Culture
Groupe « SALONGO » : Le théâtre kinois qui a marqué l’histoire culturelle de la RDC
Fondé en 1975 par le réalisateur visionnaire Tshitenge Nsana, le groupe SALONGO demeure une référence incontournable dans l’histoire du théâtre congolais. Bien plus qu’une simple troupe, il a incarné l’âme d’une époque et marqué de son empreinte la mémoire collective du peuple congolais.

Diffusé chaque jeudi à 22 heures sur la RTNC, le programme SALONGO était attendu comme un véritable rendez-vous familial. Dès les premières notes de la célèbre chanson « Laisse tomber » de Frank Lassan Fariala (aujourd’hui disparu), les téléspectateurs savaient qu’ils allaient plonger dans un univers mêlant humour, critique sociale et émotion.
Une pépinière de talents
SALONGO a révélé au grand public une pléiade de comédiens dont la créativité, le charisme et le jeu de scène ont inspiré des générations entières.

Parmi eux, on peut citer : mama Nzita, Sonzo, Masumu Debrindet, Lipati, Esengo, Molayi, Ngadiadia Ngadios, Masasi Kabamba, Kingo Mwambe ( décédée en 1983), Monoko (1989), Mopepe (1990), Ebale Mondial (1990), Inga (1995), Monzele (2001), Luzubu Doudou (2007) et tant d’autres.
Une œuvre culturelle et sociale

Au-delà du divertissement, SALONGO a été un miroir tendu à la société congolaise. À travers des sketchs et des pièces souvent drôles mais toujours porteurs de sens, le groupe abordait des thématiques profondes : les contradictions sociales, les travers politiques, la vie familiale, ou encore les espoirs et désillusions de toute une génération. Chaque épisode, sous des allures légères, portait un message.
Un héritage vivant

Aujourd’hui encore, SALONGO reste dans les mémoires comme un monument vivant de la culture congolaise. Ses archives télévisées, ses répliques cultes et ses figures emblématiques continuent d’inspirer les artistes, dramaturges et comédiens de la nouvelle génération. Le nom même de SALONGO évoque pour beaucoup de Congolais une époque dorée du théâtre national, où la création était à la fois un acte d’art et un acte de résistance culturelle.
Tchèques Bukasa
Culture
MeYaBe 2026 : entre nature et amour, Vialuni et Jacques Bana Yanga captivent la première soirée
La 15ᵉ édition du Festival international de danse MeYaBe a officiellement lancé ses activités vendredi 17 avril 2026 à l’École belge, dans la commune de la Gombe, à travers une première soirée marquée par l’émotion, la créativité et la puissance du message porté par la danse. Dès 18h30, le public, composé d’invités, d’amoureux des arts vivants et de plusieurs enfants venus notamment de l’orphelinat de Limete, a répondu présent pour célébrer l’ouverture de ce grand rendez-vous culturel.
Pour cette première escale, cinq compagnies ont défilé sur scène avec des créations aussi riches qu’inspirantes : la Compagnie VIALUNI avec “La Performance Agricole”, la Compagnie Jacques Bana Yanga avec “Bolingo Etoboka”, les 5 Étoiles de la danse acrobatique avec “Tobina”, WAKANDA Dance avec “Les biens face au mal”, ainsi que le Ballet NKULI avec “Mupepe ya Sika”. Chaque prestation a porté un message fort, confirmant une fois de plus que la danse dépasse le simple cadre du spectacle pour devenir un véritable langage artistique et social.
La prestation de la Compagnie VIALUNI, portée notamment par Michel Marcucci et Sandrine, a particulièrement retenu l’attention du public. À travers La Performance Agricole, les artistes ont choisi de mettre en lumière la nature, l’environnement et tout ce qui nourrit la vie au quotidien. Entourés d’éléments symboliques rappelant les fleurs, la terre et l’univers végétal, les danseurs ont voulu transmettre un message centré sur ce que l’homme consomme chaque jour et sur le lien vital qui l’unit à la nature. Eau, terre, environnement, amour et soin de la vie : autant de dimensions évoquées à travers les mouvements du corps.
À l’issue de leur prestation, Michel Marcucci a salué la qualité des autres spectacles présentés au cours de la soirée. Elle a particulièrement mis en avant l’énergie des jeunes danseurs congolais, la force des expressions folkloriques ainsi que la richesse des propositions scéniques observées. Pour elle, la jeunesse congolaise dispose d’un véritable potentiel dans le domaine de la danse. Elle n’a pas manqué de féliciter chaleureusement la Compagnie Jacques Bana Yanga, dont la prestation sur l’amour a suscité une vive émotion dans la salle.
Avec “Bolingo Etoboka”, la Compagnie Jacques Bana Yanga a livré une performance profondément humaine. À travers la danse d’un couple, Arnaud Mampuya a expliqué que le spectacle visait à transmettre la réalité de l’amour au quotidien. Selon lui, l’amour n’est pas toujours fait de moments heureux : il connaît des périodes de paix, de tensions, de disputes, de doutes et parfois même l’envie de tout abandonner. Mais malgré les épines, il subsiste toujours un lien qui unit les êtres. Cette idée a été brillamment illustrée sur scène par un couple en proie à la discorde, à la séparation, avant de finalement se retrouver dans une étreinte finale, symbole d’un amour qui résiste aux épreuves.
Cette première soirée donne déjà le ton d’une édition anniversaire qui s’annonce exceptionnelle. Avec 28 spectacles programmés sur plusieurs sites de Kinshasa, MeYaBe 2026 promet au public une immersion artistique intense où la danse devient à la fois miroir de la société, espace d’expression et vecteur de messages universels.
Dorcas Mwavita
