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François Beya, Conseiller spécial en matière de Sécurité, le choix de la raison (Tribune de J.C Mukanya, Analyste indépendant)

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En date du 03 février 2019, il a plu au 5ème Président de la République Démocratique du Congo, Son Excellence Monsieur Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, de nommer l’ex-Directeur Général de la DGM, Monsieur François Beya Kasonga, comme son Conseiller Spécial en matière de Sécurité. Cette nomination a suscité de nombreuses critiques et supputations dans les médias et réseaux sociaux.

Pour éviter de plonger dans la subjectivité et les jugements stéréotypés, le moment est arrivé, en tant qu’analyste indépendant, de passer en revue le parcours de ce dernier, avant de porter un jugement sur le choix opéré par le Président de la République.

Son parcours professionnel

C’est vers les années 1980 que François Beya a débuté sa carrière dans les services de renseignements congolais, sous le mentorat de Jean Seti Yale, à l’époque Conseiller Spécial en matière de sécurité du Feu Président Mobutu. Il fût donc son plus proche collaborateur qu’il appréciait beaucoup pour son sérieux dans le travail et sa forte personnalité. Sous Mobutu, il a plus travaillé au sein du Département de la Sécurité Extérieure. D’ailleurs, le « terminator » Honoré Ngwanda et le Sénateur Mokolo wa Mpongo connaissent mieux les qualités de François Beya en matière de sécurité.

Après avoir complété avec succès des formations très pointues dans le domaine des renseignements notamment en Israël, en Belgique et aux Etats-Unis, François Beya a continué à travailler à côté de son mentor Jean Seti Yale, jusqu’à l’avènement du pouvoir de l’AFDL.

Sous Laurent-Désiré Kabila, il a travaillé au sein du Cabinet de Monsieur Didier Kazadi Nyembwe, à l’époque Conseiller spécial en matière de sécurité. Sous Joseph Kabila, il a travaillé comme Conseiller de Didier Kazadi Nyembwe, Administrateur Général de l’ANR, avant d’être nommé successivement Directeur Général Adjoint de la DGM et puis Directeur Général de la DGM, poste qu’il va occuper avant sa récente nomination comme actuel Patron du Conseil National de Sécurité.

Tout compte fait, François Beya Kasonga a passé 12 ans à la tête de la DGM sous Joseph Kabila après ses débuts au Conseil National de Sécurité sous Mobutu, ensuite à l’Agence Nationale des Renseignements sous Laurent-Désiré Kabila et Joseph Kabila. Il a travaillé dans l’ombre pendant environ 30 ans, avant de faire ses premières apparitions en public en qualité du Directeur Général Adjoint de la DGM dans le Gouvernement 1+4, et puis Directeur Général de la DGM. C’est surtout avec cette dernière fonction que le Président sortant, Joseph Kabila va découvrir ses capacités et compétences, suite à la mise en œuvre de son programme de transformation des services de l’immigration. Il y a donc lieu de mentionner que François Beya Kasonga a passé toute sa carrière professionnelle dans les services de sécurité, soit environ 35 ans des services ininterrompus.

Une des questions fondamentales à se poser est celle de comprendre pourquoi les différents régimes en commençant par celui de Mobutu, Laurent-Désiré Kabila, Joseph Kabila et Félix-Antoine Tshisekedi, recourent-ils tous aux services de François Beya Kasonga ? Ce qui n’est pas le cas pour les autres.

A cette question, il sied de révéler à l’opinion que l’homme dont les apparitions en public sont rares, est reconnu pour son indépendance d’esprit, son sens élevé d’analyse, son patriotisme, sa diplomatie, sa constance, sa discrétion, sa courtoisie, son intégrité, sa loyauté et sa rigueur dans le travail. Ce sont ces qualités qui ont attiré l’attention de sa hiérarchie à son égard. Ceux qui ont travaillé avec lui peuvent témoigner de ses qualités et valeurs morales.

L’Ambassadeur Didier Kazadi Nyembwe et le Sénateur Edouard Mokolo wa Mpongo sont des sources vivantes qui peuvent en témoigner davantage.

Son bilan à la tête de la DGM

Grâce à son leadership transformationnel, François Beya Kasonga s’est investi dans la valorisation du capital humain et la modernisation des infrastructures de la DGM à travers tous les postes frontaliers.

