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Francophonie : qui est Juliana Amato Lumumba, candidate de la RDC au poste de secrétaire générale de l’OIF ?
Fille du premier Premier ministre de la République démocratique du Congo, Patrice Emery Lumumba, Juliana Amato Lumumba fait aujourd’hui son retour sur la scène diplomatique internationale. Kinshasa a officiellement porté sa candidature au poste de Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), misant sur un profil mêlant héritage historique, expérience politique et engagement culturel.

Une héritière d’une histoire politique majeure
Née le 25 janvier 1955, Juliana Amato Lumumba grandit dans un contexte marqué par l’histoire tourmentée du Congo post-indépendance. Quelques mois après sa naissance, son père, Patrice Emery Lumumba, devient une figure emblématique de la lutte pour la souveraineté africaine avant d’être assassiné en 1961.
Comme plusieurs membres de la famille Lumumba, elle passe une partie de sa jeunesse à l’étranger, notamment en Égypte et en Europe, où elle poursuit sa formation académique. Cette trajectoire internationale contribue à forger une vision ouverte sur les enjeux diplomatiques, culturels et géopolitiques du continent africain.
Un parcours académique tourné vers les sciences sociales
Juliana Lumumba suit des études supérieures orientées vers les sciences politiques, la gestion publique et les relations internationales. Sa formation nourrit progressivement un engagement axé sur la gouvernance, la culture et la coopération entre États, des domaines qui marqueront l’essentiel de sa carrière.
Polyglotte et habituée aux environnements multiculturels, elle développe très tôt un intérêt particulier pour les questions liées à l’identité africaine, à la mémoire historique et à la place de l’Afrique dans les institutions internationales.
Une expérience gouvernementale au cœur de la culture congolaise
Sa visibilité politique s’affirme lorsqu’elle est nommée ministre de la Culture et des Arts entre 1998 et 2001. Durant son passage au gouvernement, elle œuvre pour la valorisation du patrimoine culturel congolais et la promotion de la diplomatie culturelle comme outil d’influence internationale.
Elle s’implique notamment dans les initiatives visant à repositionner la culture congolaise comme levier de cohésion nationale et de rayonnement extérieur, dans un contexte politique alors marqué par des tensions internes.
Conférencière et actrice de la diplomatie culturelle
Après son expérience ministérielle, Juliana Lumumba s’oriente vers des activités internationales. Elle intervient régulièrement dans des conférences consacrées au développement africain, à l’entrepreneuriat, à la mémoire historique et au dialogue interculturel.
Elle participe à plusieurs plateformes internationales où elle défend une vision d’une Afrique affirmée, capable de construire ses propres narratifs culturels et économiques.
Pourquoi la RDC mise sur sa candidature
À travers cette candidature, les autorités congolaises entendent renforcer la présence du pays dans l’espace francophone mondial. Kinshasa met en avant un profil combinant expérience politique, légitimité historique et engagement intellectuel.
Le gouvernement estime que Juliana Amato Lumumba incarne une Francophonie renouvelée, davantage tournée vers la jeunesse, la diversité culturelle et les défis contemporains, notamment l’éducation, la transformation numérique et la coopération Sud-Sud
Dorcas Ntumba
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Affaire des « Enfants chilleurs »: “Je suis choqué”, le prévenu Philémon Mambabwa rejette les accusations de Mushobekwa et crée le doute
La 7ème audience de l’affaire des « Enfants chilleurs » a été marquée, ce jeudi 9 avril, par la prise de parole de Philémon Mambabwa, qui a d’emblée affiché son indignation face aux accusations portées contre lui. Devant la cour, ce haut cadre de l’ANR s’est dit « choqué » par les faits qui lui sont reprochés, notamment la séquestration et les violences présumées sur les enfants Mushobekwa.
Selon lui, ces accusations ne reflètent en rien la réalité de la situation vécue cette nuit-là.

Une version des faits contestée
Revenant sur le déroulement des événements, Philémon Mambabwa affirme avoir simplement demandé que les jeunes garçons soient conduits à la guérite en attendant leurs parents. Il explique avoir été surpris de recevoir, peu après, des appels de certaines autorités l’accusant de séquestration, alors même que la mère des enfants n’était pas encore arrivée sur place.
Dans ce contexte, il indique avoir contacté John Kanyoni Nsana, présenté comme un proche de la famille Mushobekwa, afin de lui exposer sa version. Il rejette catégoriquement toute tentative d’arrangement à l’amiable, qualifiant les affirmations de la partie civile de « fausses ».
La question sensible des violences
L’un des points centraux du débat a porté sur les événements survenus au cours de la nuit. Le prévenu affirme avoir découvert plusieurs jeunes dans sa résidence, y compris dans les espaces privés de ses filles. Face à cette intrusion, il dit avoir demandé à ses policiers de « maîtriser » les concernés.
Un terme qui a suscité de vifs échanges à l’audience. Mambabwa insiste : « Il ne s’agissait pas de recourir à la violence, mais d’empêcher toute fuite, certains jeunes ayant opposé de la résistance ».
Il nie toute responsabilité dans les blessures évoquées, allant jusqu’à suggérer que certains jeunes étaient dans un état d’ivresse avant leur arrivée.
Une gestion “familiale” de la situation ?
Se présentant comme un père de famille confronté à une intrusion nocturne, Philémon Mambabwa soutient n’avoir ni frappé les enfants ni donné l’ordre de le faire. Il affirme que la situation a été gérée avec retenue.
Il ajoute avoir reçu la mère des enfants le lendemain matin dans un climat apaisé, sans incident notable, les échanges s’étant déroulés de manière cordiale dans sa résidence.
Sur fond de ces explications, l’audience a mis en évidence plusieurs divergences entre les versions de la défense et celles de la partie civile.
Pour tenter d’éclaircir ces zones d’ombre, la cour attend désormais des témoignages jugés déterminants. Parmi eux : John Kanyoni Nsana, ainsi que Sakina, amie de la fille Mambabwa, et Claudian, le fils Mushobekwa, tous absents lors de cette dernière audience.
Leurs dépositions pourraient s’avérer décisives dans une affaire qui continue de captiver l’attention judiciaire et publique.
Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET
