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Grâce Kutino et la farce patriotique d’un héritage familial, pas une compétence

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La nomination de Grâce Kutino, fille du célèbre pasteur Kutino Fernando, à la tête du ministère de la Jeunesse et de l’Éveil Patriotique, est une insulte à l’intelligence des citoyens. Sous couvert de « redynamisation de la jeunesse », le pouvoir offre en réalité un strapontin à une héritière sans légitimité, dans un mépris total du mérite et de la compétence.

Cette décision, aussi scandaleuse que prévisible, illustre la mécanique bien huilée d’un système où le népotisme se pare des oripeaux de la spiritualité et du patriotisme. Grâce Kutino, jusqu’ici discrète dans l’espace public, n’a aucun parcours probant justifiant sa soudaine élévation. Aucune expérience avérée dans l’animation jeunesse, aucune contribution marquante à la cause patriotique, aucun projet social d’envergure.

Son seul mérite ? Être la fille d’un pasteur influent, proche des cercles du pouvoir. Le pasteur Kutino Fernando, figure médiatique du christianisme local, a longtemps bâti son empire sur un mélange de foi et de réseaux politiques. Sa proximité avec l’exécutif n’est un secret pour personne. En plaçant sa progéniture à un poste clé, le régime s’assure une allégeance supplémentaire, tout en gratifiant un soutien religieux utile face à l’église catholique.

Prêcher à l’école du dimanche ou à l’église de son paternel ne peut pas être un mérite pour diriger le ministère de la jeunesse et de l’éveil patriotique. Après le naufrage Noella Ayeganagato en pleine guerre d’occupation rwandaise d’une grande partie du Nord et Sud-Kivu, devenue vice-ministre des Affaires étrangères et Coopération internationale, le ministère de la jeunesse et éveil patriotique ne peut pas demeurer une sinécure pour privilégiés.

Ce ministère, théoriquement dédié à l’encadrement et à l’émancipation des jeunes, est depuis des années un vivier de nominations clientélistes. Loin des enjeux réels – chômage massif, désœuvrement, manque de formation –, il sert de tremplin à des favoris dont le seul projet est de perpétuer la docilité de la jeunesse. La nomination de Grâce Kutino s’inscrit dans cette logique : il ne s’agit pas de servir, mais d’être servie.

Quel meilleur symbole que de confier l’éveil patriotique à une héritière dont le patriotisme se résume à une ascendance bien connectée ? La jeunesse congolaise mérite mieux qu’un simulacre. Les défis auxquels font face les jeunes sont colossaux : un taux de chômage frôlant les 60% dans certaines tranches d’âge (Banque mondiale, 2023), un système éducatif déliquescent, où les diplômes ne valent plus grand-chose.

Et une émigration massive vers l’Europe ou les pays voisins, signe d’un désespoir profond. Au lieu de nommer des experts, des entrepreneurs sociaux ou des leaders associatifs éprouvés, on choisit la facilité, le copinage avec le milieu pastoral. Après les critiques sur l’église Philadelphie, on élargit le spectre à d’autres églises dites de réveil. Comment croire que Grâce Kutino, parachutée sans légitimité, pourra impulser une dynamique nouvelle ?

Cette nomination est aussi le reflet d’une stratégie plus large : l’instrumentalisation du religieux à des fins politiques. En associant une figure issue du sérail évangélique à un ministère « patriotique », le pouvoir envoie un message clair : la loyauté prime sur la compétence, et la bénédiction spirituelle vaut caution morale. Le pasteur Kutino Fernando, dont les sermons anti-Kabila flirtent souvent avec un soutien implicite au régime, obtient ainsi une belle contrepartie.

Un jeu dangereux, où Église et État s’entremêlent pour mieux étouffer toute velléité de critique. Le cynisme d’un système qui se moque du peuple. Cette nomination n’est pas une erreur, mais une provocation. Elle prouve que pour l’élite, la jeunesse n’est qu’une variable d’ajustement, un réservoir de voix à manipuler lors des élections. Pendant que certains crèvent de faim, d’autres héritent de postes ministériels comme on hérite d’une maison de vacances.

