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Grand Nord sous tension : la Synergie des Wazalendo dresse son bilan, revendique ses succès et alerte sur ses défis opérationnels
La Synergie des Wazalendo Front Grand-Nord (SFGN) a tenu, le 17 novembre 2025, un point de presse consacré à l’évaluation de ses opérations militaires dans les territoires de Beni et de Lubero. Dans cette région meurtrie par « 3 décennies de guerre d’agression et de terrorisme sans précédent », le mouvement affirme poursuivre sans relâche ses offensives contre les groupes armés ADF/MTM et M23/RDF, qu’il désigne comme les principaux foyers d’insécurité dans le Grand Nord du Nord-Kivu.
Placée sous l’autorité du général-major Kambale Mayani Germain, la SFGN insiste sur la discipline et la détermination de ses troupes. Selon ses responsables, les éléments VDP/Wazalendo « se comportent très bien » sur l’ensemble des lignes de front, notamment dans les secteurs de Bapere, Batangi et Baswagha. Entre le 27 octobre et le 14 novembre, la Synergie dit avoir mené plusieurs opérations significatives, allant d’affrontements à Mangurejipa à des combats contre le M23 dans le groupement Musindi. Dans ce dernier théâtre d’opérations, elle affirme avoir neutralisé quatre combattants M23 et capturé sept autres, remis ensuite aux autorités militaires.
Le point de presse a également révélé la reddition de quatre anciens militaires des FARDC à Kasugho, ainsi que la découverte d’un site macabre à Guado, où reposaient des corps abandonnés attribués aux ADF. L’organisation dit avoir dépêché ses combattants, appuyés par la Croix-Rouge, afin de procéder à l’inhumation, évoquant un risque sanitaire pour les populations riveraines. À Maïba, plusieurs ADF auraient été tués lors d’une opération qui a également permis la saisie d’importants équipements logistiques, dont des munitions et une bombe.
Revenant sur l’attaque meurtrière de Biambwe, survenue dans la nuit du 14 au 15 novembre, la Synergie soutient que « c’est grâce à notre intervention que les dégâts ont été limités », assurant poursuivre les assaillants en fuite dans plusieurs villages voisins. Elle rejette toutefois toute implication dans la criminalité urbaine, rappelant que « tout individu porteur d’une arme ne peut être assimilé à un combattant du Front Grand-Nord ». L’organisation met en garde contre les usurpations d’identité et annonce des poursuites contre quiconque se ferait passer pour un VDP. Elle condamne également l’assassinat d’une étudiante à Musimba, qu’elle attribue à un individu se présentant comme « Muzalendo Mayi-Mayi ».
La SFGN dit saluer la reconnaissance officielle des Wazalendo par le président Félix Tshisekedi, mais évoque de sérieuses difficultés opérationnelles : insuffisance logistique, manque de soins, absence de moyens de communication et contraintes liées à l’évacuation des blessés. Elle déplore par ailleurs les malentendus persistants entre les FARDC, l’UPDF et les VDP, qu’elle estime préjudiciables à l’efficacité des opérations conjointes.
Réaffirmant sa détermination à poursuivre les combats jusqu’à ce que « le système des agresseurs ADF et terroristes M23 soit totalement dissous », la Synergie met en garde contre la ruse de l’ennemi, qui chercherait, selon elle, à semer la confusion au sein des communautés locales.
Dans un paysage conflictuel où alliances, discours et opérations évoluent au gré des offensives, la Synergie Front Grand-Nord tente de se présenter comme une force disciplinée, structurée et indispensable. Mais derrière les bilans, les alertes et les revendications demeure une question essentielle : alors que chaque acteur affirme protéger la population, combien de temps faudra-t-il encore pour que la paix, la vraie, se fraye enfin un chemin jusqu’au Grand Nord ?
Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET
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Leadership féminin et Sport : Le parcours inspirant de Solange Masumbuko Nyenyezi
Ancienne députée nationale et figure engagée dans la promotion du sport en RD Congo, Solange Masumbuko Nyenyezi s’est progressivement imposée comme l’une des voix féminines influentes dans la gouvernance sportive. Son parcours mêle engagement politique, leadership féminin et implication active dans les structures de gestion du football national.
Actuellement élue membre du comité exécutif de la Fédération Congolaise de Football Association ( FECOFA), Solange Masumbuko Nyenyezi participe à l’encadrement et à l’orientation du championnat national de football. Sa présence au sein de cette instance témoigne de sa volonté de contribuer à la modernisation du sport congolais, particulièrement dans un secteur longtemps dominé par les hommes.
Entre 2018 et 2023, elle a également occupé les fonctions de rapporteur du caucus des députés sportifs à l’Assemblée nationale. À travers cette responsabilité, elle s’est investie dans la défense des intérêts du sport congolais au sein de l’hémicycle, plaidant notamment pour une meilleure prise en charge des athlètes, des infrastructures sportives et de la jeunesse.
Son engagement dépasse le cadre institutionnel national. Depuis 2019, Solange Masumbuko Nyenyezi est ambassadrice du sport et du leadership féminin au sein de l’ADEAC. Dans ce rôle, elle œuvre pour la promotion de la femme dans les milieux sportifs et encourage l’émergence d’un leadership féminin capable d’influencer positivement la gouvernance sportive en Afrique.
À travers son parcours, Solange Masumbuko Nyenyezi incarne une génération de femmes congolaises déterminées à faire du sport un véritable levier de développement, d’éducation et de cohésion sociale. Son implication continue dans les instances sportives et son plaidoyer pour la valorisation des femmes dans le sport renforcent son image d’actrice engagée pour l’avenir du football et du sport congolais en général.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
