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Harare : À l’unanimité, les Chefs d’État décident de prolonger d’un an le mandat de la Mission de la SADC en RDC
À l’issue du Sommet extraordinaire des Chefs d’État et de gouvernement de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) auquel a pris part le Président Félix Tshisekedi, ce mercredi 20 novembre à Harare, au Zimbabwe, un communiqué conjoint a été publié, prolongeant le mandat de la mission de la SADC en RDC (SAMIDRC) d’une année sur le territoire congolais.
Dans ce même communiqué, les différents participants attestent « avoir reçu le rapport actualisé de la situation sécuritaire dans la partie Est de de la République Démocratique du Congo (RDC) et déplore la détérioration de la situation sécuritaire et humanitaire ».
« Le Sommet a réitéré son soutien au gouvernement de la RDC et rappelé l’engagement des États de la sous-région d’apporter une réponse appropriée à tout membre victime d’une agression par une réponse communautaire appropriée ».
Déployée en décembre 2023 pour appuyer les Forces armées de la RDC (FARDC) à rétablir la paix dans le Nord-Kivu et en Ituri, la SAMIDRC prolonge pour la deuxième année consécutive son mandat jusqu’en novembre 2025.
Outre le Chef de l’État, le Président zimbabwéen, Président en exercice de la SADC, Emmerson Mnangagwa ainsi que Andry Rajoelina ( Madagascar), Duma Gideon (Botswana), Filipe Nyusi ( Mozambique) et des Hauts représentants des autres pays membres de la SADC ont signé pris part à ces assises qui ont également traité de la situation sécuritaire dans la province de Cabo Delgado au Mozambique.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Nord-Kivu : à la veille de la visite ministérielle, Clovis Mutsuva appelle les chefs coutumiers à « dire la vérité » face à l’insécurité
L’arrivée annoncée du ministre des Affaires coutumières, prévue ce vendredi 17 avril 2026 dans les villes de Beni et Butembo, continue de susciter de vives réactions au sein de la communauté locale. Dans un contexte marqué par une insécurité persistante dans le Grand Nord du Nord-Kivu, plusieurs voix s’élèvent pour interpeller les autorités coutumières appelées à rencontrer le membre du gouvernement.
Parmi elles, celle de Clovis Mutsuva, leader d’opinion dans la région, se distingue par la fermeté de son ton. À la veille de cette visite officielle, il adresse un message direct aux chefs coutumiers, communément appelés Mwami, les exhortant à assumer pleinement leur rôle face aux violences qui frappent la région depuis plus d’une décennie.
Dans une déclaration empreinte d’émotion et d’indignation, il rappelle l’ampleur des souffrances endurées par la population : « Je m’adresse à nos chefs coutumiers, nos Mwami. Voici plus de dix ans que nous mourons par décapitation. Ailleurs, les coutumiers mettent fin à la guerre dans ce pays. […] Mais ici chez nous, je ne veux pas revenir sur les petits conflits qui vous occupent souvent, comme la cession des terres… »
Au-delà du constat, Clovis Mutsuva dénonce les divisions internes et les luttes de pouvoir qui, selon lui, fragilisent l’autorité coutumière et détournent l’attention des véritables enjeux sécuritaires. Il pointe également la prolifération de faux chefs coutumiers :
« Il est vrai qu’il existe des vrais coutumiers, mais les faux existent aussi, et ils sont les plus nombreux. […] C’est une occasion importante qui ne doit pas servir à exposer encore vos querelles. »
Pour ce leader d’opinion, la visite du ministre représente une opportunité cruciale à ne pas gaspiller. Il appelle les autorités traditionnelles à privilégier l’intérêt général et à proposer des solutions concrètes pour mettre fin à l’insécurité, notamment face aux exactions attribuées aux ADF.
Il insiste sur le fait que les conflits entre chefs coutumiers n’ont jamais profité à la population : « Nous, la population, n’avons jamais vu le bénéfice de tout cela. […] Allez lui dire la vérité. Réfléchissez ensemble à comment mettre fin au phénomène ADF, comment utiliser votre pouvoir pour arrêter les massacres et récupérer nos territoires. »
Son message s’étend également à la société civile et à la jeunesse, qu’il invite à éviter tout opportunisme lors de cette visite et à privilégier la responsabilité collective.
Cette prise de parole traduit un ras-le-bol croissant au sein de la population du Grand Nord, qui attend des actions concrètes de la part des autorités, tant coutumières que politiques, pour mettre un terme à une crise sécuritaire qui perdure depuis trop longtemps.
Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET
