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Haut-Uélé : Qui alimente le brasier qui attise le conflit entre les Logo et les Zande ?

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Le Haut-Uélé, une province riche en diversité ethnique et culturelle, est aujourd’hui le théâtre d’un conflit qui s’intensifie entre les Logo, habitant Akuwa, et les Zande, résidant à Sambia. Ce différend, loin d’être une nouveauté, remonte à des décennies et témoigne d’une lutte de pouvoir exacerbée par des enjeux politiques et économiques.

Les tensions ont atteint un nouveau sommet avec l’arrivée de Jean Bakomito Gambu à la tête de la province en 2024. Bien que des alertes aient été émises concernant les dangers que représentait cette promotion électorale soutenue par les oncles de Wamba, le véritable problème semble émaner de l’intérieur, alimenté par des rivalités ancestrales et des manipulations politiques cyniques.

La correspondance adressée par la chefferie de Wando à l’ancien Gouverneur Christophe Baseane Nangaa, allié politique de l’actuel Gouverneur Bakomito, alors en fonction est révélatrice de cette préoccupation : elle souligne la nécessité d’une gestion pacifique et équitable des conflits locaux, plutôt que d’une instrumentalisation des tensions pour des gains politiques.

La récente intervention du Vice-Premier Ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, n’a pas pu éteindre le feu qui couvait et le départ de la délégation envoyée par ce dernier n’a fait qu’aggraver la situation. Sa délégation composée d’un chargé d’études, d’un délégué du secrétariat général à la décentralisation et d’un membre de l’institut géographique, était censée apporter des solutions.

Elle a finalement vu la situation dégénérer à Sambia. Le territoire de Dungu avait porté plainte pour un différend entre la chefferie Wando et la chefferie Logo Ogambi partageant une frontière commune. Ce problème devait se régler entre ces deux voisins mitoyens. Par quelle magie, ce problème s’est étendu à tout le territoire de Faradje d’où est originaire le Vice-Gouverneur Christophe Dara ?

Ce qui devait être un affrontement entre deux chefferies voisines Sambia et Akuwa s’est transformé en une lutte impliquant des groupes venus de différentes régions, illustrant ainsi l’ampleur du problème. Les jeunes de Kitambala de la chefferie Logo Loliya, d’Abba de la chefferie Kakwa mais aussi de la chefferie Mondo, ont parcouru plus de 100 km pour venir se battre, déplacer des bornes et détruire des monuments.

Ce qui soulève des questions sur les motivations sous-jacentes et surtout les sponsors qui pourraient alimenter ce cycle de violence. Les tensions ethniques, exacerbées par des rivalités politiques, menacent non seulement la paix au sein des communautés Logo et Zande, mais également la stabilité de toute la province du Haut-Uélé qui compte 6 territoires mis à part Isiro son chef-lieu.

Le rôle des autorités, tant à l’échelle provinciale que nationale, est crucial pour désamorcer cette crise. Leur responsabilité est de s’engager à instaurer un dialogue inclusif et à éviter de naviguer dans les eaux troubles de la manipulation politique. La situation actuelle dans le pays exige une action immédiate pour prévenir une escalade de la violence qui pourrait constituer un terreau fertile pour l’AFC de Corneille Nangaa.

Les autorités provinciales doivent reconnaître que la campagne électorale est révolue et que le cynisme politique qui alimente les tensions pour incriminer un adversaire politique et disqualifier la chefferie Wando ne fait qu’aggraver la situation. Le déploiement des forces de l’ordre sur le terrain est une étape nécessaire, mais cela ne suffit pas. Il faut résoudre le problème à la base de cet embrasement.

Il est impératif d’instaurer un climat de confiance entre les différentes communautés et d’encourager un dialogue constructif. Le conflit entre les Logo et les Zande est symptomatique d’une crise plus profonde qui touche le Haut-Uélé. Il est essentiel de démasquer les véritables instigateurs de cette violence et de promouvoir une gouvernance responsable et inclusive.

Les deux plus grandes tribus du Haut-Uélé doivent trouver un moyen de coexister pacifiquement. Attiser le feu pour chercher la tête d’un adversaire politique ou du moins de son suppléant est d’une mesquinerie diabolique. Il y a déjà eu 3 morts dramatiques et des maisons incendiées. C’est déplorable. Nous avons alerté pendant la campagne que la coalition Bakomito-Baseane amènerait l’insécurité dans la province.

Nous voulons juste croire que nos prédictions ne sont pas entrain de se réaliser. La coalition des oncles de Wamba-Faradje au pouvoir doit cesser de jouer avec le feu par cynisme politique. Car un affrontement dévastateur serait désastreux pour l’ensemble de la province. L’avenir du Haut-Uélé dépend de la capacité de ses leaders à transcender les rivalités ethniques et politiques pour construire un avenir commun basé sur la paix et la prospérité.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Politique

États inquiétants des routes dans le Haut-Uele : l’A.Ch Blaise Omunyepa remet en cause la politique provinciale de Jean Bakomito

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L’état préoccupant des routes dans le Haut-Uele relance le débat sur la politique des infrastructures menée par le gouverneur Jean Bakomito Gambu. Face à des axes routiers jugés dégradés et peu durables, Blaise Omunyepa, président fédéral de l’Alliance pour le Changement (Haut-Uele 2), critique ouvertement les choix opérés par l’exécutif provincial.

Le gouvernement provincial met pourtant en avant plusieurs travaux de réhabilitation réalisés sur fonds propres, présentés comme un effort pour désenclaver les territoires et faciliter les échanges vers Isiro. Ces initiatives sont perçues par les autorités comme un pas important vers le développement économique de la province.

Mais pour Blaise Omunyepa, l’enjeu ne réside pas dans le nombre de kilomètres réhabilités, mais dans la qualité des infrastructures. Il estime que privilégier des routes en terre, souvent impraticables en saison des pluies, ne répond pas aux besoins réels des populations.

Cette critique rejoint le ressenti de nombreux usagers qui dénoncent la dégradation rapide de certains tronçons à peine aménagés. L’opposant plaide pour une politique axée sur l’asphaltage et des ouvrages durables, capables de soutenir les activités économiques sur le long terme.

Au-delà de l’aspect technique, Blaise Omunyepa soulève aussi la question de la gouvernance et de la gestion des ressources publiques. Un débat de fond s’installe ainsi dans le Haut-Uele : faut-il miser sur la quantité des réalisations ou sur la qualité des infrastructures pour impulser un développement durable ?

Junior Kasamba

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