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Formule 1 au Rwanda : Thérèse Kayikwamba Wagner dénonce une tribune offerte à « un dirigeant autoritaire »
La Ministre d’État aux Affaires étrangères de la République démocratique du Congo, Thérèse Kayikwamba Wagner, a exprimé ce jeudi, avec une fermeté rare, son opposition à l’organisation d’un Grand Prix de Formule 1 au Rwanda. Selon elle, permettre à Kigali d’accueillir une manche du championnat du monde reviendrait à « polir l’image d’un dirigeant autoritaire » dont le gouvernement est accusé d’alimenter une guerre dévastatrice dans l’Est de la RDC.
La cheffe de la diplomatie congolaise ne s’en tient pas à une simple critique : elle rappelle que la Formule 1, en choisissant le Rwanda, offrirait à Paul Kagame une scène mondiale de légitimation, alors que les rapports internationaux documentent l’implication de son armée dans le conflit et le pillage des ressources congolaises.

La Ministre d’État a étayé son propos par des faits difficilement contestables. Depuis février 2025, elle avait publiquement averti Stefano Domenicali et les autorités de la Formule 1 du caractère moralement indéfendable d’une telle décision. Depuis, les États-Unis ont sanctionné la Force de défense du Rwanda et 4 officiers supérieurs pour leur rôle dans la déstabilisation de la région, leurs opérations militaires en RDC et leur soutien au M23. « Lorsque l’armée d’un pays est sanctionnée pour ses actions à l’intérieur d’un État voisin, le dommage causé à sa crédibilité internationale est manifeste. Un Grand Prix ne saurait effacer ce bilan », a-t-elle déclaré. Elle a également rappelé que les minerais congolais extraits illicitement sont exportés via le Rwanda, générant des revenus qui alimentent le conflit et font des guerres congolaises l’un des conflits les plus meurtriers depuis la Seconde Guerre mondiale.
Face à cette situation, Thérèse Kayikwamba Wagner ne se contente pas de condamner : elle propose une alternative. La RDC, affirme-t-elle, se réjouit du retour de la Formule 1 en Afrique, mais exige que le sport automobile fasse preuve de cohérence. Elle appelle la F1 à exiger des garanties crédibles et indépendantes attestant qu’aucun financement utilisé pour accueillir la course ne provient de minerais liés aux conflits ou de l’exploitation des ressources congolaises. Et de rappeler sa position constante : la RDC soutient une candidature sud-africaine pour accueillir une manche du championnat.
En plaçant ainsi la question de la responsabilité éthique au cœur du débat, la Ministre d’État confirme que la diplomatie congolaise ne se limite pas aux enceintes traditionnelles : elle s’invite là où se joue l’image des acteurs du conflit, avec une exigence de vérité et de justice.
TM Polymathe