Provinces
Grand Équateur : Les ministres provinciaux de la pêche et de l’élevage plaident pour une relance intégrée du secteur auprès du gouvernement central
En marge des travaux préparatoires de la 13ᵉ session de la Conférence des gouverneurs, les ministres provinciaux de la Pêche et de l’Élevage des provinces issues du Grand Équateur( Nord-Ubangi, Sud-Ubangi, Équateur, Mongala et Tshuapa) ont profité de leur présence à Kinshasa, ce jeudi 4 décembre 2025, pour présenter officiellement les priorités et difficultés de leurs administrations au ministre national en charge du secteur, Jean-Pierre Tshimanga Buana.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de concertation accrue visant à renforcer la gouvernance sectorielle et à accélérer le développement socio-économique de la cuvette centrale congolaise.
*Des provinces riches en ressources, mais freinées par de lourds défis structurels*
Chef de la délégation, le ministre provincial Poko Bokanga (Équateur) a rappelé que les provinces issues du démembrement du Grand Équateur figurent parmi les plus riches du pays en ressources halieutiques et en potentiel animal. Les bassins de l’Ubangi, du Congo, du Maringa-Lopori et de la Tshuapa offrent une abondance de poissons, tandis que les immenses espaces forestiers et savanicoles permettent un élevage extensif ou semi-intensif prometteur.
Mais ce potentiel demeure insuffisamment exploité. Les ministres provinciaux ont dressé un tableau préoccupant : conditions de vie difficiles pour les pêcheurs, dégradation avancée des pistes rurales, absence ou vétusté des équipements, capacités de conservation très faibles, manque d’infrastructures de transformation et impossibilité d’alimenter de manière régulière les grands centres urbains comme Kinshasa, où la demande en produits halieutiques et carnés ne cesse de s’accroître.
Face à ces défis, ils sollicitent un appui renforcé du niveau central, notamment en matière de financement, de logistique sectorielle et de renforcement des capacités.
*Un engagement réaffirmé du gouvernement central*
Le ministre Jean-Pierre Tshimanga Buana, attentif aux préoccupations exprimées, a rappelé que son action s’inscrit dans la vision du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui érige la pêche et l’élevage en piliers majeurs de création de richesses, de lutte contre l’insécurité alimentaire et de réduction du chômage rural.
Le ministre Darly Mboka Ngumbala (Sud-Ubangi) a, quant à lui, mis en avant la nécessité de moderniser les chaînes de production, d’améliorer l’encadrement des pêcheurs artisanaux, de soutenir les groupements d’éleveurs et de canaliser des investissements structurants vers des provinces souvent enclavées.
L’objectif : transformer ces secteurs en véritables moteurs de croissance, capables de renforcer l’autosuffisance alimentaire du pays.
*Des actions déjà programmées dans le budget 2026*
Jean-Pierre Tshimanga Buana a rassuré les ministres provinciaux : plusieurs de leurs demandes figurent déjà dans le budget national 2026. Parmi les actions prioritaires :
– La poursuite de la distribution nationale de matériels et intrants de pêche : filets, pirogues, moteurs hors-bord, kits de fumage, équipements de conservation à froid… autant d’outils destinés à dynamiser la production artisanale.
– L’extension de la campagne de vaccination animale contre les principales zoonoses, dont la peste des petits ruminants, la dermatose nodulaire contagieuse et la rage. Cette opération, déjà amorcée ailleurs, sera déployée dès 2026 dans l’ensemble du Grand Équateur afin de renforcer la sécurité sanitaire animale.
*Vers une gouvernance sectorielle plus intégrée*
La rencontre a été saluée comme une avancée majeure vers une gestion plus coordonnée et plus efficace du secteur. Les ministres provinciaux espèrent que l’engagement du gouvernement central contribuera à désenclaver les filières de production, à soutenir les coopératives locales et à impulser une relance durable de l’économie halieutique et animale dans tout le Grand Équateur.
Blaise ABITA ETAMBE / CONGO PROFOND.NET
Actualité
Kayna en alerte : Une mystérieuse épidémie décime chèvres, volailles et espoirs des éleveurs
La zone de santé de Kayna fait face à une épidémie préoccupante qui touche les petits bétails, notamment les chèvres et les poules, ainsi que quelques vaches. Selon les éleveurs locaux, les premiers cas ont été signalés dès le mois de janvier 2026, avant de se propager rapidement dans plusieurs communes et villages de la région.

Des symptômes alarmants et une issue fatale
La maladie se manifeste généralement par des symptômes tels que le rhume, la diarrhée et une faiblesse généralisée des animaux. Après environ une semaine d’observation, la plupart des bêtes succombent malgré les tentatives de prise en charge. Cette évolution rapide inquiète fortement les éleveurs, démunis face à l’ampleur du phénomène.
Des tentatives de traitement sans succès
Malgré les efforts des éleveurs pour administrer des traitements, les résultats restent sans effet. Même les interventions vétérinaires, notamment les campagnes de vaccination, n’ont pas permis d’enrayer la mortalité des animaux, laissant planer le doute sur la nature exacte de cette maladie.
Un coup dur pour les ménages ruraux
Pour de nombreuses familles, l’élevage constitue une source essentielle de revenus et un pilier des projets de vie. Aujourd’hui, cette épidémie met en péril leur stabilité économique. Certains éleveurs, qui comptaient sur leurs bêtes pour financer des événements importants comme les dots ou les cérémonies familiales, se retrouvent dans l’incapacité de concrétiser leurs projets.
Un appel à une intervention urgente
Face à cette situation dramatique, les éleveurs de Kayna lancent un appel pressant aux autorités compétentes et aux services vétérinaires pour une intervention rapide et efficace. Ils espèrent des analyses approfondies et des solutions adaptées afin de stopper cette hécatombe et préserver leurs moyens de subsistance.
Sadrack Bihamba/CONGOPROFOND.NET