Et pendant que l’on prêche l’éveil patriotique, le vrai message est : « Reste à ta place, la réussite est une question de réseaux, pas de mérite. » La farce doit cesser. Grâce Kutino n’est qu’un symptôme. Le vrai mal, c’est ce système qui recycle les mêmes logiques de privilèges en se cachant derrière le spiritualisme et le pseudo-patriotisme. La jeunesse mérite des leaders crédibles, pas des héritièr(e)s imposé(e)s.

Jusqu’à quand acceptera-t-on cette mascarade ? Un pays qui confie sa jeunesse à des favoris est un pays qui se suicide à petit feu.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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« La RDC peut devenir un pays émergent d’ici 2040 » : Tony Bolamba lance l’ACER et dévoile son ambitieux projet de société

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Réuni ce samedi 30 mai au ShowBuzz, dans la commune de Ngaliema, devant une marée de militants arborant les couleurs de l’Alliance Citoyenne pour l’Espérance de la République (ACER), son président national, Tony Bolamba, a officiellement lancé les activités de sa formation politique. À cette occasion, il a présenté les grandes lignes d’un projet de société qu’il veut porteur d’espoir pour la République démocratique du Congo, avec un objectif affiché : faire de la RDC un pays émergent à l’horizon 2040.

Un plaidoyer pour une transformation profonde de l’économie congolaise

Développant le deuxième axe de son programme politique consacré au développement et à la croissance économique, Tony Bolamba a dressé un constat critique du modèle économique actuel, qu’il juge insuffisant pour assurer un véritable décollage du pays.

Selon lui, la RDC doit impérativement rompre avec une économie largement dépendante de l’exportation des matières premières brutes et de l’importation massive des produits manufacturés.

« Le parti ACER travaillera à sortir la RDC des réformes faibles dans lesquelles elle végète depuis plusieurs années et qui se traduisent notamment par la production et l’exploitation massives des matières premières brutes ainsi que par l’importation et la consommation de produits manufacturés de toutes sortes », a-t-il déclaré sous les applaudissements de ses partisans.

L’ambition d’un Congo émergent en 2040

Pour le leader de l’ACER, l’émergence de la RDC n’est pas une utopie mais un objectif réalisable à condition de mettre en place des politiques publiques cohérentes et adaptées aux réalités nationales.

Tony Bolamba a ainsi défendu la vision d’un Congo plus compétitif et plus influent, capable de s’appuyer sur ses immenses ressources naturelles et humaines pour bâtir une économie forte et diversifiée.

« Le parti ACER travaillera à faire de la RDC un pays émergent d’ici 2040. C’est possible. Nous voulons un Congo pertinent dans ses politiques économiques, environnementales, agricoles, énergétiques, industrielles, militaires et diplomatiques, capable de créer des emplois et de répondre aux attentes de sa population », a-t-il soutenu.

Justice sociale, mérite et solidarité au cœur du projet

Abordant le troisième axe de son programme, consacré à la solidarité nationale et à l’amélioration des conditions de vie des Congolais, le président de l’ACER a insisté sur la nécessité d’un partage plus équitable des richesses produites par le pays.

Pour Tony Bolamba, la croissance économique ne peut être considérée comme une réussite que si elle bénéficie à l’ensemble de la population. Il a ainsi promis de promouvoir la culture du mérite, de renforcer les mécanismes de solidarité nationale et d’approfondir la politique de décentralisation afin de rapprocher davantage le développement des communautés locales.

Une entrée remarquée sur la scène politique

Cette sortie officielle marque une étape importante pour l’Alliance Citoyenne pour l’Espérance de la République. À travers ce lancement, Tony Bolamba entend positionner l’ACER comme une nouvelle force politique porteuse d’une vision de transformation économique, institutionnelle et sociale, avec l’ambition de contribuer à l’émergence de la RDC dans les quinze prochaines années.

Exaucé Kaya

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