Actualité
Grand Katanga : Kolwezi abrite un séminaire-atelier budgétaire
Le vice-ministre chargé du Budget, Félix Momat, a ouvert, le lundi 24 août 2020 à Kolwezi, chef-lieu de la province du Lualaba, un séminaire-atelier budgétaire qui ne concernent que les quatre provinces issues du grand Katanga. Il s’agit notamment de Haut-Katanga, Lomami, Tanganyika et Lualaba.
La raison d’être de ce séminaire-atelier budgétaire de trois jours est d’aider les provinces concernées à mieux élaborer les prévisions budgétaires 2021, en cohérence avec le programme d’actions du gouvernement central.
Dans son mot d’ouverture, Félix Momat a, en présence de plusieurs autorités politico-administratives et experts venus de quatre provinces, rappelé la nécessité et l’importance de ces assises. Il a ensuite précisé que tous les gouvernements provinciaux devront continuer à fonctionner, chacun, avec un budget conformément aux dispositions utiles de la Constitution du pays, à la loi des Finances publiques, ainsi qu’à la note circulaire du ministère du Budget. Ceci, suite aux effets collatéraux dus à la crise financière créée par l’apparition de la pandémie à Coronavirus.
« Nous sommes sans ignorer que l’inspection générale de finances est à nouveau à pied d’œuvre dans notre pays. Dans ce contexte, il est très important de nous rafraichir sur beaucoup de notions, notamment, la passation, le contrôle et l’exécution des marchés publics, la gestion de la paie des agents et fonctionnaires de l’État en province, la problématique de la rétrocession du gouvernement central aux provinces et aux entités territoriales décentralisées », a indiqué le vice-ministre du Budget.
Félix Momat a par ailleurs rappelé aux membres des gouvernements provinciaux participants à ces assises, à transmettre, pertinemment dans le délai légal, les projets d’édits budgétaires et des décisions budgétaires auprès des organes délibérants respectifs, afin d’assurer la synergie horizontale et verticale entre, d’une part, le pouvoir central, et d’autre part, les provinces.
Le vice-ministre a également insisté sur l’élaboration du cadre des dépenses en moyen terme par les gouvernements provinciaux et les entités territoriales décentralisées, dans le respect du cadre budgétaire à moyen terme et du cadre macro économique tel que décrit par la lettre d’orientation du chef du gouvernement.
Rappelons que ces travaux de trois jours vont faciliter la poursuite logique de la campagne de nettoyage du fichier de la paie des agents et fonctionnaires de l’État en provinces, vu que pour les participants, cet atelier est considéré comme un cadre par excellence pour des discussions objectives autour des grandes orientations de la politique publique envisagée par le gouvernement congolais pour l’année 2021.
Gédéon Elonga/CONGOPROFOND.NET
Politique
Guillaume Ngefa Atondoko à Pékin : la justice congolaise s’arrime au réel et à l’excellence des standards internationaux
Dès son premier échange au Parquet populaire suprême de Chine, Guillaume Ngefa Atondoko Andali a posé un acte politique et doctrinal fort : celui d’un Garde des Sceaux pour qui la justice n’est ni une abstraction kinoise, ni un simple instrument régalien, mais la véritable colonne vertébrale d’un partenariat international apaisé.
Face au vice-procureur général Tong Jianming, le Ministre d’État congolais a démontré une vision percutante et décomplexée du rôle de son ministère. Là où d’autres se contenteraient de protocoles compassés, il a su imposer l’idée que la souveraineté judiciaire est le pré-requis indispensable à une relation économique durable en liant directement la lutte contre la corruption et la sécurisation des contentieux à la pérennité des investissements chinois.
Guillaume Ngefa redéfinit le partenariat institutionnel : il ne s’agit plus seulement de signer des contrats miniers, mais de construire un État de droit capable de garantir ces contrats dans la durée. C’est cette approche globale, où le droit devient le socle de la confiance mutuelle, qui marque un tournant stratégique dans la diplomatie bilatérale vieille de cinquante ans. Mais la force du propos du Ministre Ngefa réside surtout dans sa capacité à faire dialoguer l’ancrage territorial le plus concret avec l’ouverture la plus résolue sur le monde.
Son action à la tête de la Justice ne se lit pas uniquement dans les palais de marbre de Pékin ; elle se mesure d’abord dans les prétoires des chefs-lieux de province et dans la numérisation naissante des greffes de l’intérieur du pays. En venant chercher en Chine l’expertise sur la gestion massive des dossiers (830 000 avocats chinois sont un défi organisationnel autant qu’une source d’inspiration), il démontre une humilité intellectuelle précieuse : apprendre de ce qui marche ailleurs pour l’adapter au maillage complexe du territoire congolais.
La création récente du tribunal économique et financier ou l’examen des lois sur les conflits d’intérêts à Kinshasa prennent tout leur sens lorsqu’ils sont éclairés par l’expérience chinoise de digitalisation. Cette union entre la “main du terrain” et le “regard du large” est la marque d’un homme d’État pragmatique, qui sait que l’efficacité d’une réforme judiciaire se joue autant dans la célérité d’une procédure au fin fond de l’Équateur que dans la signature d’un traité d’extradition à l’autre bout du monde.
Enfin, cette visite à Pékin consacre une méthode de gouvernance aussi discrète que redoutablement efficace. Là où la coopération sino-congolaise fut longtemps perçue comme un simple corridor commercial, Guillaume Ngefa Atondoko y imprime la marque d’un partenariat institutionnel mature et équilibré. En discutant de “courtoisie judiciaire” avec les plus hautes instances du Parti et du Barreau chinois, il arrache le dialogue juridique à la seule gestion des cas consulaires pour l’élever au rang d’échange structurant entre nations souveraines.
L’éloge qu’il convient de lui adresser est celui de la cohérence : il ne prône pas l’ouverture pour l’ouverture, mais une internationalisation ciblée qui vient nourrir la machine judiciaire nationale et la rendre plus proche du citoyen. En quittant Pékin avec la promesse de traités d’extradition et un modèle de rapprochement des barreaux, le Garde des Sceaux rappelle avec force que la justice congolaise n’entend plus subir la mondialisation, mais bien la négocier et s’y outiller pour mieux rayonner depuis les provinces jusqu’à la scène internationale.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
