À la Une
Goma : interdition formelle de circuler sans cache-nez à partir de ce mercredi !
L’annonce est du ministre provincial des Finances et Mines, faîte ce lundi 10 août à la presse à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu. Il l’a dit après avoir visité certaines écoles, se rassurant du respect des mesures et barrières dans plusieurs établissements scolaires dont les finalistes ont repris les cours ce même lundi 10 août.
Pour David Kamuha Musubao, l’on a constaté que la plupart de la population du Nord-Kivu a confondu la fin de l’Etat d’urgence sanitaire à la fin de la pandémie. D’où le relâchement de ces mesures et barrières par la population.
Pour les faire observer afin de lutter contre cette maladie surtout que la province enregistre, ces derniers temps, une croissance des cas de Covid-19, l’argentier de la province du Nord-Kivu annonce qu’un bouclage de la police commence à partir de ce mercredi 12 août pour arrêter ceux qui ne portent pas de cache-nez.
« Pour essayer de renforcer effectivement les mesures, le gouvernement provincial a pris certaines mesures plus fortes puisque d’ici le mercredi prochain, nous allons organiser le bouclage dans toute la ville, dans toute la province. Désormais, ne pourra être admise à la circulation que la personne qui pourra avoir son masque et bien le porter. Nous allons renforcer le contrôle au niveau des points d’entrée de la ville, au niveau des points chauds, des carrefours pour nous rassurer que dans les bus, dans tous les moyens de transport, les mesures sont respectés », a annoncé David Kamuha Musubao.
Les contrevenants seront amenés au stade les volcans en ce qui concerne la ville de Goma et seront soumis à payer les amendes, a précisé cette autorité.
Selon le dernier bulletin épidémiologique, le Nord-Kivu compte actuellement 446 cas de Covid-19 et donc, vient à la deuxième position après Kinshasa parmi les provinces déjà touchées par cette pandémie.
Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET
À la Une
IA et médias africains : Melba Orlie Nzang Meyo plaide pour la souveraineté des données culturelles
C’est à l’Université Internationale de Libreville Berthe et Jean, le mercredi 21 janvier 2026, que Mme Melba Melba Orlie Nzang Meyo a livré une communication dans le cadre de la Conférence internationale de la presse francophone (Cipref 2026). Au cœur de son intervention : la nécessité urgente de valoriser les données culturelles locales dans l’usage croissant de l’intelligence artificielle par les médias africains.
Face à un auditoire composé de professionnels de l’information, d’universitaires et d’étudiants, la conférencière a mis en garde contre une adoption aveugle des technologies d’IA ( Intelligence Artificielle), souvent conçues et entraînées loin des réalités africaines.

Les données locales, nerf de la guerre de l’intelligence artificielle
Pour Mme Nzang Meyo, la question des données n’est pas accessoire : elle est centrale. « Sans données locales, l’intelligence artificielle appliquée aux médias risque de devenir un instrument d’acculturation plutôt qu’un levier de développement », a-t-elle souligné.
La majorité des modèles d’IA aujourd’hui utilisés dans le monde, qu’il s’agisse de génération de textes, d’images ou d’analyses, sont entraînés sur des bases de données largement dominées par des contenus occidentaux. Une réalité qui pose un problème majeur pour les médias africains soucieux de produire une information ancrée dans leurs contextes nationaux.
Des contenus déconnectés des réalités africaines
Le risque est réel : recourir à une intelligence artificielle non nourrie de données locales peut conduire à la production de contenus historiquement approximatifs, socialement hors-sol ou culturellement inadaptés. Articles de presse, illustrations, analyses ou récits médiatiques peuvent alors refléter des schémas exogènes, éloignés des réalités géographiques, linguistiques et sociopolitiques du Gabon ou d’autres pays africains.
À l’inverse, la valorisation des archives nationales, des productions médiatiques locales et des savoirs endogènes permettrait à l’IA de mieux saisir les nuances du français gabonais, l’usage des langues vernaculaires, ainsi que les subtilités culturelles propres aux sociétés africaines.
Raconter l’Afrique avec ses propres algorithmes

L’enjeu est aussi politique et symbolique. « Si les médias africains ne valorisent pas leurs propres données, ils deviennent dépendants d’algorithmes étrangers pour raconter leur propre histoire », a averti la conférencière. Une dépendance qui pourrait, à terme, fragiliser la souveraineté narrative du continent et uniformiser les récits médiatiques.
Pour Melba Nzang Meyo, il est donc impératif que les rédactions, les institutions culturelles et les États investissent dans la structuration, la numérisation et la protection des données locales, afin que l’intelligence artificielle devienne un outil d’émancipation et non de dilution identitaire.
Qui est Melba Melba Orlie Nzang Meyo ?
Mme Melba Melba Orlie Nzang Meyo est une spécialiste des enjeux numériques et culturels, engagée sur les questions de médias, innovation technologique et valorisation des patrimoines africains. Son travail s’inscrit à la croisée de la communication, de la culture et des nouvelles technologies, avec une attention particulière portée à la souveraineté informationnelle et à la place de l’Afrique dans l’écosystème mondial de l’intelligence artificielle.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
