Actualité
Haut-Lomami : Au moins 8 morts dans des affrontements entre FARDC et pêcheurs à Bukama
De violents affrontements ont opposé, ce dimanche 11 janvier 2026, une unité des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à un groupe présenté par l’armée comme une milice « Maï-Maï », dans le territoire de Bukama, province du Haut-Lomami.
Version officielle : une milice neutralisée
Dans un communiqué publié par l’armée congolaise, le porte-parole intérimaire des FARDC, le capitaine Mak Hazukay, fait état de quatre assaillants tués et d’un militaire blessé. Le document précise que la situation a été « décantée » après l’intervention des forces régulières.
La société civile conteste la thèse des FARDC
Cette version est toutefois remise en cause par la société civile locale et plusieurs sources concordantes. Celles-ci affirment qu’il ne s’agirait pas d’une milice Maï-Maï, mais plutôt de pêcheurs artisanaux en colère. Ces derniers protestaient contre la décision du gouvernement provincial de suspendre, pour une durée de trois mois, la pêche artisanale sur les lacs, rivières et le fleuve Congo dans les territoires de Bukama et de Malemba-Nkulu.
Une mesure écologique, mais socialement contestée
La suspension de la pêche correspond à la période de reproduction des poissons, une mesure environnementale régulièrement appliquée dans la région. Toutefois, les pêcheurs dénoncent l’absence d’alternatives économiques pour assurer leur subsistance durant cette période. Selon eux, cette décision, déjà non appliquée l’année précédente, les plonge dans une précarité accrue.
Déploiement militaire et montée des tensions
Face au refus d’obtempérer des pêcheurs, les autorités provinciales ont dépêché des éléments des FARDC pour faire respecter la mesure. Dimanche, un camion transportant des militaires lourdement armés a été aperçu dans la zone afin d’exécuter les instructions de l’exécutif provincial visant à préserver les ressources halieutiques.
Violences et lourdes pertes en vies humaines
L’intervention militaire a rencontré une résistance qualifiée de « farouche » par certaines sources locales. Un groupe de pêcheurs aurait tenté de s’opposer à l’opération, recourant à des pratiques fétichistes localement appelées « bizaba ». Des heurts ont alors éclaté. Les militaires ont riposté par des tirs à balles réelles pour reprendre le contrôle de la situation.
Selon des sources locales, les affrontements auraient causé la mort de huit personnes, dont six parmi les protestataires. Des décès de mineurs sont également signalés, alourdissant le bilan humain de ces violences.
Un malaise plus profond
Pour plusieurs observateurs, ces événements tragiques traduisent un double échec : d’une part, un déficit de communication entre les autorités provinciales et les communautés locales ; d’autre part, la détresse socio-économique d’une province confrontée à un chômage élevé et à la rareté des opportunités de revenus.
Patient MBY/CONGOPROFOND.NET
Actualité
Lubumbashi : 5 présumés criminels interpellés, dont 2 femmes
La Police nationale congolaise (PNC) du Haut-Katanga a présenté, lundi 8 juin, 5 présumés criminels, dont 2 femmes, arrêtés par le Groupe de recherche et d’investigation criminelle (GRIC) à Lubumbashi.
Les suspects ont été présentés au commissaire provincial adjoint chargé de la police administrative, le colonel Bale Agwaki John, à l’occasion de la parade hebdomadaire de la police.
Selon le commandant du GRIC, le colonel Simplice Tshikala, ces personnes seraient impliquées dans un réseau de détention et de vente illégale d’armes et de munitions.
« Depuis un moment, nous avons appris qu’il y a des bandes organisées qui se ravitaillent à travers nos camps militaires en armes et en munitions. Nous avons déployé nos sources et nous avons arrêté Etomale Mbat, un voleur à main armée extrêmement dangereux. Sur lui, nous avons trouvé 1 300 munitions, un revolver ainsi que deux chargeurs garnis », a déclaré le colonel Tshikala.
La police affirme également avoir arrêté deux autres suspects qui tentaient de vendre des armes à feu. Après leur interpellation, ces derniers auraient conduit les enquêteurs dans une maison où étaient dissimulées d’importantes quantités de munitions.
Au total, plus de 2 850 munitions de calibre 7,62 mm, plusieurs chargeurs garnis destinés aux fusils AK-47 ainsi qu’un revolver de calibre 9 mm ont été saisis.
Par ailleurs, deux policiers accusés d’avoir extorqué 1 820 dollars américains à des habitants du quartier Bel-Air 2, dans la commune de Kampemba, ont également été présentés à l’autorité policière provinciale.
« Ce sont des personnes capables de déstabiliser la paix et la tranquillité publiques », a insisté le commandant du GRIC, précisant que les enquêtes se poursuivent afin d’identifier l’origine de ces effets militaires et les réseaux impliqués.
Le colonel Bale Agwaki John a, de son côté, salué le professionnalisme des éléments du GRIC dans la lutte contre la criminalité et appelé les unités de police à renforcer les opérations de sécurisation de la population et de ses biens.
Les suspects civils ainsi que les 2 policiers ont été transférés devant les juridictions compétentes pour la suite de la procédure.
Patient M.MBY/CONGOPROFOND.NET
