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Incendie à la salle Panacée : « L’objectif primaire du bâtiment a été dévié !», alerte un architecte
L’incendie meurtrier survenu à la salle Panacée soulève des interrogations sur la destination initiale du bâtiment et son adaptation à l’accueil du public. Selon un architecte qui s’est exprimé sur le drame, les lieux avaient initialement été aménagés pour l’exposition et la vente de meubles, et non pour accueillir des cérémonies de grande affluence. Il rappelle qu’une société nigériane y avait jadis exercé des activités de vente de meubles. « Son objectif primaire a été dévié », estime-t-il, soulignant que cette transformation mérite d’être examinée au regard des exigences de sécurité applicables aux bâtiments accueillant un nombre important de personnes.

L’architecte attire notamment l’attention sur la configuration des accès et des voies d’évacuation. Selon lui, les habitués de certaines grandes salles de fêtes de Kinshasa, notamment Memling et Béatrice, peuvent constater que leurs escaliers sont conçus pour permettre le passage simultané de plusieurs personnes et que leurs portes offrent une capacité d’évacuation importante. Il estime que la configuration de la Panacée doit être analysée sous cet angle. L’architecte ayant conçu le bâtiment à l’origine pourrait également témoigner de sa destination première et expliquer les éventuelles modifications apportées au bâtiment au fil du temps.
Autre point soulevé : les moyens de lutte contre l’incendie. L’architecte estime que la présence d’extincteurs appropriés, correctement installés et facilement accessibles, aurait pu contribuer à atténuer la propagation du feu dès les premières minutes. Il appelle ainsi à vérifier l’existence et l’état des dispositifs de sécurité, mais également la conformité des installations électriques, les issues de secours, la capacité d’accueil et les conditions générales d’évacuation. Ces éléments devront naturellement être établis par les expertises techniques et les investigations officielles.
Le bilan provisoire, désormais connu, fait état de 22 morts et de plusieurs blessés, selon le bourgmestre de Lingwala, Norbert Mushinga. Les blessés ont notamment été évacués vers le Camp Kokolo, le Centre hospitalier Vijana et l’Hôpital du Cinquantenaire. Parmi les victimes figure Guy Kitoko Aloma, cameraman à la RTNC et membre du comité des sages de l’Union nationale des cameramen du Congo (UNCC). Au-delà du lourd bilan humain, ce drame pose désormais la question de la conformité et de la sécurité des bâtiments transformés en lieux de rassemblement à Kinshasa.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET