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Forum 2025 de la SADC : Vers une synergie africaine contre les expulsions liées à l’exploitation des ressources naturelles
Le Forum 2025 de la société civile de la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe) se tient, ce jeudi 21 août à Antananarivo, Madagascar. Cet événement rassemble de nombreux acteurs de la société civile autour de thématiques cruciales, telles que l’éducation des jeunes, les approches transformatrices en matière de genre et de nationalité pour les enfants, ainsi que la question urgente des expulsions forcées causées par l’exploitation des ressources naturelles.
C’est précisément cette dernière problématique qui a été au cœur des échanges lors d’un panel ayant connu la participation du Congolais, Donat Kambola Lenge. » Nous y avons entendu des témoignages poignants en provenance d’Afrique du Sud, de Madagascar et de la République démocratique du Congo, notamment sur la situation alarmante dans la ville minière de Kolwezi », a-t-il souligné.
Selon l’avocat-activiste de la société civile, un constat commun a émergé : partout sur le continent, les communautés locales sont dépossédées de leurs terres, de leurs moyens de subsistance et de leurs habitations, souvent en violation flagrante des lois nationales et même des politiques internes des entreprises impliquées.
« Nous avons également appris qu’il existe des mécanismes juridiques africains capables de soutenir les communautés affectées et d’amener des changements concrets. En réponse, les participants ont proposé la mise en place d’une synergie africaine pour renforcer la solidarité, le plaidoyer et les actions collectives face à ces injustices structurelles… », a-t-il conclu.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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« Maîtrisez-les n’est pas torturez-les » : La Cour militaire siégeant à Ndolo acquitte Philémon Mambabua
L’épilogue judiciaire de l’affaire dite des « Enfants Mushobekwa » est tombé ce jeudi 4 juin 2026 à 13h20, dans le décor solennel d’une audience ouverte par les honneurs militaires. L’affaire PR 540/026, appelée par le greffier, a vu comparaître physiquement Philémon Mambabua et les deux policiers Bope Tshende et Ebukalela Aaron, tandis que les parties civiles (Marie-Ange Mushobekwa et Ntabaza) étaient présentes, les 3 garçons étant représentés par leurs conseils.

Le Premier Président de la Cour, devant l’épaisseur du jugement, a dispensé l’assemblée de la lecture exhaustive pour se concentrer sur l’exposé des faits. Il est revenu sur cette soirée pyjama organisée par Malaïka, fille de Philémon Mambabua, et sa cousine Leonnie, qui invitèrent Sakina, laquelle fit appel à son petit ami Claudien Likulia vers 1h du matin fraîchement revenu de Paris. Contre toute attente, ce dernier fit irruption vers 3 heures du matin avec deux autres garçons (son petit-frère Christopher et son ami Noah), bien après l’heure convenue. Une situation qui affecta Malaïka et qui, au retour inopiné de son père, fit éclater le stratagème. Ce dernier exigea que les parents soient appelés pour une discussion au petit matin. Marie-Ange Mushobekwa présenta alors ses excuses et demanda à ses garçons d’en faire autant. L’affaire, à cet instant précis, était close.
C’est le lendemain que le cours des événements bascula, avec le dépôt d’une plainte par Me Claude Mulemba Benoit, avocat de Madame Mushobekwa auprès de l’auditorat militaire, évoquant torture et séquestration. Pourtant, au fil des audiences, Philémon Mambabua et les deux policiers ont constamment nié. La Cour, dans son office de vérification et de reconstitution des faits, a relevé que la volonté de Philémon Mambabua avait été viciée : la dissimulation des 3 garçons dans la salle de bain prouve qu’il n’avait jamais autorisé leur présence à son domicile. Sur le cœur du dossier — la torture —, la Cour s’est livrée à un examen méthodique des preuves. Elle a constaté que si les victimes ont décrit des actes sous l’effet de traumatismes, la nature et l’exactitude de leurs récits pouvaient en être altérées, notamment sur le nombre de policiers impliqués et l’instrument utilisé. Mais surtout, Sakina, témoin central, a toujours affirmé n’avoir jamais entendu Philémon Mambabua donner l’ordre de maltraiter les garçons. La Cour a donc retenu le doute sur l’incitation, rejetant la qualification du Ministère public et rappelant que l’ordre de « maîtriser » ne saurait être confondu avec celui de torturer. Faute de preuves matérielles et d’élément intentionnel caractérisé, Philémon Mambabua a été purement et simplement acquitté.
La Cour, s’en tenant aux faits et non aux définitions ontologiques, a ainsi déclaré l’infraction d’incitation non fondée en droit pour le prévenu principal. Cet acquittement emporte des conséquences civiles directes : Philémon Mambabua, déclaré non responsable, ne devra verser aucune réparation. Le droit a été dit, et pour l’ »avocat de la société » comme pour la défense, le message est limpide : sans preuve, l’accusation ne tient pas.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
