Provinces
Haut-Uélé : la synergie des sociétés civiles de Watsa réclame toute la vérité sur les présumés détournements de l’aide aux déplacés et exige une motion contre le ministre provincial de tutelle
La controverse autour de la gestion de l’assistance humanitaire destinée aux déplacés de Mungbere continue d’alimenter de fortes tensions dans la province du Haut-Uélé. Au lendemain des révélations du président de l’Assemblée provinciale, Justin Zamba Ndezu, faisant état de présumées irrégularités dans la distribution des vivres et biens non alimentaires, la synergie des sociétés civiles de Watsa est montée au créneau pour exiger des comptes aux autorités provinciales et appeler à une action parlementaire contre le ministre provincial en charge des Affaires sociales, de la Solidarité, du Développement rural et des Affaires coutumières, Xavier Mamboyi Bantu.
Réunis ce mercredi 1er juillet 2026 à l’espace Noé Fisher de Durba, les responsables de la Société civile du Congo, de la Société civile du Peuple congolais et de la Nouvelle Société civile congolaise ont tenu un point de presse au cours duquel ils ont exprimé leur profonde indignation face à la situation des déplacés de Mungbere. Ces derniers, selon les déclarations du président de l’Assemblée provinciale, auraient été privés d’une partie ou de la totalité de l’assistance humanitaire pourtant acheminée par le gouvernement central dans le cadre de la réponse aux attaques attribuées aux rebelles ADF.
Dans son intervention lors de la clôture de la session ordinaire de mars 2026, Justin Zamba Ndezu avait indiqué que plusieurs déplacés installés notamment à Gombari, Wanga, Moku, Ngangazo, Dubele, Watsa et Durba n’auraient pas reçu l’aide prévue. Il avait également évoqué de présumés détournements de vivres et biens essentiels, notamment des sacs de riz, de la semoule de maïs, des bidons d’huile végétale, des pagnes et des matelas, appelant à un contrôle approfondi de la chaîne de distribution.
Au cœur de cette assistance humanitaire figure la mission conduite dans la province par le ministère des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, dirigé par la ministre d’État Ève Bazaiba Masudi, venue superviser la remise de vivres et de biens non alimentaires destinés aux populations déplacées. Cette opération gouvernementale visait à répondre à l’urgence humanitaire provoquée par les violences armées dans la région.
Face à ces éléments, les leaders de la synergie — Joseph Kelema, Christophe Djuna et Joseph Masepo — estiment que les allégations sont suffisamment graves pour justifier une enquête indépendante et approfondie. Ils appellent les institutions compétentes à établir avec précision la traçabilité de l’aide distribuée et à identifier les éventuels responsables de dysfonctionnements dans la chaîne de gestion.
Dans une position plus politique, la synergie des sociétés civiles de Watsa demande aux députés provinciaux d’exercer pleinement leur mission de contrôle et d’initier une motion de défiance contre le ministre provincial en charge des Affaires sociales, de la Solidarité, du Développement rural et des Affaires coutumières, Xavier Mamboyi Bantu. Selon elle, ce mécanisme parlementaire permettrait d’obtenir des explications claires sur la gestion de l’assistance humanitaire et de situer les responsabilités administratives.
Les organisations citoyennes insistent sur le fait que l’aide humanitaire ne doit souffrir d’aucune opacité. Elles rappellent que ces ressources sont destinées à des populations vulnérables ayant tout perdu à la suite des conflits armés et que toute irrégularité dans leur distribution constitue une atteinte grave à la solidarité nationale et à la confiance publique.
Tout en saluant la volonté du président de l’Assemblée provinciale de faire usage des prérogatives de contrôle de l’institution, la synergie appelle également la justice, l’Inspection générale des finances, les services de contrôle de l’État ainsi que les partenaires humanitaires à mener des investigations rigoureuses et impartiales.
En clôturant leur point de presse, Joseph Kelema, Christophe Djuna et Joseph Masepo ont réaffirmé la détermination des organisations citoyennes à suivre de près l’évolution de ce dossier jusqu’à son aboutissement. Ils insistent sur la nécessité de garantir la transparence, la redevabilité et le respect des droits des déplacés, estimant que seule la vérité permettra de restaurer la confiance entre les populations et les institutions publiques.
Junior kasamba /Congoprofond.net