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Francophonie : L’heure de vérité dans l’Est congolais
Du 2 au 6 juin 2025, la République Démocratique du Congo a accueilli une mission d’information de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Objectif : marquer une présence concrète aux côtés du pays, confronté à une crise sécuritaire et humanitaire persistante dans sa région orientale.
Cette initiative n’est pas le fruit du hasard, mais le prolongement du plaidoyer obstiné de Maître Bestine Kazadi Ditabala, ministre déléguée à la Coopération internationale et à la Francophonie. Depuis près de trois ans, elle interpelle sans relâche les instances de l’OIF pour qu’elles s’engagent fermement sur le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC. Sous l’impulsion du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, ses démarches ont déjà permis l’adoption de résolutions et la condamnation du soutien aux groupes armés. Cette mission de terrain en est une nouvelle étape.
La délégation, composée de représentants de quatre États membres de la Francophonie-Côte d’Ivoire, Maroc, Suisse et Togo-et conduite par Mme Muriel Berset Kohen, ambassadrice suisse et représentante personnelle de la présidente de la Confédération helvétique auprès du Conseil permanent de la Francophonie, a rencontré une série d’institutions congolaises. Ministères clés, chambres du Parlement, société civile : tous ont dressé un tableau accablant de la situation à l’Est. Violences massives contre les femmes et les enfants, déplacements forcés, impunité chronique, effondrement social et éducatif… Le message est clair : la RDC attend plus qu’une compassion lointaine.
La ministre déléguée a participé à chaque étape de ces échanges, martelant les attentes d’une population meurtrie, souvent désillusionnée par une Francophonie jugée timorée et silencieuse face à l’agression subie. L’absence de désignation explicite du pays agresseur reste une ligne de fracture.
En réponse, la mission de l’OIF a promis un engagement renforcé : plaidoyer international, défense des droits fondamentaux, appui aux initiatives locales et présence accrue sur le terrain. Un dialogue direct a aussi été ouvert avec des organisations de la société civile-femmes défenseures des droits humains, associations de jeunes, acteurs communautaires-renforçant ainsi le lien entre la Francophonie institutionnelle et les réalités vécues sur place.
« Cette mission est une avancée diplomatique significative pour notre pays, mais aussi un signal fort : la Francophonie doit se tenir aux côtés de ses membres touchés par les crises », a déclaré la partie congolaise à l’issue des travaux.
Au-delà de l’effet d’annonce, cette séquence renforce la légitimité de la RDC dans l’espace francophone. Elle engage surtout l’OIF à sortir de sa réserve diplomatique pour entrer dans une solidarité active, visible et opérationnelle. Le temps des demi-mots semble toucher à sa fin.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Produits pétroliers : 43,7 millions USD de pertes certifiées, Daniel Mukoko Samba salué pour la stabilité du secteur énergétique
Alors que le marché pétrolier international continue de subir les contrecoups des tensions géopolitiques mondiales, la RD Congo poursuit ses efforts pour garantir l’approvisionnement régulier du pays en carburants. C’est dans ce contexte que le Comité de Suivi des Prix des Produits Pétroliers (CSPPP) a certifié un montant global de 43,7 millions de dollars américains au titre des pertes et manques à gagner (PMAG) enregistrés par les sociétés pétrolières au cours du premier trimestre 2026.

Une facture lourde pour les opérateurs pétroliers
Réunis les 28 et 29 mai derniers à Kinshasa, les membres du CSPPP ont examiné la situation des entreprises pétrolières opérant dans les 4 principales zones de consommation du pays : Ouest, Sud, Est et Nord.
À l’issue des travaux, les pertes certifiées se répartissent comme suit :
– Zone Ouest : 35,4 millions USD ;
– Zone Sud : 3,95 millions USD ;
– Zone Est : 3,64 millions USD ;
– Zone Nord : 727.491 USD.
Selon les experts du secteur, ces contre-performances sont principalement liées aux turbulences observées sur les marchés internationaux des hydrocarbures à la suite des tensions entre l’Iran, Israël et les États-Unis, qui ont affecté les coûts d’approvisionnement.
Le Gouvernement mobilisé pour éviter une crise d’approvisionnement

Face à cette situation, le Gouvernement congolais a opté pour une approche visant à préserver la continuité de l’approvisionnement du pays en produits pétroliers. Les discussions ont notamment porté sur les mécanismes permettant d’accorder des avances sur les pertes et manques à gagner, grâce aux recettes issues des stocks de sécurité. Cette mesure vise à maintenir la fluidité de la chaîne d’approvisionnement et à éviter toute rupture susceptible d’impacter les consommateurs.
Au cœur de cette dynamique figure le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba.
Selon le Coordonnateur du Comité de Régulation des Prix (CRP), le ministre a renforcé les équipes chargées du suivi de la collecte des ressources parafiscales destinées au financement des remboursements des pertes et manques à gagner des sociétés pétrolières. Cette décision a permis d’améliorer la mobilisation des ressources nécessaires au fonctionnement du mécanisme de stabilisation des prix.
Depuis son arrivée à la tête du ministère de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba s’est illustré par plusieurs initiatives visant à renforcer la régulation des marchés, lutter contre les spéculations sur les prix des produits de première nécessité et améliorer le suivi des mécanismes de fixation des prix stratégiques. Son action s’inscrit dans la volonté du Gouvernement de préserver le pouvoir d’achat des ménages tout en garantissant la viabilité économique des opérateurs.
Le secteur privé satisfait

Les représentants des sociétés pétrolières et du secteur privé ont salué la qualité du travail réalisé durant le processus de certification. Le président de la Commission nationale des hydrocarbures de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), Ali Mamina, a notamment mis en avant l’esprit de concertation qui a prévalu tout au long des échanges.
Cette reconnaissance traduit la confiance croissante entre les autorités publiques et les opérateurs économiques dans la gestion d’un secteur particulièrement sensible pour l’économie nationale.
Un enjeu stratégique pour l’économie congolaise

Dans un pays où le transport, l’industrie et une grande partie des activités économiques dépendent des produits pétroliers, la maîtrise des fluctuations du marché demeure un défi majeur. La certification régulière des pertes et manques à gagner, associée aux efforts de mobilisation financière entrepris par le Gouvernement, constitue un levier important pour préserver la stabilité du secteur et protéger les consommateurs contre les effets des crises internationales.
À travers ces mesures, l’exécutif entend maintenir l’équilibre entre les impératifs économiques des opérateurs et la nécessité de garantir aux Congolais un accès continu aux produits énergétiques indispensables à la vie quotidienne.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
