Actualité
Haut-Uele : Wamba en alerte maximale face à la menace ADF/Nalu, Benjamin Aloka Bange tire la sonnette d’alarme
Le territoire de Wamba, dans la province du Haut-Uele, fait face à une menace sécuritaire grandissante en provenance des zones voisines. Dans un entretien accordé à CongoProfond.net ce samedi 21 mars 2026, Benjamin Aloka Bange, leader communautaire, président des Syndicats libres du Congo et membre de l’intersyndicale du Haut-Uele, a dénoncé avec fermeté l’activisme des rebelles ADF/Nalu dans plusieurs localités proches de la limite entre Wamba et Mambasa.

Des alertes anciennes et répétées
Selon lui, cette insécurité ne date pas d’aujourd’hui. Il rappelle qu’à la date du 28 décembre 2025, la présence des éléments ADF/Nalu avait déjà été signalée dans plusieurs villages, notamment Bavadjuwasondo, Matinga et Bavembasa.
D’autres incursions ont également été rapportées dans le village de Bhadengayido ainsi que sur l’axe stratégique Mambasa–Mungbere, une zone particulièrement vulnérable en raison de sa vaste couverture forestière facilitant les mouvements des groupes armés.
Une zone forestière propice aux incursions armées
Benjamin Aloka Bange insiste sur le caractère critique de la jonction forestière séparant les territoires de Wamba et Mambasa. Cet espace, difficilement contrôlable, servirait de corridor aux assaillants.
Il évoque des faits préoccupants, notamment :
– L’incendie de camions dans le village de Bhadengayido ;
– L’enlèvement d’un chef coutumier dans la chefferie de Balese Dese, emmené par des hommes armés vers la forêt.
Ces incidents illustrent, selon lui, la montée en puissance de la menace dans cette partie du Haut-Uele.
Des autorités alertées, mais une réponse attendue
Le leader communautaire affirme que l’autorité territoriale de Wamba avait déjà saisi les autorités provinciales dès les premières alertes, en fournissant des détails précis sur la situation sécuritaire.
Cette démarche aurait conduit à la convocation de cette autorité à Isiro pour des consultations, où elle séjournerait jusqu’à ce jour, sans qu’une réponse concrète ne soit encore perceptible sur le terrain.
Risque d’extension de la violence dans le Haut-Uele
Face à cette situation, Benjamin Aloka Bange met en garde contre une possible aggravation de l’insécurité. Il craint une propagation des violences vers d’autres zones de la province si des mesures urgentes ne sont pas prises.
Il appelle ainsi les autorités compétentes à :
– Renforcer la présence sécuritaire dans les zones exposées ;
– Neutraliser les groupes armés actifs ;
– Assurer la protection des populations civiles.
Un appel pressant à une réaction rapide
À travers cette sortie médiatique, Benjamin Aloka Bange souhaite attirer l’attention des décideurs sur l’urgence d’une intervention adaptée. Pour lui, seule une réponse rapide et coordonnée permettra d’éviter une détérioration plus grave de la situation sécuritaire dans le territoire de Wamba et au-delà.
Junior Kasamba / CongoProfond.net
Politique
Assemblée nationale : Sous la conduite de Boji Sangara et Djoli Eseng’Ekeli, le temple des lois retrouve sa rigueur constitutionnelle
En recevant, dans le strict respect des formes républicaines, le rapport annuel de la CENI des mains de Denis Kadima, le tandem Aimé Boji Sangara – Jacques Djoli Eseng’Ekeli a offert ce mardi 14 avril 2026 une magistrale leçon de droit parlementaire. Loin des tumultes et des improvisations du passé, le Palais du Peuple démontre qu’il est redevenu le sanctuaire intangible de la procédure.
Ce mardi 14 avril 2026 restera comme l’illustration éclatante qu’un État de droit se construit d’abord par la stricte observance des gestes prescrits. En recevant officiellement Denis Kadima dans l’antre du bureau de l’Assemblée nationale, le Président Aimé Boji Sangara n’a pas seulement ouvert sa porte ; il a ouvert la session de contrôle parlementaire à l’heure exacte où la loi l’exigeait.
Accompagné du rapporteur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, orfèvre constitutionnel dont la présence suffit à garantir l’orthodoxie juridique du moment, ce binôme a transformé une formalité administrative en une démonstration de force institutionnelle : ici, au Palais du Peuple, on ne badine plus avec le calendrier de la démocratie, et chaque échéance légale est honorée avec une rigueur qui force le respect de tous les acteurs politiques.
Le dépôt des 550 exemplaires du rapport annuel — un par député national, ni un de moins, ni un de trop — incarne à lui seul la révolution procédurale silencieuse en cours. Couvrant la période stratégique d’avril 2025 à mars 2026, ce document n’est pas un simple bilan technique ; c’est la feuille de route authentifiée des prochaines échéances électorales. Dans une tradition où les documents se perdaient parfois dans les couloirs ou n’arrivaient que tronqués dans les mains des élus, la précision mathématique exigée par le Professeur Djoli et orchestrée par le Speaker Boji Sangara envoie un signal limpide : le Parlement ne délibère plus sur des rumeurs, il légifère et contrôle sur pièces.
En remettant matériellement à chaque élu la totalité de l’œuvre de la Centrale Électorale, le duo dirigeant de la Chambre basse élève le débat à venir au rang d’examen rigoureux, là où régnait hier l’à-peu-près. Cette image d’un Parlement respectueux de ses propres règles jusqu’au détail protocolaire est la plus cinglante des réponses aux sceptiques de la gouvernance congolaise. La CENI de Denis Kadima n’a pas été convoquée comme un justiciable à la barre, mais accueillie comme une institution partenaire dans le cadre défini par la Loi fondamentale.
En verrouillant ainsi la procédure, Aimé Boji Sangara et Jacques Djoli Eseng’Ekeli ne protègent pas seulement la majorité ou l’opposition ; ils protègent la République elle-même contre ses vieux démons d’improvisation. Dans une Afrique centrale en quête de repères, le message porté ce 14 avril depuis Kinshasa est d’une clarté assourdissante : quand les hommes de droit sont à la manœuvre, les institutions respirent au rythme serein et inébranlable de la Constitution.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
