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Haut-Uélé : Christophe Baseane Nangaa vomi à Isiro, Peter Kazadi interpellé !

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L’arrivée à Isiro du vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières, Peter Kazadi le lundi 31 juillet vient de rallumer le feu dans la riche province du Haut-Uélé. Désavoué et contesté par une bonne frange de la population, le gouverneur Christophe Baseane Nan est sur le banc des accusés autour d’un détournement des fonds dénoncé à l’issue d’une mission de l’IGF dans cette province.

Photo Droits tiers#Baseane Nangaa, le gouverneur du Haut-Uele vomi par la population.

Les présomptions de détournement de deniers publics pèsent toujours sur le gouverneur du Haut-Uele, Christophe Baseane Nangaa. Lundi, le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur a été appelé à démettre le gouverneur pour mégestion caractérisée à la tête de la province. Ce soulèvement populaire intervient à la suite du rapport d’enquête menée par l’Inspection générale des finances (IGF) et dont les conclusions furent rendues publiques en avril dernier. L’exécutif du Haut-Uélé vivrait ainsi ses derniers jours de règne si l’on en croit les messages lancés au VPM Peter Kazadi.

Non à l’impunité, oui à l’état de droit

Étudiants, fonctionnaires, hommes d’affaires et quelques professionnels de santé étaient visibles le long de la route pour accueillir de manière particulière le patron de la territoriale congolaise. Peter Kazadi a vu et lu le climat dans lequel cette province est dirigée. Tout y semble à l’arrêt. Ainsi pouvait-on lire sur des banderoles : “Le gouverneur Nangaa doit justifier les 61 millions de dollars non tracés par l’Igf”. Une manière d’indexer nommément le patron de l’exécutif provincial dans une grave magouille à la tête de la province. “La population du Haut-Uélé soutient la lutte contre les détournements des deniers publics initiée par le chef de l’État”, lançait une autre affiche à l’attention du VPM. Plus loin, un groupe de jeunes scandait des chants hostiles au gouverneur: “Toboyi moyibi” – refusons le détourneur ou encore “Nous, étudiants, soutenons Fatshi”. Des messages qui condamnent les actes de prédation des deniers publics dans la province. C’est depuis le 26 avril 2023 que l’Inspection générale des finances (IGF) avait publié les conclusions de son rapport sur la gestion de la province du Haut-Uele.

Dans sa lettre, Jules Alingete Key, inspecteur général et chef de service de l’IGF a fait part au gouverneur Baseane Nangaa, des graves détournements de deniers de l’Etat qui pèsent sur sa tête entre autres la pré-affectation des recettes de péage à la source et leur détournement à des fins privées ; le prélèvement anticipé des recettes fiscales aux exercices 2023, 2024 et 2025 auprès de Kigali Gold et leur utilisation sans pièces justificatives retracées à la comptabilité de la province pour un montant de deux millions sept cents cinquante mille dollars américains (2. 750.000 USD); le recours prohibé aux prêts bancaires, du reste non retracés dans la comptabilité de la province pour un montant de 6.407.233, 19 USD ; la présomption de détournement des fonds de rétrocession du pouvoir central au profit de la province pour un montant de 2.165.812.199 de francs congolais ; la présomption de détournement des recettes de péage aux points Legu, Ngbongboti, Obongoni, Bafuabaka et Boh dont 2 880 000 000 des francs congolais et 14 457 941 764 des francs congolais ; des sorties des fonds à la banque sans pièces justificatives évaluées à 4 805 155 28 des francs congolais entre 2022-2023 ; le défaut de paiement des agents et cadres de la province ainsi que des anciens ministres provinciaux et des irrégularités aggravées dans la passation des marchés publics évaluées à 35 409 003 USD.

