Culture
Fufu-Pondu, le duo gagnant qui régale la nation : un sondage de Target confirme les préférences alimentaires des Congolais
La société spécialisée en études de marché Target Sarl vient de publier les résultats d’un sondage révélateur sur les habitudes alimentaires des Congolais.
Résultat : les grands classiques continuent de dominer. Le fufu et le pondu restent les plats préférés de la population, toutes provinces confondues.
Réalisée du 19 au 29 mars 2025 auprès de 2000 personnes âgées de 18 ans et plus, cette enquête démontre que 57 % des Congolais préfèrent le fufu comme accompagnement, loin devant le riz (25 %) ou la chikwangue (8 %). Du côté des légumes, le pondu (feuilles de manioc) l’emporte haut la main avec 55 % des préférences, suivi des haricots (18 %) et des épinards (12 %).
« Que tu sois de Kinshasa, de Kisangani, de Kananga ou de Kikwit, difficile d’échapper au charme du pondu-fufu. C’est plus qu’un plat, c’est une mémoire partagée », commente un gastronome.
Toujours selon l’étude de Target, en matière de protéines animales, le poisson s’impose nettement avec 56 % des préférences, contre 23 % pour la viande rouge et 19 % pour le poulet. Un choix influencé autant par les traditions que par l’accessibilité sur les marchés locaux.
Au-delà des chiffres, ce sondage rappelle que la cuisine congolaise est un vecteur d’identité et de fierté culturelle. Le fufu et le pondu, souvent transmis de génération en génération, représentent plus qu’un simple repas : ils sont un lien vivant entre passé, présent et avenir.
Dorcas Mwavita/Congoprofond.net
Culture
RDC : 105 ans après l’arrestation de Papa Simon Kimbangu, le Dr Lohanga Konga associe le devoir de mémoire à la tragédie de Beni
Alors que la communauté kimbanguiste commémore le 105e anniversaire de l’arrestation de Papa Simon Kimbangu, figure majeure de l’émancipation spirituelle africaine, le Dr Lohanga Konga, ambassadeur itinérant de Sa Divinité, Papa Simon Kimbangu Kiangani, Chef Spirituel et représentant légal d’église kimbanguiste, a exprimé sa profonde consternation face aux massacres qui continuent de frapper la région de Beni, dans l’Est de la République démocratique du Congo, en ce samedi 06 juin 2026.
Dans une déclaration dont une copie est parvenu à la rédaction de Congoprofond en ce jour, empreinte de gravité, il établit un parallèle entre le combat historique de libération porté par Papa Simon Kimbangu et les souffrances persistantes des populations congolaises confrontées à l’insécurité.
Cette prise de position intervient dans un contexte particulièrement symbolique. Le 6 juin demeure une date fondatrice dans l’histoire du kimbanguisme. C’est en effet le 6 juin 1921 que l’administration coloniale entreprit l’opération visant à arrêter Papa Simon Kimbangu à Nkamba Nouvelle Jérusalem ville sainte, après seulement trois mois d’une mission religieuse allait profondément marquer l’histoire spirituelle du Congo et de l’Afrique.

Cet épisode, associé dans la mémoire kimbanguiste à son évasion miraculeuse avant son arrestation définitive, constitue l’un des événements les plus importants du mouvement.
Cent cinq ans plus tard, cette commémoration se déroule dans une atmosphère de deuil national.
À Beni, dans la province du Nord-Kivu, plusieurs civils ont récemment perdu la vie lors d’attaques attribuées à des groupes armés opérant dans la région. Ces violences, qui frappent régulièrement les populations civiles depuis plusieurs années, continuent d’alimenter l’inquiétude des communautés locales ainsi que des acteurs religieux et de la société civile.

Pour le Dr Lohanga Konga, cette coïncidence entre mémoire historique et tragédie contemporaine invite à une réflexion profonde sur le destin de la nation congolaise.
« Comment célébrer le sacrifice et le combat libérateur de Papa Simon Kimbangu lorsque des Congolais continuent de mourir dans des circonstances aussi dramatiques ? », s’interroge-t-il, tout en exprimant sa solidarité avec les familles endeuillées et les communautés touchées.

Au-delà de l’émotion, le message s’inscrit dans une démarche de plaidoyer.
L’intervenant appelle au renforcement de la protection des populations civiles, particulièrement dans les zones affectées par les conflits armés. Il insiste également sur la nécessité d’une mobilisation accrue des institutions nationales, régionales et internationales afin d’apporter des réponses durables à l’insécurité persistante dans l’Est du pays.
L’analyse du Dr Lohanga Konga s’appuie sur une lecture historique de l’héritage kimbanguiste. Selon lui, le message de Papa Simon Kimbangu reposait fondamentalement sur la dignité humaine, la justice, la paix et l’élévation morale des peuples africains. Dans cette perspective, les violences actuelles apparaissent comme une contradiction douloureuse face aux idéaux défendus par celui que de nombreux fidèles considèrent comme le père de la renaissance spirituelle africaine.

L’évocation de Beni, en ce jour de commémoration, dépasse ainsi le simple cadre religieux. Elle renvoie à une interrogation plus large sur la capacité du Congo à transformer son héritage historique en levier de paix et de cohésion nationale. Entre mémoire du passé et défis du présent, le 6 juin 2026 rappelle que l’histoire n’est pas seulement un souvenir à célébrer, mais également une responsabilité à assumer.
Alors que les fidèles kimbanguistes du Congo et de la diaspora rendent hommage à Papa Simon Kimbangu, la ville de Beni demeure au cœur des préoccupations.
Dans les prières comme dans les discours, un même appel résonne : celui d’une paix durable, d’une justice effective et du respect de la vie humaine sur l’ensemble du territoire national.
Barca Horly Fibilulu Mpia
