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Haut-Uélé : Un budget fantôme, une province sous perfusion de Kibali Gold Mines

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Voté à coups de promesses enflammées et de discours enflammés, le budget 2025 de la province du Haut-Uélé s’élève à 192 millions de dollars. Mais sur le terrain, c’est un désert d’action publique. Ponts effondrés, routes devenues impraticables, centres de santé en ruine : l’État provincial, dirigé par Jean Bakomito Gambu, brille surtout par son absence. Pourtant, les infrastructures poussent… grâce à une main invisible mais bien réelle : Kibali Gold Mines.

À l’occasion de la DRC Mining Week 2025, Cyrille Mutombo, directeur pays de Barrick-Kibali, a lancé un pavé dans la mare : « Nous construisons des ponts, des routes, nous asphaltions des voiries, avec nos fonds propres. Cela ne relève pas de notre mandat minier, mais de notre conscience sociale. » Une vérité sèche, brutale, mais imparable : c’est l’entreprise privée qui fait le travail de l’État.

Les ponts stratégiques de Bomokandi et de Kibali, désormais opérationnels, ne doivent rien au gouvernement provincial. Ils existent grâce aux redevances minières de Kibali Gold Mines. Idem pour la route Doko-Durba-Watsa, entretenue, sécurisée, asphaltée par l’entreprise. L’exécutif local, lui, se contente de poser la première pierre… et de disparaître.

Pendant que les millions budgétaires stagnent dans les limbes de l’administration, la société minière multiplie les actions concrètes. Cyrille Mutombo assure que tout est fait sous contrôle : « Nous sommes supervisés par la DGI et les autorités compétentes. Rien n’est dissimulé. » Une gestion rigoureuse qui contraste violemment avec l’opacité ambiante dans les finances publiques provinciales.

Pire : alors que 60 % des recettes du Haut-Uélé proviennent de Kibali Gold, aucun projet majeur identifiable ne porte la marque de la province. En pleine épidémie de variole simienne, l’exécutif n’a daigné débloquer que 21 500 dollars pour la riposte. Une aumône indigne face à l’urgence sanitaire et aux moyens dont dispose la province.

Jean Bakomito Gambu, ancien parlementaire, semble avoir troqué son rôle de gouverneur contre celui de simple interface entre Kinshasa et les bailleurs. Dans le Haut-Uélé, c’est Kibali qui soigne, Kibali qui construit, Kibali qui relie.

Quand l’État se dérobe, le privé gouverne. Ce modèle hybride soulève des questions majeures sur la pérennité, l’équité et la légitimité du développement en RDC. Mais dans le Haut-Uélé, c’est la seule chose qui fonctionne.

Dorcas Mwavita / CongoProfond.net

Politique

Assemblée nationale : Sous la conduite de Boji Sangara et Djoli Eseng’Ekeli, le temple des lois retrouve sa rigueur constitutionnelle

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En recevant, dans le strict respect des formes républicaines, le rapport annuel de la CENI des mains de Denis Kadima, le tandem Aimé Boji Sangara – Jacques Djoli Eseng’Ekeli a offert ce mardi 14 avril 2026 une magistrale leçon de droit parlementaire. Loin des tumultes et des improvisations du passé, le Palais du Peuple démontre qu’il est redevenu le sanctuaire intangible de la procédure.

Ce mardi 14 avril 2026 restera comme l’illustration éclatante qu’un État de droit se construit d’abord par la stricte observance des gestes prescrits. En recevant officiellement Denis Kadima dans l’antre du bureau de l’Assemblée nationale, le Président Aimé Boji Sangara n’a pas seulement ouvert sa porte ; il a ouvert la session de contrôle parlementaire à l’heure exacte où la loi l’exigeait.

Accompagné du rapporteur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, orfèvre constitutionnel dont la présence suffit à garantir l’orthodoxie juridique du moment, ce binôme a transformé une formalité administrative en une démonstration de force institutionnelle : ici, au Palais du Peuple, on ne badine plus avec le calendrier de la démocratie, et chaque échéance légale est honorée avec une rigueur qui force le respect de tous les acteurs politiques.

Le dépôt des 550 exemplaires du rapport annuel — un par député national, ni un de moins, ni un de trop — incarne à lui seul la révolution procédurale silencieuse en cours. Couvrant la période stratégique d’avril 2025 à mars 2026, ce document n’est pas un simple bilan technique ; c’est la feuille de route authentifiée des prochaines échéances électorales. Dans une tradition où les documents se perdaient parfois dans les couloirs ou n’arrivaient que tronqués dans les mains des élus, la précision mathématique exigée par le Professeur Djoli et orchestrée par le Speaker Boji Sangara envoie un signal limpide : le Parlement ne délibère plus sur des rumeurs, il légifère et contrôle sur pièces.

En remettant matériellement à chaque élu la totalité de l’œuvre de la Centrale Électorale, le duo dirigeant de la Chambre basse élève le débat à venir au rang d’examen rigoureux, là où régnait hier l’à-peu-près. Cette image d’un Parlement respectueux de ses propres règles jusqu’au détail protocolaire est la plus cinglante des réponses aux sceptiques de la gouvernance congolaise. La CENI de Denis Kadima n’a pas été convoquée comme un justiciable à la barre, mais accueillie comme une institution partenaire dans le cadre défini par la Loi fondamentale.

En verrouillant ainsi la procédure, Aimé Boji Sangara et Jacques Djoli Eseng’Ekeli ne protègent pas seulement la majorité ou l’opposition ; ils protègent la République elle-même contre ses vieux démons d’improvisation. Dans une Afrique centrale en quête de repères, le message porté ce 14 avril depuis Kinshasa est d’une clarté assourdissante : quand les hommes de droit sont à la manœuvre, les institutions respirent au rythme serein et inébranlable de la Constitution.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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