Actualité
Guerre dans l’Est : Walikale-Centre passe sous occupation de l’AFC/M23
Le M23/AFC a pris le contrôle de Walikale-Centre, chef-lieu du territoire portant le même nom au Nord-Kivu, après de violents affrontements avec les Forces armées de la RDC (FARDC) et les Wazalendo, ce mercredi 19 mars 2025. Les combats ont été intenses, suscitant des inquiétudes quant à un bilan potentiellement lourd. La situation demeure tendue dans la région.
Cette information est confirmée par plusieurs sources locales concordantes et minutieusement recoupées.
Selon ces dernières, les combats ont débuté à Ngora et Mubanda, des entités situées respectivement à 12 et 4 km de Walikale. Les mêmes sources rapportent que les rebelles se sont scindés en deux groupes : l’un s’est affronté aux Wazalendo à Kembe et Kigoma, tandis que l’autre a progressé jusqu’à Ngora, avant d’atteindre Mubanda et d’entrer dans Walikale-Centre.
Dans la soirée, les tirs d’armes lourdes ont cessé dans la cité, bien que quelques détonations sporadiques aient été signalées. La majorité des habitants a fui en direction des axes Kisangani et Hombo.
L’occupation de Walikale par l’AFC/M23 lui confère un contrôle stratégique sur la RN3, un axe clé reliant les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de la Tshopo et du Maniema.
Il est important de rappeler qu’avant la chute de Walikale, dans la matinée du même mercredi, les FARDC avaient tenu un meeting au rond-point de Walikale-Centre, appelant les habitants ayant fui à regagner leurs maisons.
Par ailleurs, des sources militaires indiquent que le général Muhindozi Muyisa Constantin a officiellement pris, mardi, les rênes de la 34ᵉ région militaire, récemment délocalisée de Goma à Walikale, face à l’intensification de la menace du M23-RDF.
Cedrick Sadiki Mbala
Actualité
A Kampala, des experts plaident pour une paix “ancrée localement” en RDC face aux limites des accords internationaux
La 9ème édition de la Conférence de géopolitique de Kampala (KGC2026), tenue les 15 et 16 avril 2026 à l’Université Makerere en Ouganda, a pris fin ce jeudi sur un panel consacré à la situation en République démocratique du Congo.
Intitulé « Paix empruntée, ressources hypothéquées : le dilemme de souveraineté de la RDC et les perspectives de paix durable entre le cadre de Doha et l’accord de Washington », le panel 4 a réuni plusieurs spécialistes autour des défis que représentent les actuels processus de négociation pour la stabilisation du pays.
Le professeur Kasaijja Phillip Apuuli a souligné les limites des modèles standardisés d’accords de paix, rappelant que des solutions durables nécessitent une appropriation locale plus forte. « Les accords dont le processus n’est pas possédé nativement ne suscitent pas d’engagement », a-t-il observé, plaidant pour une implication directe des populations congolaises dans la conception des mécanismes de sortie de crise.
Asuman Bisika a pour sa part abordé la question de la souveraineté comme un espace en constante négociation, notamment face aux enjeux liés à la gestion des ressources naturelles. La professeure Zahara Nampewo a quant à elle interrogé la capacité de la RDC à mettre en œuvre des accords dans des cadres aussi complexes que Doha et Washington, au regard des contraintes politiques, économiques et géographiques propres au pays.
Les intervenants ont également replacé la crise congolaise dans son contexte historique long, depuis les années 1960 jusqu’aux tensions actuelles dans l’est du pays.
Au terme des échanges, les panélistes ont convergé vers la nécessité d’un ancrage africain plus affirmé dans les processus de paix, afin d’en garantir la durabilité et l’appropriation par les parties prenantes locales.
