Education
Gestion du fichier de paie des enseignants en RDC : La DINACOPE accablée par des rapports et dénonciations
La Direction nationale de Contrôle, de Préparation de la paie et de la Maîtrise des effectifs des Enseignants et du personnel administratif des établissements scolaires (DINACOPE) est au centre des critiques concernant la gestion du fichier paie des enseignants qu’elle gère. Plusieurs rapports et dénonciations sont formulés à son encontre, lesquels ont été portés à l’attention de la MINETAT à l’EDU-NC, Raïssa Malu Dinanga, lors des assises de la commission paritaire de Kinshasa-Bibwa, en août 2024. D’où, l’engagement pris par le gouvernement, sur proposition du banc syndical des enseignants, de procéder au toilettage dudit fichier, en vue d’en extraire les intrus, notamment les doublons, les fictifs et les faussaires. Simon Zono et Trycia Ntumba, respectivement Direcab et conseillère de la minetat Raissa Malu, se sont prononcés à ce sujet.
Ils s’exprimaient au cours d’une réunion pédagogique le lundi 06 octobre 2025 au Lycée Maman Diankeba, qui a réuni les membres du comité provincial et des comités sous-provinciaux de rationalisation de la province éducationnelle Kinshasa/Mont-Amba, organisée en marge de la mission de toilettage du fichier paie des enseignants.
Prenant la parole en guise d’introduction, le Directeur de cabinet Simon Zono est revenu sur les critiques formulées à l’endroit de la DINACOPE et qui ont contraint le gouvernement de la République de s’engager à assainir le fichier paie des enseignants pour en extirper les fictifs, faussaires et doublons.

« Ce n’est pas un secret de Polichinelle que de dire que les langues se délient de temps en temps pour déplorer certaines incohérences et faiblesses qui truffent le fichier paie qui est préparé par la DINACOPE », a-t-il souligné.
Et de poursuivre : « Il y a des langues qui se délient pour dire qu’il y a des fictifs parmi les enseignants qui sont dans les écoles et bureaux gestionnaires. Il y en a ceux qui disent qu’il y a des structures fictives ».
Ces révélations, dit-il, sont remontées à la hiérarchie grâce à des rapports d’audits diligentés par des structures parfois internes du cabinet et externes.
A son tour, Trycia Ntumba, conseillère en charge de la coopération, partenariat et projets de la MINETAT Raïssa Malu, a également abordé dans le même sens.
« Le fichier de paie des enseignants tenu par la DINACOPE fait l’objet, depuis des années, des critiques, notamment sur sa fiabilité et sa sécurité… on a plusieurs rapports qui font état de cette situation », a-t-elle martelé.
Aux déclarations de ces deux proches collaborateurs de la ministre de l’EDU-NC, s’ajoutent le constat malheureux fait par les inspecteurs lors du contrôle administratif qu’ils ont récemment mené dans les écoles et bureaux gestionnaires. Ces derniers ont déploré la présence de faux diplômés d’Etat dans les écoles et bureaux gestionnaires, hormis la pléthore constatée dans les bureaux de la DINACOPE.
Au-delà de toutes ces dénonciations accablantes contre la DINACOPE, l’opinion constate que la maîtrise des effectifs devient un prétexte pour faire passer le temps aux enseignants qui posent des revendications. Chaque Ministre qui arrive au pouvoir assainit ce fichier, mais les problèmes restent permanents.
Tenant compte de l’expérience du passé, quelques questions restent pendantes :
1. Peut-on accorder une chance de réussite à la mission de toilettage qui est en cours ?
2. Les enseignants NP qui attendent la régularisation, en obtiendront-ils gain de cause tel que promis ?
3. A quand l’octroi aux enseignants le statut des fonctionnaires de l’Etat pour tourner la page de la DINACOPE ?
Bref, dénoncée et citée dans plusieurs rapports accablants, la DINACOPE reste jusqu’à preuve du contraire, un service exécutant. Elle intègre dans le fichier paie, des enseignants et agents affectés par les administrations, notamment le Secrétariat Général, les Directions provinciales, les Coordinations des écoles conventionnées, etc. Il s’avère injustice que seule sa responsabilité soit engagée pour les irrégularités constatées. A titre d’exemple, un Chef d’antenne de la DINACOPE ne doit nullement être tenu pour responsable de la pléthore qu’il gère, étant donné qu’il n’a aucun pouvoir de nomination.
Jules Kisema Kinkatu