Aucune route construite

André Lite Asebea, ancien ministre des Droits humains et élu de la province, met au défi quiconque ferait la moindre démonstration d’une seule preuve de bonne gestion de la part de Christophe Baseane. “Il n’y a même pas un demi centimètre de route asphaltée par le monsieur qui se dit gouverneur”, avait-il dénoncé dans une émission en plateau avec Jean-Pierre Kayembe du magazine “Non à la balkanisation”. La route entre Isiro, capitale du Haut-Uélé et Kisangani, capitale de la Tshopo existe depuis l’époque coloniale. C’est justement avec l’arrivée de Baseane Nangaa à la tête de cette province que cette route n’est plus praticable parce qu’il ne veut pas la réhabiliter, affirme l’ancien ministre. “Car sous Lola Kisanga alors gouverneur, avant les élections de 2018, j’y suis allé en voiture. Aujourd’hui, vous ne pouvez plus”, avait-il expliqué. Christophe Baseane serait plutôt orienté vers des affaires personnelles. Pour tenter de dissimuler ses insuffisances, à chaque fois qu’il y a des responsables politiques, dirigeants d’influence et personnalités de référence qui descendent sur le terrain, il ne les amène qu’à sa résidence, un bâtiment laissé par les Belges qui servait au commissaire de district de l’époque et dont il a badigeonné les mûrs avec un petit coup de peinture. Au regard des moyens générés par les taxes et droits dus à la province, notamment dans le cadre de l’exploitation minière, André Lite y voit une très mauvaise foi de la part du gouverneur. “Tenez, rien que la société Kibali Gold Mining, depuis qu’il est là, étant donné qu’aujourd’hui avec la croissance nationale favorisée par le code minier, les finances publiques grimpent, Kibali paie directement au compte indiqué. À un moment donné, Kibali a mis toutes les preuves sur la place publique déjà à l’époque autour de 41 millions de dollars”, dénonce l’ancien ministre.

Ouragan.cd

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DIGI’TALK Douala 2026 : « L’Afrique doit passer de consommatrice à créatrice du digital », affirme Estelle Essame ( Interview exclusive )

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Fondatrice du magazine INNOV’TECH AFRICA et initiatrice de DIGI’TALK, plateforme stratégique dédiée aux acteurs du numérique, Estelle Essame œuvre à structurer et valoriser les écosystèmes technologiques africains. À la croisée des médias, du digital et du développement, elle porte une ambition claire : positionner l’Afrique comme un acteur crédible sur la scène technologique mondiale.

Dans cette interview exclusive accordée à CONGOPROFOND.NET, elle décrypte les enjeux de la transformation digitale et les ambitions de DIGI’TALK.

CONGOPROFOND.NET : On parle de plus en plus de transformation digitale dans le contexte africain. Selon vous, pourquoi ce sujet est-il devenu incontournable pour les entreprises ?

Estelle Essame : Parce que le monde n’attend plus. Aujourd’hui, une entreprise qui n’intègre pas le digital ne perd pas seulement en performance, elle perd en pertinence.

Mais au-delà de la compétitivité, il y a un enjeu encore plus profond en Afrique : le digital est un accélérateur de développement. Il permet de contourner certaines limites structurelles et d’ouvrir des marchés autrefois inaccessibles.

La vraie question n’est plus : “faut-il y aller ?”, mais “à quelle vitesse et avec quelle stratégie ?”.

CONGOPROFOND.NET : Quelle est la vision derrière l’organisation de DIGI’TALK ?

Estelle Essame : DIGI’TALK est né d’un besoin simple : créer des conversations utiles. Pas des panels passifs, mais des espaces d’échanges réels, où les participants se challengent et se connectent.

Ma vision est claire : transformer les discussions en opportunités, et les rencontres en collaborations concrètes.

CONGOPROFOND.NET : Pourquoi avoir choisi Douala comme ville hôte ?

Estelle Essame : Douala est un hub économique majeur en Afrique centrale. C’est une ville dynamique, portée par une forte culture entrepreneuriale et une concentration d’acteurs économiques clés.

Positionner DIGI’TALK à Douala, c’est s’ancrer au cœur de l’activité économique réelle.

