Sports
Football : le président de l’AS Beni Union suspendu pour 24 mois après des propos injurieux
L’Entente Urbaine de Football de Beni (EUFBE) a frappé fort. Dans une lettre publiée le 28 février 2025, l’instance locale du football a prononcé une suspension de 24 mois à l’encontre de Charles Karonde Sokoni, président de l’AS Beni Union, avec interdiction d’accéder aux infrastructures sportives.
Cette lourde sanction fait suite à des accusations de propos injurieux et de déclarations graves tenus à l’encontre de Muhindo Waziwazi, président de l’EUFBE, ainsi que du secrétaire général de l’US Étoiles de Beni.
Mais ce n’est pas tout. Cette décision disciplinaire intervient également après l’homologation d’une sanction infligée à l’AS Beni Union. L’équipe, jusque-là leader du championnat local 2024-2025, a perdu sa première place après avoir aligné un joueur suspendu lors d’un match crucial contre l’US Étoiles de Beni. Ce joueur avait pourtant écopé de deux cartons jaunes lors des rencontres précédentes, ce qui le rendait inéligible pour la confrontation suivante.
Ce n’est pas la première fois que Charles Karonde Sokoni se retrouve dans le viseur des instances sportives. En juin 2023, lors du championnat provincial, la Ligue de Football du Nord-Kivu (LIFNOKI) l’avait déjà suspendu pour une durée de 12 mois, assortie d’une amende de 5 000 dollars américains infligée à lui et à son club. Un allègement de la sanction avait toutefois été proposé moyennant le paiement d’une amende de 1 500 dollars américains, en alternative à l’attente des 24 mois de suspension initialement prononcés.
Avec cette nouvelle sanction, l’avenir de Charles Karonde Sokoni dans le football local semble plus que jamais incertain.
Cedrick Sadiki Mbala et Gerlance Sengi/CongoProfond.net
Actualité
MMA en RDC : Des champions sans soutien à la veille d’un rendez-vous continental
À l’approche du championnat IMMAF Africa prévu en Angola, la situation de la Team RDC de MMA amateur suscite inquiétude et indignation. Dans une interview sans détour, le manager et acteur sportif congolais Didon Kibuka dénonce l’absence de soutien dont sont victimes les athlètes appelés à représenter le pays.
« On défend le drapeau, mais on nous laisse seuls », résume-t-il, exprimant frustration et tristesse face à une réalité qui, selon lui, se répète année après année. Malgré leur engagement et leurs performances, les combattants congolais doivent encore se débrouiller par leurs propres moyens pour participer à cette compétition continentale.

Un exploit continental resté sans suite
Pourtant, les résultats récents plaident largement en faveur de ces athlètes. Lors de la précédente édition de l’IMMAF Africa, la RDC avait réalisé une performance remarquable en décrochant 10 médailles : 6 en or, 2 en argent et 2 en bronze.
Cette moisson avait hissé le pays parmi les meilleures nations africaines de MMA amateur, confirmant le potentiel et la détermination des combattants congolais. « C’était un exploit », rappelle Didon Kibuka, insistant sur le fait que ces résultats ont été obtenus malgré des moyens limités.
Des promesses non tenues après les honneurs

À leur retour au pays, les athlètes avaient été reçus par les autorités, suscitant espoir et reconnaissance. Des promesses de soutien avaient notamment été évoquées en vue de leur participation au championnat du monde.
Mais selon Kibuka, ces engagements n’ont jamais été concrétisés. Faute de financement, la Team RDC avait été contrainte de renoncer à cette échéance internationale majeure, illustrant un décalage persistant entre les discours officiels et les actes.
Des athlètes contraints de tout financer eux-mêmes

À quelques jours de l’édition angolaise, la situation reste préoccupante. Les combattants amateurs doivent assumer eux-mêmes l’ensemble des frais liés à leur participation : licences, billets d’avion, hébergement, restauration et frais d’inscription.
Une réalité difficile pour ces sportifs non professionnels, souvent sans revenus fixes. « On leur demande de porter seuls tout le poids financier de la représentation nationale », déplore Kibuka, soulignant le sacrifice consenti par ces jeunes athlètes pour défendre les couleurs du pays.
Un appel urgent à la responsabilité collective

Face à cette situation, Didon Kibuka interpelle à la fois les autorités publiques et les partenaires privés. Il appelle à une prise de conscience sur le rôle de ces athlètes, qu’il considère comme de véritables ambassadeurs de la RDC.
Il dénonce également le contraste avec d’autres disciplines mieux soutenues, estimant que les combattants de MMA méritent un minimum de considération au regard des risques qu’ils prennent et des résultats qu’ils obtiennent.
Son message se veut clair : soutenir ces jeunes, c’est investir dans l’image et l’avenir sportif du pays. « Ils ne demandent pas des privilèges, mais simplement de ne plus être seuls », insiste-t-il.
À travers cet appel, c’est toute la question de la valorisation du sport en RDC qui est posée. Alors que le MMA connaît une croissance rapide sur le continent, le pays risque de manquer une opportunité stratégique pour sa jeunesse si rien n’est fait.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
