Actualité
Goma : « Lamuka » juge précoce l’euphorie autour de l’Union Sacrée de la Nation
La coalition « Lamuka » n’a pas pris part à la marche de ce samedi 12 décembre à Goma pour soutenir l’Union Sacrée pour la Nation parce qu’elle estime que c’est encore tôt de se réjouir en organisant des marches de soutien alors que le nouveau gouvernement n’est pas encore sorti. Elle recommande plutôt à l’opinion d’observer si le gouvernement qui en sortira sera à la hauteur.
Aussi, se rassurer que le changement tant attendu par la population sera bel et bien effectif, a indiqué le député provincial Kakule Saasita.
A la coalition Lamuka, indique-t-il, on organisera une telle manifestation quand cette nouvelle dynamique commencera d’apporter les solutions aux problèmes du peuple dont l’insécurité à l’Est de la RDC. Toutefois, il les encourage dans leur démarche.
« Ce n’est pas encore aujourd’hui le temps de nous réjouir par les manifestations.Attendons que le gouvernement sorte, que le président Tshisekedi nous présente son programme car celui d’avant est de FCC-CACH. Et nous voulons le voir en action pas dans les mots. Aujourd’hui, la population doit applaudir les actions et non les mots ou le discours et là, elle aura déjà grandi politiquement. Nous n’avons pas voulu dire à la population de marcher parce que nous et Tshiseedi, nous n’avons encore rien fait pour elle, comme aussi Kabila qu’on vient de désillusionner. Nous appelerons la population à manifester lorsque le président matérialisera les mots de son discours en acte pour un vrai changement. Sinon, nous dirons à cette même population de sanctionner celui qui les a trompé », a dit cet élu du territoire de Lubero.
Toutefois, le député provincial Kakule Saasita, les a encouragé dans leur démarche.
Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET
Politique
Assemblée nationale : Sous la conduite de Boji Sangara et Djoli Eseng’Ekeli, le temple des lois retrouve sa rigueur constitutionnelle
En recevant, dans le strict respect des formes républicaines, le rapport annuel de la CENI des mains de Denis Kadima, le tandem Aimé Boji Sangara – Jacques Djoli Eseng’Ekeli a offert ce mardi 14 avril 2026 une magistrale leçon de droit parlementaire. Loin des tumultes et des improvisations du passé, le Palais du Peuple démontre qu’il est redevenu le sanctuaire intangible de la procédure.
Ce mardi 14 avril 2026 restera comme l’illustration éclatante qu’un État de droit se construit d’abord par la stricte observance des gestes prescrits. En recevant officiellement Denis Kadima dans l’antre du bureau de l’Assemblée nationale, le Président Aimé Boji Sangara n’a pas seulement ouvert sa porte ; il a ouvert la session de contrôle parlementaire à l’heure exacte où la loi l’exigeait.
Accompagné du rapporteur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, orfèvre constitutionnel dont la présence suffit à garantir l’orthodoxie juridique du moment, ce binôme a transformé une formalité administrative en une démonstration de force institutionnelle : ici, au Palais du Peuple, on ne badine plus avec le calendrier de la démocratie, et chaque échéance légale est honorée avec une rigueur qui force le respect de tous les acteurs politiques.
Le dépôt des 550 exemplaires du rapport annuel — un par député national, ni un de moins, ni un de trop — incarne à lui seul la révolution procédurale silencieuse en cours. Couvrant la période stratégique d’avril 2025 à mars 2026, ce document n’est pas un simple bilan technique ; c’est la feuille de route authentifiée des prochaines échéances électorales. Dans une tradition où les documents se perdaient parfois dans les couloirs ou n’arrivaient que tronqués dans les mains des élus, la précision mathématique exigée par le Professeur Djoli et orchestrée par le Speaker Boji Sangara envoie un signal limpide : le Parlement ne délibère plus sur des rumeurs, il légifère et contrôle sur pièces.
En remettant matériellement à chaque élu la totalité de l’œuvre de la Centrale Électorale, le duo dirigeant de la Chambre basse élève le débat à venir au rang d’examen rigoureux, là où régnait hier l’à-peu-près. Cette image d’un Parlement respectueux de ses propres règles jusqu’au détail protocolaire est la plus cinglante des réponses aux sceptiques de la gouvernance congolaise. La CENI de Denis Kadima n’a pas été convoquée comme un justiciable à la barre, mais accueillie comme une institution partenaire dans le cadre défini par la Loi fondamentale.
En verrouillant ainsi la procédure, Aimé Boji Sangara et Jacques Djoli Eseng’Ekeli ne protègent pas seulement la majorité ou l’opposition ; ils protègent la République elle-même contre ses vieux démons d’improvisation. Dans une Afrique centrale en quête de repères, le message porté ce 14 avril depuis Kinshasa est d’une clarté assourdissante : quand les hommes de droit sont à la manœuvre, les institutions respirent au rythme serein et inébranlable de la Constitution.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
