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Football : Arthur Masuaku vise une équipe qui joue la Ligue des champions
Arthur Masuaku, le latéral droit congolais de West Ham (Angleterre), a été l’invité de l’émission « 11 d’Europe » présentée par Malik Traoré ce mardi 07 avril 2020. Au menu : le confinement de l’athlète pendant cette période de COVID-19, son avenir en club et en équipe nationale, mais aussi son soutien au peuple congolais sérieusement menacé par ce fléau mondial.

Arthur Masuaku, Lilian, Malik Traoré ( 11 d’Europe)
« Je pense qu’il faut reprendre que quand tout sera sûr. Parce que le virus se transmet si facilement, s’il y encore des doutes, c’est compliqué. Moi, je reprendrai que quand on sera sûr de la situation sanitaire. Il ne faut pas rigoler sur la santé. J’ose espérer que ça va se régler, mais il va falloir du temps… », relève l’ex joueur d’Olympiakos sur l’éventuelle reprise des entraînements partiels comme c’est le cas en Allemagne.
Concernant la réduction de 30% de salaire que plusieurs clubs européens veulent appliquer faute de revenus, Masuaku ne s’inquiète, mais pose une seule condition.
« C’est normal, il n’y a pas d’entrée. Pour moi, il n’y a pas de soucis, surtout si pour aider les gens. On doit juste savoir où va cet argent? », a-t-il interrogé.

Pour son avenir, le défenseur congolais de 26 ans, vise un jour revenir dans une équipe qui joue le titre de la Ligue des champions comme ce fût le cas avec l’Olympiakos de Pirée de 2014 à 2016.
« En tant que footballeur, on a tous des objectifs. Si j’ai l’occasion d’aller plus loin, j’y vais aller sans hésiter. Mais actuellement je dois être le plus performant possible et si l’occasion se présente, j’y vais avec plaisir. Surtout, j’aime bien les clubs des champions league, c’est la meilleure compétition pour moi ».

Concernant la pandémie de coronavirus qui frappe le monde entier, Masuaku suit de près l’évolution de son pays, et promet une assistance au peuple congolais qu’il appelle déjà au respect des règles d’hygiène dictées par les autorités sanitaires.
« Je suis en train de voir comment aider mes compatriotes. J’espère que la situation va se décanter rapidement. Aux Congolais, ils doivent rester chez eux à la maison, je sais que c’est difficile, mais la maladie est réelle. Ils doivent aussi respecter les règles d’hygiène. Qu’ils prennent ça au sérieux », a dit l’un des capitaines de la sélection nationale congolaise sous l’ère Christian N’sengi Biembe.
Jolga Luvundisakio/CONGOPROFOND.NET
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Tribunal pénal économique et financier : Pour Me Carlos Ngwapitshi, la restitution des fonds détournés doit devenir la priorité
Depuis plusieurs décennies, la République démocratique du Congo est confrontée à une criminalité économique persistante. Détournements massifs de fonds publics, corruption systémique et blanchiment d’argent fragilisent les institutions et nourrissent un profond sentiment d’impunité dans l’opinion.
Pourtant, le droit congolais prévoit des sanctions sévères pour ces infractions : jusqu’à 20 ans de travaux forcés, la confiscation spéciale des biens et la restitution des fonds détournés.

Des sanctions théoriques, une restitution quasi inexistante
Dans une analyse récente, l’avocat Carlos Ngwapitshi Ngamashi met en lumière les limites de ce dispositif répressif.
Selon lui, les procès aboutissent souvent à des condamnations spectaculaires, mais rarement à une réparation effective du préjudice subi par l’État. « Le condamné purge sa peine, mais à sa sortie, les millions dissipés ne sont pas restitués », déplore-t-il, pointant ainsi un système judiciaire qui punit sans véritablement récupérer les ressources publiques perdues.
Les failles du système judiciaire actuel
Plusieurs facteurs expliquent cette inefficacité. D’abord, l’absence de mécanismes juridiques contraignants pour forcer la restitution des fonds détournés. Ensuite, la confiscation des biens reste généralement limitée à ceux officiellement enregistrés au nom du condamné, alors que les capitaux illicites sont souvent dissimulés à travers des prête-noms. Enfin, la corruption judiciaire peut conduire à une réduction significative des peines en appel, affaiblissant davantage l’effet dissuasif des sanctions.
La création d’un tribunal spécialisé

Face à ces limites, le président Félix Tshisekedi a récemment promulgué une loi instituant le Tribunal pénal économique et financier, accompagné d’un parquet général spécialisé.
Cette réforme dote le pays d’un instrument judiciaire dédié à la lutte contre la criminalité économique et financière, avec l’ambition de renforcer l’efficacité des poursuites contre les crimes en col blanc.
Les conditions d’une justice crédible
Cette innovation institutionnelle est saluée comme une avancée importante dans la lutte contre la prédation financière.
Toutefois, son efficacité dépendra de plusieurs conditions essentielles : garantir l’intégrité et l’expertise des magistrats appelés à siéger au sein de cette juridiction, assurer une rémunération conséquente accompagnée de primes éventuellement indexées sur les fonds récupérés, et offrir une protection sécuritaire renforcée aux responsables chargés de ces dossiers sensibles.
Un tournant décisif pour la justice congolaise

Pour Carlos Ngwapitshi, la création de ce tribunal doit s’inscrire dans une réforme plus ambitieuse. Il plaide notamment pour l’introduction de mécanismes tels que la médiation pénale, la confiscation générale des biens acquis illicitement, l’imprescriptibilité des crimes économiques ou encore la prison à perpétuité pour les cas les plus graves.
Le message serait alors clair pour les auteurs de détournements : restituer les fonds publics ou s’exposer à la perte totale des biens et à des sanctions irréversibles.
Dans un pays où la corruption a longtemps sapé la confiance citoyenne, la réussite de cette juridiction spécialisée pourrait marquer un tournant historique dans la restauration de l’autorité de l’État.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
