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Guillaume Ngefa à Tshangu : La dignité humaine ne s’arrête pas à la porte d’un cachot
En homme de terrain, le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa A. Andali, a effectué cette semaine une visite surprise dans plusieurs amigos et cachots situés dans la circonscription de Tshangu et au Quartier général de la Police nationale congolaise (PNC).
Objectif affiché : évaluer les conditions de détention et rappeler que les droits humains ne se suspendent pas derrière les barreaux.

Accompagné de plusieurs membres de son cabinet, de représentants du Parquet et de la Police nationale, le Ministre Ngefa a inspecté les installations où sont temporairement gardées les personnes interpellées sous réquisition judiciaire. Dans certains sites, les conditions de détention ont suscité des remarques sévères de la part du ministre, déterminé à remettre de l’ordre et de l’humanité dans le système carcéral congolais.
« La dignité humaine ne s’arrête pas à la porte d’un cachot. Même lorsqu’il s’agit de locaux relevant de la Police ou des Auditorats militaires, le Ministère de la Justice reste légalement responsable du suivi, de la sécurité et de la protection des détenus », a-t-il martelé devant la presse.

Justice et sécurité : vers une coordination renforcée
Selon le Ministre d’État, la situation dans certains lieux de détention exige une coordination plus étroite entre les services judiciaires et les forces de sécurité.
Cette synergie, a-t-il expliqué, permettra de prévenir les abus, améliorer la gestion des retenus et garantir un traitement conforme à la loi et à la morale républicaine.
Cette descente s’inscrit dans le cadre du programme national d’humanisation des lieux de détention, lancé par le Ministère de la Justice. Ce programme vise à moderniser les infrastructures pénitentiaires, à professionnaliser la gestion carcérale et à aligner les pratiques nationales sur les standards internationaux en matière de droits humains.

Prochaines étapes : de la visite au changement
À l’issue de cette mission, Guillaume Ngefa a annoncé une série de mesures concrètes destinées à prolonger cette démarche d’assainissement du secteur pénitentiaire :
– Audit général des cachots de la Police dans toute la ville de Kinshasa ;
– Mise en place d’un plan conjoint Justice–Intérieur pour un suivi rigoureux des détentions provisoires ;
– Transmission d’un rapport circonstancié au Conseil des ministres pour examen et recommandations.
Une visite, un symbole

La visite s’est terminée en fin d’après-midi, dans un cachot exigu de Tshangu où une dizaine de prévenus partageaient une cellule sans aération. Le Ministre Ngefa, visiblement ému, s’est arrêté un instant pour échanger avec eux. « Vous êtes ici pour répondre à la justice, pas pour perdre votre dignité », leur a-t-il lancé, avant de quitter les lieux sous un silence respectueux.
Un geste simple, mais lourd de sens : celui d’un ministre qui veut replacer la dignité humaine au cœur de la justice congolaise.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Affaire des « Enfants Mushobekwa »: La fille de Mambabwa brise le silence et livre un témoignage clé sur la nuit controversée
Lors de la 7ème audience tenue ce jeudi 9 avril 2026 dans le dossier opposant les enfants Mushobekwa/Likulia à Philémon Mambabwa, la cour a entendu un témoignage particulièrement attendu. Celui de Malaïka Mambabwa Zegbo, 17 ans, fille du prévenu, venue livrer sa version des faits sur les événements survenus dans la nuit du 20 au 21 décembre au domicile familial.
À la barre, la jeune fille explique avoir obtenu l’accord de son père pour organiser une soirée entre amies, en compagnie de Sakina, une amie, et de sa cousine Léonie. Une rencontre initialement anodine, qui aurait toutefois pris une tournure inattendue. Selon elle, son amie Sakina avait insisté pour inviter son petit ami, Claudien Likulia, récemment rentré à Kinshasa. Après plusieurs refus, Malaïka affirme avoir fini par céder, posant néanmoins une condition : une visite brève et sans accompagnateurs.

Une arrivée non conforme et une situation sous tension
Contre toute attente, Claudien Likulia s’est présenté accompagné de deux autres jeunes, identifiés comme Christopher Likulia et un certain Noah. Malaïka affirme ne pas les connaître et dit avoir immédiatement ressenti un malaise face à cette présence imprévue.
Dans son récit, elle indique que Sakina et Claudien se sont ensuite enfermés dans une chambre pendant plus de trente minutes, suscitant son inquiétude. « Lorsque la porte s’est finalement ouverte, mon père venait de rentrer », a-t-elle déclaré devant la cour, décrivant une scène tendue à l’arrivée du chef de famille.
Intervention du père : entre fermeté et encadrement
Toujours selon la témoin, les jeunes garçons ont tenté de se dissimuler, notamment dans la salle de bain, avant d’être découverts. Elle insiste toutefois sur un point : son père n’avait donné aucune instruction de violence à leur encontre.
Au contraire, affirme-t-elle, il a demandé à ses agents de sécurité de retenir les jeunes gens à la guérite, dans l’attente de l’arrivée de leurs parents le lendemain matin. Une version qui contraste avec certaines accusations évoquées dans cette affaire.
Malaïka Mambabwa Zegbo a également remis en question certains éléments avancés pour justifier la présence des jeunes au domicile familial. Elle qualifie notamment de « mise en scène » l’histoire des médicaments évoquée par certains protagonistes et largement diffusée dans les Réseaux Sociaux.
Enfin, elle a catégoriquement rejeté les allégations de détention dans une cage. Selon elle, les seules cages présentes dans la parcelle familiale sont de petite taille et servent exclusivement à l’élevage de poules et d’oiseaux.
Ce témoignage, livré avec assurance, pourrait peser dans l’appréciation des faits par la cour, alors que ce procès continue de susciter une vive attention.
Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET
