en l’espace d’un mois entre les directions Elengesa et Shaba. Le tout dernier assassinat a eu lieu, il y a 3 jours, sur l’avenue Bosenge entre Gambela et Shaba. Un motard (Wewa) s’est vu ravir sa moto par des inconnus avant de recevoir une balle. Il va succomber de ses blessures.
Une grande colère habite certains habitants de cette commune qui en appellent à l’implication totale de l’État qui doit prendre des mesures rapides et responsables pour mettre fin à cette situation qui ternit l’image de ce pays réputé calme et hospitalier.
Benjamin Kapajika/CONGOPROFOND.NET
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Sud-Kivu : à Bukavu, des messages appelant au retrait rwandais apparaissent le jour dédié à Lumumba
La ville de Bukavu s’est réveillée, ce samedi 17 janvier 2026, dans une atmosphère particulière mêlant commémoration historique et messages politiques. Cette date, consacrée à la mémoire de l’Héros national Patrice Emery Lumumba, intervient dans un contexte sécuritaire et politique tendu au Sud-Kivu.

Des tracts dénonçant la présence rwandaise
Selon des images et témoignages relayés sur les réseaux sociaux, plusieurs tracts ont été aperçus dans différents quartiers de la ville. Ces messages dénoncent la présence rwandaise dans la province et appellent au retrait immédiat de ce qui est qualifié d’« envahisseurs rwandais ».
Dans l’un de ces messages, il est affirmé que « malgré la présence de l’armée rwandaise à Bukavu, la ville se réveille dans l’atmosphère particulière de commémoration de la journée de l’Héros national Patrice Emery Lumumba, le vrai ».
Un acte présenté comme patriotique
Les tracts visibles à Bukavu expriment une revendication claire. Ils exigent « le retrait des envahisseurs rwandais de la province du Sud-Kivu », un message que les auteurs présentent comme un acte patriotique.
Pour eux, cette mobilisation s’inscrit dans la continuité de l’héritage de Patrice Lumumba, figure emblématique de la lutte pour l’indépendance du Congo. Le texte souligne que cette cause est « une cause noble ayant précipité la mort du vaillant panafricain que les Congolais et les grands révolutionnaires du monde entier célèbrent à la date d’aujourd’hui ».
La Génération Z se revendique de la résistance
Les auteurs des messages se réclament notamment de la Génération Z congolaise. Ils estiment que « la population de Bukavu, jadis ville de la Résistance (…), s’invite dans la lutte de reconquête de l’indépendance de la RDC ».
Les slogans affichés se veulent également un avertissement, parlant d’« un message fort adressé aux envahisseurs rwandais, les avertissant de la couleur de l’ouragan populaire qui pointe à l’horizon ».
Après Goma, Bukavu à son tour

Cette action à Bukavu intervient au lendemain d’initiatives similaires rapportées à Goma.
« Hier, le 16 janvier 2026, c’était à Goma ; aujourd’hui, 17 janvier 2026, c’est le tour de Bukavu. Rien n’est hasard », peut-on lire dans le message. Les auteurs affirment qu’« quelque chose se prépare » et que « la population a déjà décidé de braver la peur ».
Des slogans explicites
Parmi les slogans diffusés figurent notamment :
« Retrait urgent des envahisseurs rwandais déguisés en rebelles »,
« Non à l’occupation rwandaise du territoire congolais »,
ou encore « On ne libère pas un peuple, mais un peuple se libère ».
Le message se conclut par une prise de position sans équivoque : « Bukavu dit NON aux M23 ».
Silence des autorités
Pour l’instant, aucune réaction officielle des autorités locales ou nationales n’a été rendue publique à propos de ces tracts et des messages qui les accompagnent. La situation reste suivie de près dans un contexte régional toujours marqué par de fortes tensions sécuritaires.
Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET
