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Génocost : La RDC rend hommage à ses morts et relance l’appel à la justice
À l’occasion de la Journée nationale du Génocost, la République Démocratique du Congo s’est arrêtée pour honorer la mémoire des millions de victimes des conflits armés qui ont ravagé son territoire depuis la fin des années 90. Une cérémonie solennelle s’est tenue à l’Espace Mémorial de Kinshasa, en présence du Président Félix Tshisekedi, de la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka, de nombreux membres du gouvernement, de diplomates étrangers et de figures emblématiques de la société civile et culturelle congolaise.
Trois ans après l’institution officielle de cette journée nationale, le Chef de l’État a inauguré un mémorial monumental composé de 93 stèles et d’une flamme éternelle, symbole du souvenir vivant. Dans une atmosphère empreinte de recueillement, le Président de la République a livré un message fort :
« Nous n’attendrons pas que d’autres valident notre douleur. Nous en serons les premiers artisans de justice. »
Le Génocost, génocide à motivations économiques, reste une plaie ouverte dans la mémoire collective, selon les mots du Président, qui a appelé le Parlement à adopter une résolution nationale et lancé une stratégie politique et diplomatique pour obtenir sa reconnaissance internationale.
Patrick Fata : « Ne jamais oublier. Commencer à guérir. »
Prenant la parole au nom des victimes, Patrick Fata, Directeur général du FONAREV (Fonds national des réparations des victimes des conflits), a livré un message puissant, empreint de gravité et d’espoir. Inspiré par Nelson Mandela, il a déclaré :
« Rendre justice aux victimes, c’est redonner la dignité à la nation. »
Dans un silence solennel, il a insisté :
« Ne pas répéter, ne pas répéter, ne pas répéter. Ne jamais oublier. Commencer à guérir. Plus jamais seule. »

Pour lui, le Génocost est « une tragédie plurielle des chiffres qui ne diront jamais la souffrance, des noms que l’histoire n’a pas évoqués », ajoutant qu’aucune paix durable ne saurait s’ériger sans vérité, reconnaissance et justice.
Malgré un contexte sécuritaire difficile, le FONAREV a dressé un état des lieux détaillé de son action sur le terrain :
- 1.555 incidents documentés et certifiés dans 11 provinces
- 139 camps de déplacés identifiés autour de Goma, Beni et Bunia
- Plus de 2 millions de déplacés accueillis dans ces camps en 2024
- 416.781 personnes pré-identifiées, dont 1.521 victimes avec décisions de justice exécutoires
- 146.700 déplacés internes à Goma, Bunia et Kisangani
- 268.510 victimes recensées dans le Kongo Central, le Grand Kasaï, la Tshopo et l’Ituri
« En dépit d’un contexte complexe, le FONAREV a été le premier à identifier les risques logistiques et à produire des résultats concrets », a souligné son Directeur général.
Des témoignages poignants de survivants, des présences symboliques d’artistes, influenceurs, musiciens, et des représentants des diasporas africaines et des chancelleries étrangères ont donné une portée universelle à cette journée.
Le Gouvernement Suminwa a, de son côté, réaffirmé sa détermination à porter la voix des victimes, à l’échelle nationale et internationale.
Dorcas Mwavita/Congoprofond.net
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Rapport de monitoring de l’action publique : à peine 25% des décisions prises par le gouvernement sont finalisées, 45% en progression et 30% à documenter (CEPAS)
Le Centre d’Études Pour l’Action Sociale (CEPAS) a présenté ce mardi 2 juin 2026, le rapport de monitoring de l’action publique en République demormcratique du Congo (RDC), démontrant qu’à peine 25% des décisions prises par le gouvernement ont été finalisés, 45% sont en progression et une grande partie d’autres décisions, dont une trentaine restent encore à documenter.

Présentant ce document, devant la presse à Kinshasa, Christian Ndombo Moleka, consultant en CEPAS et président de la dynamique des politologues du Congo a inventorié et déploré que sur les 139 décisions prises au niveau des Conseils des ministres, seule, une vingtaine a été réalisée, reconnaissant que « la volonté d’orienter l’action stratégique est là » mais le défi reste dans la mise en œuvre et la continuité de l’action gouvernementale.
« Ce rapport, pratiquement de trois ou quatre trimestres, soit d’avril en décembre 2025 permet de mesurer l’action publique, la redevabilité du gouvernement et de renforcer l’efficacité de l’action publique », a expliqué Christian Moleka, précisant qu’il « mesure également le niveau réel de transformation de la prise de décision en action publique, identifie les contraintes structurelles et propose une cartographie des activités qui participent au monitoring. »

De son côté, le Père Alain Nzadi, directeur du CEPAS a précisé les objectifs assignés derrière cette initiative. « Notre ambition est que cette analyse contribue au débat public de manière sereine, constructive et utile. Nous espérons qu’elle permettra d’alimenter la réflexion collective sur les moyens de rendre l’action publique plus efficace, plus transparente et davantage orientée vers des résultats concrets », a-t-il déclaré.

Et de poursuivre : « les recommandations formulées dans cette étude s’inscrivent dans cette perspective. Elles visent notamment à promouvoir une culture de résultats, à renforcer les difficultés… des dispositifs de monitoring gouvernemental, à améliorer la coordination interinstitutionnelle et à développer des outils de redevabilité permettant un meilleur suivi de l’exécution des engagements publics. »

À en croire les conférenciers, « au fond, la question centrale qui traverse ce travail est simple : comment faire en sorte que chaque décision publique produise efficacement la valeur attendue pour les citoyens ? », se sont-ils interrogés, souhaitant que cette réflexion pousse le gouvernement à une mise en œuvre rapide de l’action publique au profit des intérêts de la population congolaise.
Exaucé Kaya
