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Grève dans la Santé en RDC : Les syndicats défient le gouvernement et menacent de mobiliser 20.000 agents devant la Primature !

Le bras de fer entre le gouvernement congolais et les syndicats du secteur de la Santé franchit un nouveau cap. À Kinshasa, le Secrétariat général à la Santé publique a été paralysé dès les premières heures du mouvement de grève déclenché ce jeudi 15 octobre 2026.

Sur place, les grévistes ont fermé les bureaux, barricadé l’entrée principale et affiché des messages annonçant le début de leur mouvement. Une mobilisation qui traduit la dégradation du climat social au sein du secteur, après plusieurs tentatives infructueuses de rapprochement entre les représentants des travailleurs et les autorités gouvernementales.

Pour l’Intersyndicale du secteur de la santé, le recours à la grève constitue désormais un moyen de pression destiné à obtenir des réponses concrètes aux revendications formulées depuis plusieurs mois.

L’Intersyndicale accuse le gouvernement de ne pas respecter ses engagements

Présent au Secrétariat général à la Santé publique, le coordonnateur de l’ISS, Jean-Fidèle Boyoo, a directement mis en cause le gouvernement central, qu’il tient pour responsable de l’impasse actuelle.

Selon lui, les organisations syndicales ont respecté les procédures préalables au déclenchement de la grève, sans obtenir les réponses attendues de l’exécutif.

Au cœur du conflit figure notamment la non-application des accords signés et des engagements pris par le gouvernement. Pour les représentants des travailleurs, cette situation a progressivement érodé la confiance entre les deux parties, rendant difficile la poursuite des négociations dans un climat apaisé.

L’Intersyndicale estime que les promesses non concrétisées ne peuvent plus suffire à calmer la colère des agents et cadres du secteur.

Prime de risque, mécanisation et promotions au cœur des revendications

Au-delà du respect des engagements antérieurs, les syndicats réclament des mesures destinées à améliorer les conditions professionnelles et administratives des travailleurs de la santé.

Parmi les principales revendications figurent l’alignement des agents concernés à la prime de risque, la mécanisation des personnels jusque-là non pris en charge dans les dispositifs administratifs et budgétaires, ainsi que les promotions en grade.

L’ISS plaide également pour la création d’une Fonction publique hospitalière, qu’elle considère comme un cadre mieux adapté aux particularités du secteur. Cette réforme permettrait, selon les revendications syndicales, de mieux organiser la gestion des carrières et de tenir compte des réalités propres aux établissements de santé.

Autre grief soulevé par Jean-Fidèle Boyoo : le manque d’implication des représentants des travailleurs dans le processus de mise en œuvre de la Couverture santé universelle. Une situation que l’Intersyndicale juge préoccupante, compte tenu du rôle des professionnels et des administratifs dans le fonctionnement du système sanitaire.

Les usagers risquent également de subir les conséquences

Dès le premier jour de la grève, la paralysie de l’administration de la Santé publique a commencé à affecter les démarches des usagers.

Jean-Marie Shimatu, assistant social chargé du suivi des recommandations médicales auprès du Secrétariat général aux Affaires sociales, en a fait l’expérience en se présentant avec un courrier à déposer. Il s’est retrouvé confronté à l’arrêt des services.

Cette situation illustre les répercussions possibles du conflit sur les citoyens, notamment ceux qui dépendent des services administratifs pour le suivi de leurs dossiers.

L’impact sur les prestations hospitalières reste toutefois à préciser, les perturbations administratives ne signifiant pas nécessairement un arrêt uniforme de toutes les activités médicales. Dans un secteur où la continuité des soins demeure essentielle, l’évolution du mouvement et les éventuelles mesures de service minimum seront déterminantes.

Jean-Marie Shimatu appelle ainsi les autorités compétentes à privilégier le dialogue social afin de trouver rapidement une issue à cette crise, qui pénalise aussi bien les travailleurs que les usagers des services publics.

Plus de 20.000 agents annoncés devant la Primature le 4 novembre

Loin de se limiter à cette première journée de mobilisation, l’Intersyndicale entend maintenir la pression sur les autorités. Elle annonce notamment un sit-in devant la Primature le 4 novembre prochain.

Selon Jean-Fidèle Boyoo, cette manifestation devrait réunir plus de 20 000 agents et cadres du secteur de la santé venus exprimer leur mécontentement et exiger la prise en compte de leurs revendications.

Les structures syndicales préviennent que la levée de la grève reste conditionnée à une réponse favorable à leurs principales exigences. Elles sollicitent également l’implication personnelle du président de la République pour faciliter le dénouement de cette crise.

Le gouvernement face à l’urgence d’une sortie de crise

Cette mobilisation place les autorités devant un double impératif : répondre aux préoccupations professionnelles et administratives des agents tout en préservant le fonctionnement des services publics de santé.

La recherche d’un compromis suppose des engagements précis, un calendrier de mise en œuvre crédible et un mécanisme de suivi permettant aux deux parties d’évaluer les avancées obtenues.

En attendant une éventuelle reprise des discussions, le bras de fer reste engagé. L’enjeu dépasse désormais les seuls rapports entre le gouvernement et les syndicats : il concerne aussi la continuité des services sanitaires et la confiance des citoyens dans les institutions publiques.

La capacité des autorités à renouer le dialogue et à apporter des réponses concrètes aux revendications déterminera la suite de cette crise sociale.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

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