En effet, les recettes générées par la DGM, service public, sont insuffisantes pour financer toutes les actions à impact visible menées par l’ex-DG. Ce dernier a par contre utilisé, son réseau des partenaires étrangers qui lui font confiance, pour bénéficier des dons ayant permis de redorer un tant soit peu l’image de la DGM. D’ailleurs, plusieurs missions diplomatiques de tous les grands pays du monde qui ont visité la DGM et autres personnalités de marque ont loué, à juste valeur, les efforts de modernisation des services de l’immigration sous l’impulsion de François Beya Kasonga.

Pour appuyer mes propos, il convient de relever que depuis Mobutu, aucun Chef de l’Etat Africain n’est venu visiter la DGM.

En effet, c’est sous le mandat de François Beya que deux chefs d’Etat africains ont visité la DGM pour profiter de l’expérience congolaise en matière de modernisation des services de l’immigration. Il s’agit notamment du Président Centrafricain François Bozizé et Madame Catherine Samba Panza, Présidente de la Transition Centrafricaine.

Par ailleurs, la DGM dispose à ce jour d’un Centre Médical bien équipé pour la prise en charge des soins médicaux de ses employés et d’une fanfare pour ne citer que cela. En plus, il vient de laisser un projet de grande envergure pour la construction d’un immeuble sur l’avenue Haut-Commandant, devant abriter toutes les directions centrales de la DGM.

S’agissant de la valorisation du capital humain, lorsqu’il était arrivé à la tête de la DGM, il y avait des agents qui travaillaient sans avoir suivi au préalable une formation pratique en matière d’immigration.

Soucieux de l’amélioration du rendement du personnel, il a mobilisé les moyens nécessaires pour former les agents concernés et sous son mandat, cette formation a été rendue obligatoire pour tous les nouveaux employés.

En outre, il y a lieu de souligner qu’actuellement, aux différents postes frontaliers, il est plus facile de distinguer les agents de la DGM de ceux des autres services, et ce, grâce aux uniformes acquis sous son mandat.

Critères de sa nomination

Devrait-on s’abstenir à être entouré des compatriotes sérieux et compétents, aussi longtemps que l’on reconnait leur expertise ? Ce jugement rétrograde non seulement le développement de la nation, mais aussi étouffe les meilleurs talents voire les bonnes initiatives.

Toutefois, la question suivante mérite d’être soulevée : depuis Mobutu jusqu’à l’avènement de l’alternance démocratique et pacifique du 24 janvier 2019, quelles ont été les origines des anciens Conseillers Spéciaux en matière de sécurité des prédécesseurs de Félix-Antoine Tshisekedi ? Pour répondre à cette question, j’ai recueilli, à titre indicatif, quelques données relatives à l’origine des anciens Conseillers Spéciaux en matière de Sécurité.

Il s’agit de :
1. Jean Seti Yale, Equateur (Sous Mobutu), soit un lingalaphone
2. Honoré Ngwanda, Equateur (Sous Mobutu), soit un lingalaphone
3. Samba Kaputo, Katanga (Sous Joseph Kabila), soit un swahiliphone
4. Pierre Lumbi, Sud-Kivu (Sous Joseph Kabila), soit un swahiliphone
5. Jean Mbuyu Luyongola : Katanga (Joseph Kabila), soit un swahiliphone.

Le Président Félix-Antoine en nommant Beya François, un homme compétent, loyal et chevronné des services de renseignements, nonobstant son origine, a-t-il commis un péché ?

Cependant, le fait surprenant suivant balaye ce jugement négatif : tous les prédécesseurs de l’actuel Chef de l’Etat ont recouru aux services de Beya François à différents niveaux de responsabilités.

François Beya, est-il redevable à Joseph Kabila ?

Il y a une autre opinion qui pense que « François Beya fait partie des fidèles de Joseph Kabila depuis son accession au pouvoir en 2001. Avec son identité luba, il est placé aux côtés de Tshisekedi pour l’empêcher de prendre des décisions politiques et sécuritaires qui nuiraient à l’avenir politique de Joseph Kabila ».

