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Société

Haut-Uélé : le chef du village Renzi alerte sur l’abandon de sa population face aux impacts des activités minières

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Le chef du village Renzi, Masumaruma Nginda, 13ᵉ responsable de cette entité créée en 1958, tire la sonnette d’alarme sur la situation préoccupante que traverse sa communauté, située à environ 7 kilomètres de l’agglomération minière de Durba, en territoire de Watsa, dans la province du Haut-Uélé.

Dans une interview exclusive accordée à Congo profond.net ce dimanche 29 mars 2026, l’autorité coutumière dénonce l’abandon de son village et les conséquences jugées néfastes des activités industrielles sur la santé et les conditions de vie de la population locale.

Selon lui, la présence de Kibali Gold Mine, du barrage hydroélectrique d’Ambarawo ainsi que de la centrale photovoltaïque a profondément bouleversé le quotidien des habitants. Plusieurs activités génératrices de revenus ont été stoppées, notamment l’exploitation artisanale de sable et la collecte de bois morts, autrefois essentiels à la survie des ménages. Ces zones sont aujourd’hui classées comme zones d’exclusion par la société minière, limitant drastiquement l’accès des populations locales aux ressources naturelles.

Masumaruma Nginda déplore également le non-respect des instructions du chef de la chefferie Bari-Logo, Sa Majesté Dieudonné Surur Elubwatima, qui avait recommandé la délocalisation de cette population exposée aux risques liés aux activités minières. « D’autres villages ont été déplacés depuis l’arrivée de Kibali en 2008, mais Renzi a été laissé pour compte », regrette-t-il.

Sur le plan environnemental et sanitaire, la situation est jugée alarmante. Le chef du village affirme que les rejets issus des activités minières se déversent dans la rivière Renzi, principale source d’eau pour la population, déjà privée de puits d’eau potable. Il pointe également du doigt les effets des activités de l’entreprise ORICA, accusée de produire des fumées et substances nuisibles à la santé.

À cela s’ajoutent, selon lui, des menaces liées aux gaz émanant du barrage hydroélectrique et aux installations de la centrale solaire d’Ambarawo, exposant davantage les habitants à des risques encore mal maîtrisés.

Face à cette situation, le chef du village craint l’émergence d’une crise sanitaire majeure, voire une épidémie, si aucune mesure urgente n’est prise. Il appelle à l’implication immédiate du gouverneur de la province du Haut-Uélé ainsi que du gouvernement central pour trouver une solution durable.

Masumaruma Nginda insiste particulièrement sur la nécessité d’une mission d’évaluation sur le terrain et la délocalisation rapide de la population, qu’il considère comme la seule issue pour préserver la santé et la vie de ses administrés. « Notre village vit dans la peur permanente. Nous demandons aux autorités de venir constater la réalité et d’agir avant qu’il ne soit trop tard », conclut-il.

Junior Kasamba

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Rapport de monitoring de l’action publique : à peine 25% des décisions prises par le gouvernement sont finalisées, 45% en progression et 30% à documenter (CEPAS)

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Le Centre d’Études Pour l’Action Sociale (CEPAS) a présenté ce mardi 2 juin 2026, le rapport de monitoring de l’action publique en République demormcratique du Congo (RDC), démontrant qu’à peine 25% des décisions prises par le gouvernement ont été finalisés, 45% sont en progression et une grande partie d’autres décisions, dont une trentaine restent encore à documenter. 

Présentant ce document, devant la presse à Kinshasa, Christian Ndombo Moleka, consultant en CEPAS et président de la dynamique des politologues du Congo a inventorié et déploré que sur les 139 décisions prises au niveau des Conseils des ministres, seule, une vingtaine a été réalisée, reconnaissant que « la volonté d’orienter l’action stratégique est là » mais le défi reste dans la mise en œuvre et la continuité de l’action gouvernementale.

« Ce rapport, pratiquement de trois ou quatre trimestres, soit d’avril en décembre 2025 permet de mesurer l’action publique, la redevabilité du gouvernement et de renforcer l’efficacité de l’action publique », a expliqué Christian Moleka, précisant qu’il « mesure également le niveau réel de transformation de la prise de décision en action publique, identifie les contraintes structurelles et propose une cartographie des activités qui participent au monitoring. »

De son côté, le Père Alain Nzadi, directeur du CEPAS a précisé les objectifs assignés derrière cette initiative. « Notre ambition est que cette analyse contribue au débat public de manière sereine, constructive et utile. Nous espérons qu’elle permettra d’alimenter la réflexion collective sur les moyens de rendre l’action publique plus efficace, plus transparente et davantage orientée vers des résultats concrets », a-t-il déclaré.

Et de poursuivre : « les recommandations formulées dans cette étude s’inscrivent dans cette perspective. Elles visent notamment à promouvoir une culture de résultats, à renforcer les difficultés… des dispositifs de monitoring gouvernemental, à améliorer la coordination interinstitutionnelle et à développer des outils de redevabilité permettant un meilleur suivi de l’exécution des engagements publics. »

À en croire les conférenciers, « au fond, la question centrale qui traverse ce travail est simple : comment faire en sorte que chaque décision publique produise efficacement la valeur attendue pour les citoyens ? », se sont-ils interrogés, souhaitant que cette réflexion pousse le gouvernement à une mise en œuvre rapide de l’action publique au profit des intérêts de la population congolaise.

Exaucé Kaya

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