Sécurité
Insécurité à Kisenso : Le député national Venance Eyanga Mboyo dénonce le récidivisme de kuluna et le dérapage dans le rang des Fardc et de la Police nationale
Dans une note d’information adressée au Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières que la rédaction de CONGOPROFOND.NET a consultée le lundi 25 août 2025, cet élu de la circonscription électorale de Mont-Amba a écrit ce qui suit :
« En séjour dans ma circonscription de Mont-Amba à l’occasion des vacances parlementaires, j’ai recueilli les doléances pressantes de la population de Kisenso « .
Et de poursuivre : » En effet, un climat d’insécurité entretenu à la fois par des bandes de kulunas récidivistes et par des dérapages graves attribués à certains éléments indisciplinés de la police nationale congolaise et, dans certains cas, des FARDC, cause des tragédies qui appellent une sanction immédiate de l’Etat « .
Dans la même correspondance, il a dressé un tableau sombre sur de nombreux cas déplorables commis par ces malfrats très actifs dans la commune de Kisenso, notamment dans les quartiers ci-après : Amba, Kumbu, Mission, Kabila, Kisenso-Gare et Dingi-Dingi, où les viols, les meurtres, les pillages, les extorsions, les pratiques de rançonnement, les interpellations arbitraires et les violences, ont été enregistrés.
Comme pistes de solution, le député national Venance Eyanga Mboyo propose :
– L’organisation d’un audit disciplinaire des éléments déployés à Kisenso et l’application des sanctions exemplaires contre les agents impliqués dans les exactions ;
– Le redéploiement discipliné et équilibré des agents de l’ordre avec un contrôle strict de leur hiérarchie ;
– Le renforcement urgent des moyens logistiques et opérationnels des postes de police afin de leur rendre leur rôle dissuasif et protecteur.
Il convient de noter qu’à Kisenso, tout comme dans le reste des communes de Kinshasa, la population a toujours dénoncé cette manière d’opérer de la police nationale. De paisibles citoyens sont victimes de rafles. Des vols à mains armées démontrent la complicité existant entre les éléments de la police, ainsi que ceux des FARDC, et les criminels.
Par ailleurs, les déclarations faites par le capitaine Junior Mboso, met en lumière le constat du député national Venance Eyanga.
Cet officier de la police nationale congolaise, aujourd’hui aux arrêts, à travers une vidéo devenue virale dans les réseaux sociaux, avait annoncé sa démission de l’institution policière et ce, après avoir constaté la complicité de certains éléments de la police avec des bandes criminelles à Kinshasa. Il a également dénoncé la manière dont les opérations sont conduites, ne facilitant pas la traque de vrais criminels.
Bref, suite à l’insécurité grandissante à travers la ville de Kinshasa, en l’absence des opérations » Ndobo » et » Zéro kuluna « , et puisque les éléments de sécurité sont cités dans les dérapages, le VPM à l’ Intérieur et Sécurité, ferait œuvre utile en exploitant les pistes de solution proposées par le député national Venance Eyanga Mboyo et ce, pour l’intérêt général de la population.
Jules Kisema Kinkatu/CONGOPROFOND.NET
Sécurité
Parc de Virunga : les éco-gardes pris pour cible, l’ACEDH dénonce un massacre répété
L’Alerte congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACEDH) dit être profondément affectée par les récentes attaques armées visant les acteurs de la conservation dans l’est de la République démocratique du Congo.
Selon l’organisation, la dernière attaque s’est produite le 21 mai 2026 à Kamuhoro, sur la côte sud du lac Édouard, au cœur du Parc national des Virunga. Des hommes armés non identifiés ont tué deux éco-gardes, identifiés comme KASEREKA BARAKA VALIYA TIRE et MUNGU AKONKWA MIHIGO Jacques, tous engagés dans la protection de la biodiversité.
L’ACEDH indique que cette attaque intervient quelques jours après d’autres violences enregistrées depuis le 19 mai 2026 dans les zones de Kyavinyonge et autour du lac Édouard, où des biens de citoyens et de défenseurs de l’environnement auraient également été pris pour cible.
Face à cette situation, l’organisation condamne fermement ces actes et présente ses condoléances aux familles des victimes ainsi qu’à la communauté des agents de conservation. Elle exprime également sa solidarité avec les personnes ayant subi des menaces et des destructions de biens.
L’ACEDH appelle à une mobilisation nationale et internationale pour renforcer la protection des acteurs de la conservation en RDC. Elle demande un meilleur accès à la sécurité et à la justice pour ces agents, estimant que les risques qu’ils encourent sont devenus très élevés.
L’organisation s’inquiète également de ce qu’elle qualifie d’instrumentalisation de la violence par certains acteurs politiques et sociaux, ce qui aggrave les tensions et met en danger les communautés locales. Elle rappelle que les éco-gardes proviennent souvent de ces mêmes communautés.
L’ACEDH affirme que depuis janvier 2026, neuf agents de conservation ont été tués en République démocratique du Congo dans l’exercice de leurs fonctions, dont sept dans le parc national de l’Upemba, sans que des enquêtes judiciaires aboutissent à des procès.
Elle appelle les autorités compétentes à ouvrir des enquêtes sérieuses afin d’identifier les auteurs de ces attaques et de renforcer la sécurité dans les aires protégées.
Enfin, l’ACEDH réaffirme son soutien aux efforts de protection du Parc national des Virunga et des autres zones protégées du pays, ainsi qu’à tous ceux qui œuvrent pour la défense de la biodiversité.
Désiré Rex Owamba
