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Impunités : les USA prêts à aider le gouvernement de la RDC à demander des comptes aux individus
Le sous-secrétaire d’État adjoint à la démocratie, aux droits humains et au travail, Scott Busby, s’est rendu à Kinshasa et à Goma du 17 au 21 juin pour promouvoir la démocratie et les droits humains en République démocratique du Congo (RDC), selon un communiqué de l’ambassade des USA.
La visite du sous-secrétaire adjoint Busby fait partie de cet effort convenu lors de la visite du président Tshisekedi à Washington D.C. en avril de travailler ensemble au renforcement des droits humains dans le cadre du Partenariat privilégié pour la paix et prospérité Etats-Unis – RDC.
À Kinshasa, le sous-secrétaire adjoint Busby a rencontré le président Félix Tshisekedi, le premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, la présidente de l’Assemblée nationale Jeanine Mabunda, le commissaire général de la Police nationale Dieudonne Amuli, des hauts responsables militaires de la RDC, la ministre des Droits humains Marie-Ange Mushobekwa, le ministre de la Justice a.i. Azarias Ruberwa, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), des représentants de la société civile congolaise et le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme.
Durant son séjour, le sous-secrétaire adjoint Busby a souligné que le premier transfert pacifique de pouvoir en RDC offre une occasion sérieuse de renforcer le respect des droits humains et de lutter contre la corruption et l’impunité, ainsi qu’une opportunité pour « notre ferme volonté d’aider le président Tshisekedi à aborder ces questions ».
« La question de la responsabilité est importante dans le monde entier, mais elle est particulièrement fondamentale ici au Congo en raison de l’histoire d’impunité du pays », a déclaré le sous-secrétaire adjoint Busby.
« Les États-Unis sont prêts à aider le gouvernement de la RDC à demander des comptes à ces individus, dont certains occupent encore des postes leur conférant de l’influence et du pouvoir, qui sont responsables de graves violations des droits humains ou de grands actes de corruption.»
Le sous-secrétaire adjoint Busby a salué les nombreuses actions entreprises par le président Tshisekedi depuis son élection pour accentuer le respect des droits humains, ouvrir l’espace politique et renforcer l’Etat de droit.
Le sous-secrétaire adjoint Busby a aussi précisé que « la société civile demeure essentielle pour changer ce pays » et a encouragé le gouvernement à travailler en étroite collaboration avec elle.
Il a également soulevé l’importance de rechercher la justice dans le cas des meurtres des experts onusiens Michael Sharp et Zaida Catalan.
Dans l’est de la RDC, à Goma, le sous-secrétaire adjoint Busby a rencontré des dirigeants du gouvernement local, des responsables de la police locale, des organisations de la société civile et des représentants de la Mission de maintien de la paix des Nations Unies en RDC (MONUSCO). Le sous-secrétaire adjoint Busby a relevé les violations flagrantes des droits humains qui continuent d’être commises par des groupes armés présents et l’importance pour le gouvernement de mettre au point une approche globale pour faire face à ce problème. Il a aussi exprimé nos préoccupations constantes concernant le recours à la force excessive par la police de Goma contre des manifestants pacifiques.
Les Etats-Unis et la RDC ont convenu de tenir un dialogue officiel sur les droits humains plus tard cette année. « Le gouvernement des Etats-Unis », a déclaré Busby, qui se réjouit de » collaborer étroitement avec la RDC pour faire avancer davantage la démocratie et la protection des droits humains ».
TMB/ CONGOPROFOND.NET
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Insécurité grandissante à Watsa : Nasson Paluku Luvatsi accuse un dispositif sécuritaire « mal orienté »
La situation sécuritaire dans le territoire de Watsa, dans la province du Haut-Uele, suscite une vive inquiétude au sein de la population. En moins d’une semaine, plusieurs attaques armées, des pillages nocturnes ainsi que des cas de justice populaire ont été signalés dans différents centres de négoce, alimentant un climat de peur et de méfiance.
Face à cette recrudescence de violences, l’acteur sociopolitique Nasson Paluku Luvatsi pointe du doigt l’organisation actuelle du dispositif sécuritaire dans la région. Dans un entretien téléphonique accordé ce mercredi 4 mars 2026 à Congo Profond.net, il affirme que la montée de l’insécurité serait en grande partie liée à la répartition des forces de l’ordre dans le territoire.

Un vide sécuritaire dans les zones habitées
Selon Nasson Paluku Luvatsi, une proportion importante des policiers serait actuellement déployée dans les carrières minières afin d’assurer la protection d’opérateurs étrangers, laissant plusieurs quartiers et centres de négoce avec une couverture sécuritaire très limitée.
« Les bandits opèrent presque librement pendant que la population est exposée », déplore-t-il.
Pour lui, ce choix stratégique crée un véritable déséquilibre dans la protection du territoire. Les zones résidentielles, moins surveillées, deviennent ainsi des cibles privilégiées pour les criminels, notamment lors d’attaques nocturnes répétées.
Des failles internes dans le dispositif sécuritaire
Au-delà du redéploiement contesté des forces de l’ordre, l’acteur sociopolitique dénonce également plusieurs dysfonctionnements internes qui affaibliraient l’efficacité des services de sécurité.
Il évoque notamment :
– l’insuffisance numérique des agents de sécurité dans le territoire ;
– le manque de formation adéquate pour certains éléments ;
– l’absence de patrouilles régulières dans plusieurs zones sensibles ;
– des cas d’indiscipline, certains agents s’adonnant à l’ivresse ou à des activités incompatibles avec leur mission.
Pour Nasson Paluku Luvatsi, l’accumulation de ces défaillances réduit considérablement la capacité de réaction face aux groupes criminels qui opèrent dans la région.
Une série d’incidents violents qui inquiète
Ses déclarations interviennent dans un contexte particulièrement tendu. Ces derniers jours, plusieurs incidents graves ont été enregistrés dans le territoire de Watsa : attaques armées contre des centres de négoce, pillages nocturnes, blessés et même des cas de justice populaire ayant coûté la vie à des présumés bandits.
Pour l’acteur sociopolitique, cette multiplication d’actes violents traduit également une perte progressive de confiance d’une partie de la population envers les services censés garantir sa sécurité.
Un appel à des mesures urgentes
Malgré ses critiques, Nasson Paluku Luvatsi appelle la population à éviter toute forme de justice populaire et à collaborer avec les services de sécurité en signalant tout mouvement suspect.
Il plaide cependant pour des mesures urgentes afin de restaurer l’ordre et la confiance :
– un redéploiement stratégique des policiers vers les zones habitées ;
– un renforcement des effectifs ;
une amélioration de la formation professionnelle ;
– un contrôle disciplinaire plus strict des agents.
Selon lui, dans un territoire entouré de zones déjà affectées par l’insécurité, l’inaction pourrait rapidement aggraver la situation.
Les autorités sécuritaires sont désormais attendues sur des réponses concrètes afin de restaurer la paix et la confiance de la population dans le territoire de Watsa.
Junior Kasamba / CongoProfond.net
