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Actualité

Forum continental Africain : David Musungayi évoque l’importance du Tribunal Permanent des Peuples, comme outil de justice pour les communautés marginalisées

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David Musungayi, membre de la CORAP (Coalition des Organisations de la Société Civile pour le Suivi des Réformes de l’Action Publique) et rapporteur du Tribunal Permanent des Peuples pour la RDC, a brillamment intervenu ce vendredi 27 juin à la clôture de la première édition du Forum Continental Africain sur les méga barrages et la crise climatique. À cette occasion, il a officiellement présenté le projet du TPP, soulignant son importance dans la quête d’une justice environnementale équitable et inclusive.

Le Tribunal Permanent des Peuples (TPP) s’installe progressivement comme un véritable contre-pouvoir face aux abus des entreprises extractives et à l’inaction des autorités en République Démocratique du Congo. Dans un contexte où les droits humains et environnementaux sont souvent bafoués, ce tribunal d’opinion indépendant offre aux communautés marginalisées un espace pour faire entendre leur voix.

Contrairement aux juridictions classiques, le TPP ne relève d’aucun État. Il s’appuie sur des instruments juridiques internationaux tels que la Déclaration d’Alger de 1976, la Déclaration universelle des droits de l’homme, et les engagements des Nations Unies sur la responsabilité des entreprises. Son objectif est clair : documenter les violations, renforcer la solidarité entre mouvements citoyens, et exiger des réparations justes.

Trois grandes thématiques sont actuellement ciblées en RDC : l’exploitation minière dans le Haut-Katanga et le Lualaba, l’exploitation pétrolière dans le Kongo-Central, et la déforestation dans la province de l’Équateur. Des cas concrets sont recueillis, analysés, puis soumis à un jury indépendant composé de juristes, experts, et représentants des communautés.

Le TPP vise aussi à rééquilibrer le dialogue entre communautés et multinationales, souvent protégées par le silence de l’État. En cas de sentence favorable, le tribunal compte saisir les juridictions étatiques pour exiger réparation des préjudices subis.

Un pas de plus vers une justice populaire, participative, et réparatrice.

Désiré Rex Owamba/CONGOPROFOND.NET 

Politique

Guillaume Ngefa Atondoko : l’inflexible gardien du Droit au service de la Justice du Peuple

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Il est des nominations qui sonnent comme des professions de foi. Celle de Guillaume Ngefa Atondoko au poste de Ministre d’État, Garde des Sceaux et Ministre de la Justice, le 8 août 2025, est de celles qui redonnent espoir à tout un peuple en quête d’équité. Rares sont les personnalités dont le pedigree international et le courage personnel forcent autant le respect.

Ce juriste chevronné, diplômé de Columbia University et de l’Institut des droits de l’homme de Strasbourg, n’a pas attendu les ors de la République pour servir son pays. Dès les années 1990, alors que la dictature zaïroise étouffait toute velléité de liberté, il cofondait l’AZADHO (devenue ASADHO), bravant menaces et tentatives d’assassinat pour documenter les exactions. Son parcours à l’ONU, où il a piloté la Division des droits de l’homme de la MINUSMA au Mali avant d’en être expulsé pour son intransigeance, puis dirigé l’Examen Périodique Universel à Genève, a forgé en lui une cuirasse d’intégrité.

Aujourd’hui, c’est avec cette même intransigeance morale qu’il a accepté de relever le défi le plus périlleux de sa carrière : restaurer la foi des Congolais en leur justice. Conscient de l’immensité de la tâche dans un système judiciaire miné par la corruption et la lenteur, Guillaume Ngefa n’a pas perdu une minute pour poser les jalons de son ambitieux projet réformateur. Son action s’articule autour d’une vision claire : une justice de proximité, digitalisée et surtout indépendante.

Parmi ses premières initiatives marquantes, on note le renforcement immédiat de la coopération avec la MONUSCO pour l’humanisation du système pénitentiaire congolais, un dossier brûlant tant les conditions de détention sont souvent indignes. En recevant Patience Saï et en relançant les travaux du groupe technique sur la stratégie pénitentiaire, il a démontré que la modernisation des infrastructures carcérales et la protection des détenus, en particulier les femmes, figuraient au sommet de ses priorités.

Parallèlement, il travaille à la digitalisation de la chaîne judiciaire et à la réforme de la formation des magistrats, avec l’ambition affichée de faire de l’École de magistrature un creuset d’excellence éthique et non plus un simple lieu de passage. Mais au-delà des réformes techniques, c’est la dimension profondément humaine et politique de sa mission qui impressionne. Nommé dans un contexte de crise de légitimité suite aux affaires ayant éclaboussé son prédécesseur, il incarne un “pari risqué” sur l’éthique. Pourtant, cet homme qui a documenté les massacres des années 1990 et survécu à l’exil forcé sous Laurent-Désiré Kabila, aborde cette nouvelle bataille avec la sérénité des vétérans.

S’il se définit comme le “ministre du peuple”, c’est parce qu’il sait que la justice ne se décrète pas d’en haut ; elle se vit au quotidien dans les villages reculés et les quartiers populaires. En posant la première pierre d’une justice de proximité et en s’attaquant frontalement aux interférences politiques, Guillaume Ngefa Atondoko ne cherche pas à être populaire, mais à être utile. Et c’est précisément dans cette quête d’une justice intègre et souveraine que réside tout l’espoir d’un État de droit véritable en République Démocratique du Congo.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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