CONGOPROFOND.NET : À qui s’adresse principalement cet événement ?

Estelle Essame : DIGI’TALK s’adresse à ceux qui font : entrepreneurs, décideurs, startups, professionnels du digital, investisseurs, mais aussi jeunes talents.

Ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les profils, mais les dynamiques. Créer des ponts entre ces mondes, c’est là que se crée la vraie valeur.

CONGOPROFOND.NET : Quelles thématiques majeures seront abordées lors de cette édition ?

Estelle Essame : Nous avons choisi des thématiques à la fois tendances et stratégiques : la transformation digitale des entreprises, l’intelligence artificielle et les opportunités business dans le numérique.

Mais surtout, nous allons parler concret : cas réels, retours d’expérience et opportunités immédiates.

CONGOPROFOND.NET : Qu’est-ce qui distingue DIGI’TALK des autres rencontres sur le digital ?

Estelle Essame : Son positionnement hybride et orienté résultats. Ce n’est ni un événement institutionnel classique, ni une simple conférence.

C’est un format immersif, conçu pour favoriser des échanges directs, qualitatifs et stratégiques, avec un objectif clair : déboucher sur des collaborations concrètes.

CONGOPROFOND.NET : Quel impact concret attendez-vous pour les participants et les entreprises ?

Estelle Essame : DIGI’TALK doit générer des connexions stratégiques, faciliter l’accès à des opportunités business et accélérer la compréhension des enjeux digitaux.

Pour les entreprises, c’est un levier de veille et de développement. Pour les participants, un accès à des réseaux qualifiés et à des insights de haut niveau.

Notre objectif est clair : créer de la valeur tangible.

CONGOPROFOND.NET : Quels conseils donneriez-vous aux entreprises qui hésitent encore à amorcer leur transformation digitale ?

Estelle Essame : Le principal risque aujourd’hui, c’est l’inaction.

La transformation digitale doit être progressive, structurée et alignée sur les objectifs business. Il ne s’agit pas de tout transformer, mais de prioriser les leviers à fort impact.

Il est aussi essentiel de s’entourer des bonnes expertises et d’adopter une culture d’adaptation continue.

CONGOPROFOND.NET : Quelles tendances digitales marqueront les prochaines années en Afrique ?

Estelle Essame : L’intelligence artificielle va accélérer beaucoup de choses. En parallèle, la cybersécurité deviendra critique.

Je crois également à la montée des solutions africaines, pensées pour nos réalités. Nous allons passer progressivement d’un modèle d’adoption à un modèle de création.

CONGOPROFOND.NET : Comment les jeunes et les startups peuvent-ils tirer parti de cette dynamique ?

Estelle Essame : Les opportunités sont considérables. Ils doivent se positionner rapidement, développer des compétences solides et miser sur la collaboration.

Des plateformes comme DIGI’TALK leur permettent de gagner en visibilité, de rencontrer des partenaires et d’accélérer leur croissance.

CONGOPROFOND.NET : Pourquoi faut-il absolument participer à DIGI’TALK Douala 2026 ?

Estelle Essame : Parce que DIGI’TALK est un catalyseur d’opportunités.

C’est un espace où se rencontrent les acteurs qui façonnent l’avenir du digital en Afrique centrale. En une seule expérience, les participants accèdent à un réseau qualifié, à des insights stratégiques et à des opportunités concrètes.

C’est un rendez-vous à forte valeur ajoutée.

CONGOPROFOND.NET : Un dernier message aux acteurs du numérique et aux décideurs africains ?

Estelle Essame : Nous sommes à un tournant décisif. L’Afrique ne peut plus se contenter d’être un marché de consommation technologique.

Elle doit s’affirmer comme un acteur de création, d’innovation et de production de solutions adaptées à ses réalités.

Cela exige une mobilisation collective : institutions, secteur privé, talents et entrepreneurs.

C’est à ce prix que nous construirons une Afrique qui ne subit pas la transformation digitale, mais qui la façonne.

Propos recueillis par Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET

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