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Gestion programme » 100 jours du Chef de l’État » : Kamerhe enfin auditionné !
Le directeur du cabinet du chef de l’Etat, Vital Kamerhe, a finalement répondu à l’invitation du procureur général, Kisula Betika, ce mercredi 8 avril 2020 au parquet général près la Cour d’appel de Kinshasa/Matete.
Objet de l’entrevue : renseigner la Justice à propos de la gestion financière des certains projets du programme des 100 jours du chef de l’Etat.
En effet, durant plus d’une heure le leader de l’UNC a été auditionné sur les contours de sa gestion. Rien n’a filtré au sortir de cette rencontre, le concerné ayant refusé de répondre aux sollicitations des journalistes arrivés en masse sur le lieu.

Sympathisants de l’ UNC
Il convient de noter qu’une masse importante des militantes et sympathisants de l’UNC a fait le déplacement pour la 4ème rue Limete pour apporter son soutien au chef du cabinet du Chef de l’État. Ce dernier, convient-il de rappeler, avait boycotté le premier rendez-vous, tenant à ce que l’invitation lui adressée se fasse dans le respect des textes légaux et réglementaires.
En clair, ont expliqué ses proches, en étant au service et agissant sous les instructions de sa hiérarchie, il devrait avoir l’autorisation du chef de l’Etat afin de pouvoir mettre à la disposition de la justice voulue indépendante, tous les renseignements possibles autour du programme des 100 jours.
Somme toute, c’est pour la première fois dans l’histoire du Congo Démocratique qu’un directeur de cabinet du chef de l’Etat, en fonction, soit invité devant un procureur général pour répondre à une enquête judiciaire. L’opinion publique qui suit de près cette affaire souhaite vivement que cette instruction se fasse de manière indépendante, sans interférence extérieure, afin que toute la lumière éclate sur la gestion de ces travaux de 100 jours qui ont durant longtemps piétiné.
Dorcas Ntumba/CONGOPROFOND.NET
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IA et médias africains : Melba Orlie Nzang Meyo plaide pour la souveraineté des données culturelles
C’est à l’Université Internationale de Libreville Berthe et Jean, le mercredi 21 janvier 2026, que Mme Melba Melba Orlie Nzang Meyo a livré une communication dans le cadre de la Conférence internationale de la presse francophone (Cipref 2026). Au cœur de son intervention : la nécessité urgente de valoriser les données culturelles locales dans l’usage croissant de l’intelligence artificielle par les médias africains.
Face à un auditoire composé de professionnels de l’information, d’universitaires et d’étudiants, la conférencière a mis en garde contre une adoption aveugle des technologies d’IA ( Intelligence Artificielle), souvent conçues et entraînées loin des réalités africaines.

Les données locales, nerf de la guerre de l’intelligence artificielle
Pour Mme Nzang Meyo, la question des données n’est pas accessoire : elle est centrale. « Sans données locales, l’intelligence artificielle appliquée aux médias risque de devenir un instrument d’acculturation plutôt qu’un levier de développement », a-t-elle souligné.
La majorité des modèles d’IA aujourd’hui utilisés dans le monde, qu’il s’agisse de génération de textes, d’images ou d’analyses, sont entraînés sur des bases de données largement dominées par des contenus occidentaux. Une réalité qui pose un problème majeur pour les médias africains soucieux de produire une information ancrée dans leurs contextes nationaux.
Des contenus déconnectés des réalités africaines
Le risque est réel : recourir à une intelligence artificielle non nourrie de données locales peut conduire à la production de contenus historiquement approximatifs, socialement hors-sol ou culturellement inadaptés. Articles de presse, illustrations, analyses ou récits médiatiques peuvent alors refléter des schémas exogènes, éloignés des réalités géographiques, linguistiques et sociopolitiques du Gabon ou d’autres pays africains.
À l’inverse, la valorisation des archives nationales, des productions médiatiques locales et des savoirs endogènes permettrait à l’IA de mieux saisir les nuances du français gabonais, l’usage des langues vernaculaires, ainsi que les subtilités culturelles propres aux sociétés africaines.
Raconter l’Afrique avec ses propres algorithmes

L’enjeu est aussi politique et symbolique. « Si les médias africains ne valorisent pas leurs propres données, ils deviennent dépendants d’algorithmes étrangers pour raconter leur propre histoire », a averti la conférencière. Une dépendance qui pourrait, à terme, fragiliser la souveraineté narrative du continent et uniformiser les récits médiatiques.
Pour Melba Nzang Meyo, il est donc impératif que les rédactions, les institutions culturelles et les États investissent dans la structuration, la numérisation et la protection des données locales, afin que l’intelligence artificielle devienne un outil d’émancipation et non de dilution identitaire.
Qui est Melba Melba Orlie Nzang Meyo ?
Mme Melba Melba Orlie Nzang Meyo est une spécialiste des enjeux numériques et culturels, engagée sur les questions de médias, innovation technologique et valorisation des patrimoines africains. Son travail s’inscrit à la croisée de la communication, de la culture et des nouvelles technologies, avec une attention particulière portée à la souveraineté informationnelle et à la place de l’Afrique dans l’écosystème mondial de l’intelligence artificielle.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
