Actualité
Goma : les journalistes et influenceurs formés à un traitement responsable de l’information pour la paix au Nord-Kivu
Du 15 au 17 avril 2025, une vingtaine de journalistes et d’influenceurs ont participé à une formation intensive au Centre de formation pédagogique Rudolph, à Goma. Organisée par le Club RFI (branche humanitaire), dans le cadre du projet “Youth Leading the Way for Peace in North-Kivu”, cette session visait à renforcer les capacités des acteurs médiatiques sur le traitement éthique de l’information dans un contexte de conflit.
Les modules abordés ont couvert trois thématiques clés, notamment le peacebuilding : initiation aux fondamentaux de la consolidation de la paix, animée par Eddy Byamungu, expert en résolution de conflits ; la lutte contre la désinformation et les discours de haine, facilitée par David Kalenda, expert en communication ; ainsi que le rôle des médias dans la prévention des conflits, développé par Tuver Wundi, directeur provincial de la RTNC/Nord-Kivu et expert en communication également.
D’entrée de jeu, Eddy Byamungu a mis en lumière le rôle critique des journalistes et créateurs de contenu dans les sociétés fragiles, soulignant que l’information peut devenir un levier de paix ou un vecteur de division, selon sa manière de traitement.
L’un des orateurs, enseignant en sciences de l’information et de la communication, David Kalenda, a insisté sur les effets dévastateurs des fake news et du discours haineux dans une région marquée par la méfiance et l’insécurité. Il a rappelé que le journaliste moderne doit être formé pour reconnaître, dénoncer et contrer la désinformation, tout en respectant les principes éthiques du métier.
Pour clôturer cette session de formation, Tuver Wundi a souligné l’importance d’un journalisme humble, responsable et ancré dans le vécu des communautés. « Les journalistes ne sont pas des héros, mais des témoins lucides, des thérapeutes de la société », a-t-il déclaré, appelant à produire une information qui soigne plutôt que blesse.
En fin de formation, les participants ont salué l’initiative et recommandé sa pérennisation, affirmant leur volonté de s’impliquer davantage comme relais de paix dans leurs communautés.
Cedrick Sadiki Mbala
Politique
États inquiétants des routes dans le Haut-Uele : l’A.Ch Blaise Omunyepa remet en cause la politique provinciale de Jean Bakomito
L’état préoccupant des routes dans le Haut-Uele relance le débat sur la politique des infrastructures menée par le gouverneur Jean Bakomito Gambu. Face à des axes routiers jugés dégradés et peu durables, Blaise Omunyepa, président fédéral de l’Alliance pour le Changement (Haut-Uele 2), critique ouvertement les choix opérés par l’exécutif provincial.

Le gouvernement provincial met pourtant en avant plusieurs travaux de réhabilitation réalisés sur fonds propres, présentés comme un effort pour désenclaver les territoires et faciliter les échanges vers Isiro. Ces initiatives sont perçues par les autorités comme un pas important vers le développement économique de la province.
Mais pour Blaise Omunyepa, l’enjeu ne réside pas dans le nombre de kilomètres réhabilités, mais dans la qualité des infrastructures. Il estime que privilégier des routes en terre, souvent impraticables en saison des pluies, ne répond pas aux besoins réels des populations.

Cette critique rejoint le ressenti de nombreux usagers qui dénoncent la dégradation rapide de certains tronçons à peine aménagés. L’opposant plaide pour une politique axée sur l’asphaltage et des ouvrages durables, capables de soutenir les activités économiques sur le long terme.
Au-delà de l’aspect technique, Blaise Omunyepa soulève aussi la question de la gouvernance et de la gestion des ressources publiques. Un débat de fond s’installe ainsi dans le Haut-Uele : faut-il miser sur la quantité des réalisations ou sur la qualité des infrastructures pour impulser un développement durable ?
Junior Kasamba
