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Guillaume Ngefa : Une 1ère année marquée par des réformes pour restaurer la crédibilité de la Justice

Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a présenté, vendredi, le bilan de sa première année à la tête de ce ministère. Il a mis en avant les réformes engagées pour restaurer la crédibilité de la Justice congolaise, tout en reconnaissant la persistance de plusieurs défis structurels.

« Notre Justice souffre encore d’un certain nombre de dysfonctionnements qui nécessitent des réformes structurantes. La Justice d’un pays doit être revêtue du sceau de la crédibilité », a déclaré le ministre d’État lors d’un briefing de presse organisé par le ministère de la Communication et Médias dans le cadre de l’exercice de redevabilité du Gouvernement.

Partageant le plateau avec la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, Guillaume Ngefa a dressé l’état des lieux de la Justice à son arrivée, avant de présenter les principales actions réalisées, les réformes engagées, les difficultés rencontrées et les perspectives pour sa deuxième année à la tête du ministère.

Des réformes pour moderniser la Justice

Parmi les principales avancées enregistrées, le ministre d’État a cité la création du Tribunal pénal économique et financier, le projet de loi anticorruption, la réforme de la justice militaire, la modernisation de l’Inspection générale des services judiciaires et pénitentiaires, l’opérationnalisation de la profession notariale ainsi que la transformation numérique du secteur à travers le programme « Justice 2.0 ».

Pour Guillaume Ngefa, ces différentes initiatives constituent les fondations d’une réforme en profondeur destinée à rendre la Justice plus crédible, accessible et efficace.

Lutte contre l’impunité et réduction du « désert judiciaire »

Dans le cadre de la lutte contre l’impunité, la corruption et les spoliations, le ministre d’État a indiqué avoir instauré un mécanisme permanent de suivi des injonctions, dans le respect de l’indépendance de la Justice. Il a également annoncé l’ouverture prochaine de procès publics concernant plusieurs dossiers liés au phénomène « Folio ».

La lutte contre le « désert judiciaire » figure également parmi les priorités du ministère.

Après la construction de nouvelles infrastructures judiciaires, notamment à Lubumbashi, Demba et Kinshasa/Kalamu, Guillaume Ngefa a annoncé la poursuite du projet de construction de six complexes judiciaires.
L’objectif est de renforcer la couverture judiciaire du territoire et de rapprocher davantage les services de Justice des citoyens.

La situation carcérale reste préoccupante
Abordant la situation dans les établissements pénitentiaires, le ministre d’État a reconnu que plusieurs problèmes demeurent préoccupants, notamment la surpopulation carcérale, l’alimentation des détenus, l’accès aux soins de santé et les conditions d’hygiène.

Il a néanmoins évoqué les mesures déjà prises, notamment les libérations conditionnelles, les transferts de détenus, les opérations de désengorgement ainsi que les projets de réhabilitation des prisons.

« La privation de liberté ne doit jamais devenir une privation de dignité », a-t-il souligné.

Le ministre a également relevé l’insuffisance des ressources financières allouées au secteur de la Justice. Selon lui, un budget d’environ 50 millions de dollars américains pour un pays de plus de 100 millions d’habitants reste largement en deçà des besoins.

Il a ainsi plaidé pour un financement plus conséquent, durable et prévisible, indispensable à la mise en œuvre des réformes.

La diplomatie judiciaire contre l’impunité

Sur le plan international, Guillaume Ngefa a présenté la diplomatie judiciaire comme un instrument de défense des intérêts de la République démocratique du Congo et de lutte contre l’impunité.

Il a notamment évoqué la requête introduite par la RDC contre le Rwanda devant la Cour internationale de Justice (CIJ) le 26 juin 2026, le renforcement de la coopération avec la Cour pénale internationale (CPI), ainsi que différentes initiatives de coopération judiciaire avec plusieurs États.

Le ministre d’État a affirmé que les personnes impliquées dans les crimes commis en RDC dans le contexte du conflit dans l’Est du pays devront répondre de leurs actes, y compris les ressortissants étrangers lorsque leur responsabilité est établie. Il a également évoqué, lorsque les conditions juridiques sont réunies, la responsabilité des supérieurs hiérarchiques ou des commandants.

« Il ne doit y avoir ni sanctuaire ni impunité pour les auteurs et responsables de crimes graves commis sur le territoire congolais », a-t-il déclaré.

« Accélérer et consolider » au cours de la deuxième année

Répondant aux questions des étudiants présents dans le public, Guillaume Ngefa est notamment revenu sur la procédure engagée par la RDC devant la CIJ contre le Rwanda, ainsi que sur la situation carcérale et les conditions d’alimentation des détenus.

Le ministre d’État a reconnu que l’ensemble des problèmes de la Justice congolaise ne pouvait être résolu en une seule année. Il estime que cette première étape a essentiellement permis de poser les fondations et d’engager les réformes nécessaires.

Pour la deuxième année, il entend désormais passer à une nouvelle étape, axée sur « l’accélération, la consolidation et la traduction des réformes en résultats concrets ».

L’ambition affichée est de bâtir une Justice congolaise crédible, accessible et efficace, capable de protéger les citoyens, de combattre l’impunité et de restaurer durablement la confiance dans l’État.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET