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Goma, Bukavu, la mémoire et le sang : L’État congolais dévoile l’ampleur des crimes des RDF-M23 le mardi 20 mai au Musée national 

Ce mardi, le Musée national de la République démocratique du Congo, sis sur le boulevard Triomphal, sera le théâtre d’un événement solennel et crucial pour l’histoire contemporaine du pays : la présentation officielle du document d’analyse sur les crimes graves et massifs commis à la prise et à l’occupation de Goma et Bukavu par les RDF-M23, de janvier à avril 2025.

Organisée sous le Haut Patronage du Président de la République, cette cérémonie, pilotée par le Mécanisme National de Suivi de l’Accord-Cadre d’Addis-Abeba, cet événement réunira la crème de l’exécutif et des institutions nationales. Sont annoncés, entre autres, les interventions du ministre de la Justice, du ministre de l’Intérieur, celui des Droits humains ainsi que du président de la Commission nationale des droits de l’homme. La cérémonie culminera avec une allocution du chef de l’État, suivie de la présentation du document par le ministre de la Communication et Médias, et de la projection d’un documentaire.

Un acte politique fort et attendu

Il ne s’agit pas d’un simple rapport technique. L’événement revêt une charge symbolique immense. En rendant publique l’analyse des atrocités commises durant l’occupation de ces deux capitales provinciales par les troupes rwandaises et leurs supplétifs du M23, Kinshasa pose un jalon mémoriel et judiciaire. La date du 20 mai pourrait ainsi devenir un marqueur de la volonté politique de rompre avec les silences complices et les amnésies diplomatiques.

Une parole de vérité face à l’impunité

Cette présentation publique s’inscrit dans un contexte tendu où les pressions régionales et internationales appellent tantôt au dialogue, tantôt à la modération. Pourtant, l’ampleur des crimes commis-massacres de civils, viols systématiques, exécutions sommaires, enlèvements, pillages-impose un devoir de vérité. Refuser de nommer les bourreaux revient à trahir les victimes.

En publiant ce document, l’État congolais envoie un signal clair : l’impunité ne saurait être la monnaie d’échange des arrangements géopolitiques. Cette initiative pourrait renforcer les appels à des poursuites judiciaires internationales, et remet sur la table la question lancinante du rôle du Rwanda dans les conflits à l’Est de la RDC.

Mais au-delà des discours, ce moment devra être suivi d’actions concrètes : justice, réparations, commémorations. Car seule une mémoire assumée permet de construire une paix durable.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET