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Coopération

Forum d’affaires UE à la DRC Mining Week : un déjeuner de networking tourné vers la collaboration internationale

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La salle Bukavu de l’hôtel Pullman Grand Karavia a servi de cadre au déjeuner de networking organisé par l’Union européenne, dans le cadre de la DRC Mining Week.

Cette rencontre conviviale a réuni plusieurs figures du monde minier et financier, des investisseurs et des représentants institutionnels, autour d’une vision commune : renforcer les partenariats entre les acteurs internationaux et congolais, dans un esprit de croissance inclusive.

Parmi les interventions notables, celle de la représentante de la Banque européenne d’Investissement (BEI) a retenu l’attention. Elle a exprimé l’engagement de la BEI à accompagner des projets solides portés par des entreprises congolaises ou opérant en RDC, avec des financements adaptés, dans le respect des standards internationaux.

« Nous sommes prêts à financer des projets innovants, responsables, dans des secteurs à fort impact comme les mines, l’énergie ou les infrastructures. Notre objectif est clair : contribuer à la croissance économique et à la création d’emplois durables », a-t-elle déclaré.

Elle a toutefois souligné la nécessité d’un travail rigoureux dans la constitution des dossiers de demande de financement, invitant les PME congolaises à se faire accompagner pour respecter les procédures exigeantes de la BEI.

La Banque européenne d’Investissement, considérée comme la plus grande institution financière multilatérale au monde, est particulièrement active en Afrique et entend accroître sa présence en RDC. Elle place parmi ses priorités :
• le soutien à l’innovation,
• l’entrepreneuriat féminin,
• le financement des PME locales,
• et la lutte contre le changement climatique.

Trois intervenants ont ensuite partagé leurs expériences de terrain en RDC :
• une représentante de Jervois Mining,
• une responsable de Glencore,
• et un cadre de la coopération allemande (GIZ).

Tous ont souligné l’importance de renforcer la collaboration entre multinationales et entreprises congolaises. Glencore, par exemple, emploie actuellement plus de 18 000 Congolais, et héberge sur son site cinq Groupements d’Entreprises Responsables (GER), illustrant ainsi son implication dans le développement local.

« Nous croyons à une chaîne de valeur intégrée. Cela passe par l’emploi local, le transfert de compétences et des partenariats gagnant-gagnant », a affirmé un des intervenants.

Au-delà des chiffres, les panelistes ont insisté sur l’importance de créer un écosystème de confiance, fondé sur le dialogue, la transparence et la complémentarité entre partenaires.

Ce déjeuner de networking a permis non seulement de tisser des liens, mais aussi de mettre en lumière les opportunités concrètes offertes par des acteurs majeurs de la finance et de l’industrie minière, à ceux qui souhaitent entreprendre ou investir en RDC de manière responsable.

Dorcas Mwavita / CongoProfond.net

Coopération

Kinshasa, terre d’asile forcée : les premiers “expulsés latinos” de l’accord RDC-USA débarquent dans la nuit à N’Sele

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Ils sont arrivés dans le silence épais de la nuit tropicale, à l’heure où Kinshasa s’assoupit sous le poids de l’humidité. Vendredi, peu après 1 heure du matin, quinze silhouettes éreintées ont foulé le tarmac de N’djili, non pas comme des voyageurs en quête d’aventure, mais comme les premiers rouages d’une mécanique migratoire inédite entre Washington et la RD Congo.

Péruviens, Équatoriens et Colombiens – tous originaires de cette Amérique latine que l’on imagine plus proche du rêve américain que des rives du fleuve Congo – ont été extirpés du territoire des États-Unis pour être “réinstallés” à près de 10 000 kilomètres de leur continent natal. Après une escale technique furtive à Accra, c’est une Afrique centrale souvent perçue comme un point de départ qu’ils découvrent à présent comme un terminus administratif.

Leur prise en charge immédiate dans une vaste résidence de la commune de la N’Sele transforme ce coin périphérique de la capitale en une antichambre inattendue de la politique de fermeté américaine. Ce transfert nocturne est la traduction concrète d’un accord bilatéral encore méconnu du grand public congolais, mais qui place Kinshasa dans le jeu complexe des externalisations des frontières américaines.

Alors que Washington durcit sa doctrine en matière d’immigration, la RDC, en quête de partenariats stratégiques et de reconnaissance diplomatique sur l’échiquier international, accepte de jouer le rôle de plateforme de transit ou d’accueil pour des ressortissants de pays tiers. L’ironie est palpable : là où des milliers de Congolais risquent leur vie pour atteindre les Amériques, voici que des Latino-Américains sont déportés vers la RDC, pays qui lutte lui-même pour stabiliser ses propres déplacés internes.

La nationalité des expulsés soulève une question lancinante : pourquoi Kinshasa ? La réponse tient probablement moins à la proximité géographique qu’à la disponibilité logistique et à la signature d’un parapheur engageant la souveraineté congolaise comme variable d’ajustement des flux humains du Nord. Installés dans le calme relatif de la N’Sele, loin du tumulte de la Gombe, ces quinze hommes et femmes incarnent désormais une nouvelle catégorie juridique et humaine aux contours flous.

Pris en charge dans des conditions décrites comme « correctes » par les sources sécuritaires, ils demeurent néanmoins suspendus à un vide juridique et existentiel. Que deviendront-ils une fois les projecteurs diplomatiques éteints ? Le gouvernement congolais évoque une aide au retour volontaire ou à la réinstallation, mais les filières migratoires entre le Pérou, l’Équateur et la RDC sont inexistantes.

Cet épisode nocturne, aussi discret soit-il, est bien plus qu’un simple fait divers aéroportuaire ; c’est le premier signal faible d’une reconfiguration des routes de l’exil, où le Sud global se voit contraint d’absorber les contradictions et les rejets du Nord. Dans les prochains mois, la résidence de la N’Sele pourrait bien devenir, malgré elle, un laboratoire à ciel ouvert de cette nouvelle géopolitique du refoulement.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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