Cette supputation soulève l’interrogation suivante : s’il est vrai que Beya François était fidèle à Joseph Kabila, qu’est-ce qui l’empêcherait à rendre bons et loyaux services à Félix-Antoine Tshisekedi pour mériter davantage sa confiance ?

Une autre interrogation, l’on peut citer, en toute objectivité, parmi les proches de Félix-Antoine Tshisekedi ou les membres de l’UDPS et alliés, 5 noms des compatriotes qui ont le profil de François Beya et qui ont été exposés aux questions de sécurité de la RDC au cours de 30 dernières années.

En effet, la sécurité est une matière sensible et stratégique. L’on ne s’improvise pas expert en sécurité dans un espace d’un matin. Ce métier s’apprend au fil des années et en étant exposé aux vraies problématiques sécuritaires de la nation.

Jugement personnel

Au vu des faits analysés précédemment, il y a lieu de noter que François Beya Kasonga est l’homme qu’il faut, à la place qu’il faut. Sa nomination n’est pas surprenante.

En effet, les critères de compétence, d’expérience avérée, de loyauté et de probité morale, etc… ont milité en faveur de sa nomination. En sus, tout porte à croire que bien qu’il était dans l’opposition, l’actuel Président avait sûrement eu le temps d’observer le parcours de ce professionnel des renseignements.

En le choisissant à ses côtés, le Président Félix-Antoine voudrait donner un nouveau paysage des services des renseignements, longtemps indexés par les Congolais et certains milieux diplomatiques. Beya François jouit d’une bonne réputation à l’intérieur tout comme à l’extérieur de la RDC.

En analysant son parcours, il ressort qu’il n’a jamais été mêlé ou cité dans des dossiers de détournements des fonds publics, ou être frappé d’interdiction de territoire dans les milieux occidentaux, comme c’est le cas avec certaines personnalités politiques. D’ailleurs, il est mieux placé pour accompagner le Chef de l’Etat dans la concrétisation de sa vision globale de réforme des services de sécurité.

Jean-Claude Mukanya Cibumba, DEA, MBA, Adm.A
Analyste indépendant/CONGOPROFOND.NET


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Or: Remplacements des réserves et nouvelles opportunités pour sécuriser le programme de KIBALI étalé sur plus de 10 ans

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La plus grande mine d’or d’Afrique, Kibali, est sur la bonne voie pour le remplacement de ses réserves réduites par l’exploitation en 2022, tandis que de nouvelles opportunités de croissance soutiendront également son plan d’affaires étalé sur plus de 10 ans et son statut de l’un des actifs de niveau 11 de Barrick Gold Corporation.

Le président et président directeur général de Barrick, Mark Bristow, a déclaré à la presse aujourd’hui que le gisement prolifique KCD de Kibali continuait d’offrir de la valeur supplémentaire vu que le forage actuel est axé sur la conversion des ressources en réserves et sur l’exploration des filons qui sont encore ouverts en profondeur. En outre, les cibles de Mengu Hill, Ikanva et Gorumbwa présentent le potentiel nécessaire pour renforcer le portefeuille souterrain de Kibali.

« Kibali est une opération très rentable avec ses trois centrales hydroélectriques de classe mondiale qui couvrent la majeure partie de ses besoins énergétiques. Elles seront suppléées par une nouvelle centrale solaire de 17MW qui, une fois achevée en 2025, fera passer la part des énergies renouvelables dans les sources énergétiques de la mine de 81% à 93%, » a déclaré Bristow.

Les références écologiques de Kibali comprennent également la réduction continue des eaux douces provenant de la rivière Kibali et un programme de reboisement qui, à ce jour, a permis de planter plus de 10,000 arbres. La mine poursuit son programme d’appui à la conservation de la biodiversité au Parc National de la Garamba en RDC, avec la réintroduction des rhinocéros provenant d’Afrique du Sud. Les 16 premiers rhinocéros sont attendus à Garamba d’ici la fin du deuxième trimestre de cette année et seront suivis de 60 autres au cours des trois prochaines années.

Conformément à la politique globale de Barrick consistant à employer et à promouvoir les ressortissants du pays hôte, Arthur Kabila a été nommé premier directeur général congolais de Kibali. Depuis l’année dernière, huit autres postes clés de direction et techniques sont désormais occupés par des Congolais.

 

Tshieke Bukasa/Congoprofond


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