Médias
IA, info rapide et crédibilité en péril : L’alerte de Cyprien Yao Kouassi aux journalistes
À l’heure où l’Intelligence Artificielle s’impose dans les rédactions, la crédibilité du journaliste est plus que jamais mise à l’épreuve. C’est le message central porté par l’Ivoirien Cyprien Yao Kouassi, lors de la conférence qu’il a animée ce jeudi 22 janvier à l’Université Internationale de Libreville Berthe et Jean, dans le cadre de la CIPREF ( Conférence internationale de la presse francophone).
Face aux étudiants et professionnels des médias, l’orateur a dénoncé une dérive inquiétante : la diffusion et l’amplification d’informations sans vérification préalable. « Sans fact-checking, le journaliste relaie des erreurs et met en danger la confiance du public », a-t-il averti, rappelant que la rapidité ne saurait justifier le renoncement aux fondamentaux du métier.
Autre faille pointée : le manque de transparence. Publier une information sans expliquer comment elle a été obtenue fragilise sa crédibilité.
Pour Cyprien Yao Kouassi, l’information journalistique doit être non seulement exacte, mais aussi traçable et assumée.
Abordant l’usage croissant de l’Intelligence Artificielle, il a mis en garde contre une dépendance aveugle. Si l’IA peut aider à la recherche, croire ses réponses sans vérification expose le journaliste à relayer des contenus erronés ou biaisés. « Dans ce cas, c’est notre crédibilité qui est atteinte », a-t-il souligné.
En conclusion, le conférencier a rappelé que, face aux contenus automatisés, la rigueur, l’éthique et la véracité demeurent les seules garanties pour préserver la confiance du public.
Journaliste et communicant ivoirien, Cyprien Yao Kouassi est reconnu pour ses travaux sur l’éthique des médias et les mutations numériques du journalisme dans l’espace francophone.
Tchèques Bukasa
Médias
Grands Lacs : à Ukweli Summit, Patrick Muyaya et Obul Okwess appellent à une action concertée pour renforcer l’accès à l’information face à la désinformation
À Kinshasa, lors de la première édition de l’Ukweli Summit 2026, tenue du 30 au 31 mars, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, et l’enseignant Obul Okwess ont appelé à une action concertée pour renforcer l’accès à l’information dans la région des Grands Lacs, face à la montée de la désinformation.

Prenant la parole, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective. « La meilleure manière de combattre la désinformation est de se mettre en coalition : gouvernement, professionnels des médias et société civile », a-t-il déclaré. Il a également plaidé pour une synergie entre acteurs afin de faire face aux attaques informationnelles, y compris en période de conflit, tout en rappelant que « chacun doit instaurer un doute méthodique face à toute information reçue ».
De son côté, Obul Okwess, enseignant à l’UNISIC ex IFASIC, a mis en avant les avancées introduites par la législation sur la presse en RDC. « Cette loi a permis de reconnaître les médias en ligne et les médias communautaires, tout en amorçant une dynamique vers la dépénalisation des délits de presse », a-t-il expliqué. Il a également souligné le rôle des fondamentaux enseignés aux étudiants pour s’adapter aux mutations du paysage médiatique.

Toutefois, l’universitaire a regretté un recul avec l’adoption du code du numérique. « Ce texte a instauré un régime plus répressif qui restreint certaines libertés acquises », a-t-il affirmé, estimant que cela freine l’élan de libéralisation engagé. Les échanges, auxquels participait aussi un membre du comité directeur de l’UNPC, s’inscrivaient dans le thème : « Repenser l’information, l’intelligence artificielle et l’éducation numérique en temps de crise pour les cinq prochaines années ».
Exaucé Kaya
