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Hortense Mapera Mwinja éblouit dans « Molière l’Africain » et révèle toute l’étendue de son talent de comédienne

Le Théâtre des Intrigants a offert, vendredi 10 juillet, un avant-goût de sa nouvelle création « Molière l’Africain », une adaptation audacieuse de 2 œuvres emblématiques de Molière : « Le Mariage forcé » et « La Jalousie du Barbouillé ». Portée par la Compagnie Tam Tam de Valentin Kuamba Kuka et mise en scène par Jempy Kafuti, cette représentation a surtout été marquée par la prestation remarquable de Hortense Mapera Mwinja, qui a conquis le public par sa polyvalence et son intensité sur scène.

Un Molière revisité aux couleurs africaines

Dans la salle du Théâtre des Intrigants, située à Ndjili, les spectateurs ont découvert une relecture originale des classiques de Molière. L’univers de l’auteur français y est transposé dans un contexte africain où les traditions, les réalités sociales et les relations conjugales sont explorées à travers les codes culturels locaux, mêlant humour, satire et réflexion.

Cette adaptation propose une rencontre entre le patrimoine théâtral universel et les réalités contemporaines africaines, offrant ainsi une lecture accessible et profondément ancrée dans le vécu du public congolais.

Hortense Mapera Mwinja, la révélation de la soirée

Au centre de cette création, Hortense Mapera Mwinja a livré une performance saluée par les spectateurs.

Dans Le Mariage forcé, elle campe Catherine, dite Catho, une femme au caractère affirmé qui pousse un homme à épouser sa sœur. Puis, dans La Jalousie du Barbouillé, elle surprend totalement en changeant de registre pour incarner un personnage masculin déguisé, lancé à la poursuite d’un homme ivrogne dont les infidélités alimentent les conflits conjugaux.

Cette capacité à passer d’un personnage à l’autre avec naturel confirme le talent d’une artiste dont le grand public connaissait surtout la carrière musicale.

« Je suis heureuse des rôles qui m’ont été confiés par le metteur en scène. Pour moi, chaque personnage est une manière de transmettre un message à la société. Molière l’Africain nous invite à regarder autrement certaines réalités qui traversent notre quotidien », a-t-elle confié à notre rédaction.

Jempy Kafuti : « Faire dialoguer Molière avec les réalités africaines »

Pour le metteur en scène Jempy Kafuti, cette création vise à rapprocher les grands classiques du théâtre des préoccupations actuelles des sociétés africaines.

« Nous avons voulu proposer un Molière revisité à travers un regard africain. Cette adaptation permet d’interroger nos habitudes, nos traditions et notre perception du couple avec humour et profondeur », explique-t-il.

Une distribution saluée par le public

Aux côtés d’Hortense Mapera Mwinja, plusieurs comédiens ont contribué au succès de cette représentation : Diana Landa Bavon, Mukunga Olangi Jacky, Jovitha Songwa, Mfele Kambamba, Wutuwila Diasuekua Princesse, Kabeya Nunga Emanuel et Samba Mukuyi Achille, sous la régie de Mukunzuetu Kuka.

Dans une scénographie volontairement sobre et intimiste, la troupe a offert une prestation chaleureusement applaudie par le public.

Le directeur de la Compagnie Tam Tam, Valentin Kuamba Kuka, s’est réjoui de cet accueil.

« La réussite de ce spectacle est une véritable source de fierté. Nous invitons le public à renouer avec le théâtre, un art qui éduque, sensibilise et interpelle la société sur ses propres réalités », souligne-t-il.

Même enthousiasme du côté de Brandy, chargée de la communication, qui annonce la prochaine représentation de « Molière l’Africain » à l’Espace Masolo, à Terre Jaune, dans la commune de la Nsele.

De « La Mama du Bushi » à la scène théâtrale

Si le théâtre révèle aujourd’hui une nouvelle facette de son parcours artistique, Hortense Mapera Mwinja est depuis longtemps une personnalité reconnue dans le paysage culturel congolais.

Surnommée « La Mama du Bushi », elle s’est imposée comme une référence de la musique traditionnelle des communautés Bashi et Bahavu du Sud-Kivu. À travers ses chansons et ses prestations, elle œuvre à la préservation du patrimoine culturel congolais et à la transmission des danses traditionnelles, notamment auprès des enfants de militaires et de policiers.

« Beaucoup me connaissent comme chanteuse de musique traditionnelle. Aujourd’hui, certains me découvrent dans le théâtre, le conte ou encore le cinéma. Pourtant, la musique et le théâtre ont toujours coexisté dans mon parcours. J’avais simplement choisi de privilégier la promotion de notre patrimoine culturel, en particulier celui du Bushi-Buhavu », explique-t-elle.

Une même mission : promouvoir la culture congolaise

Qu’elle soit sur scène, derrière un micro ou devant une caméra, Hortense Mapera Mwinja poursuit une ambition constante : mettre son talent au service de la culture congolaise.

Avec « Molière l’Africain », l’artiste démontre qu’elle est capable de franchir avec succès les frontières entre les disciplines artistiques, tout en restant fidèle à sa mission de valoriser les identités, les traditions et les valeurs qui font la richesse de la République démocratique du Congo.

Barca Horly Fibilulu Mpia/CONGOPROFOND.NET