Sports
Football africain : la CAN passera à un cycle de quatre ans dès 2028
La Confédération Africaine de Football (CAF) a annoncé un tournant majeur dans l’organisation du football continental. Dans une publication faite ce samedi sur son compte officiel X (ex-Twitter), l’instance faîtière du football africain, basée au Caire en Égypte, a confirmé qu’à partir de 2028, la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) se jouera désormais tous les quatre ans, à l’image de l’Euro organisé par l’UEFA.
Cette réforme marque une rupture historique avec une tradition solidement ancrée : depuis des décennies, la CAN se tenait tous les deux ans, faisant de l’Afrique le seul continent à maintenir un tel rythme pour sa compétition phare.
Un alignement sur les standards internationaux
En optant pour un cycle quadriennal, la CAF entend harmoniser son calendrier avec celui des grandes compétitions internationales. Cette décision vise notamment à réduire la congestion des calendriers, améliorer la préparation des sélections nationales et offrir une meilleure visibilité commerciale et médiatique à la CAN.
Ce changement pourrait également apaiser les tensions récurrentes entre clubs européens et fédérations africaines, souvent en désaccord sur la libération des joueurs en pleine saison.
Une Ligue des Nations africaine en gestation
Autre innovation majeure annoncée par la CAF : la création prochaine d’une Ligue des Nations africaine, inspirée du modèle mis en place par l’UEFA.
Cette nouvelle compétition, prévue elle aussi à l’horizon 2028, viendrait s’intercaler entre les éditions de la CAN.
L’objectif affiché est double : offrir des rencontres compétitives régulières aux sélections nationales et remplacer les matchs amicaux jugés peu attractifs, tout en contribuant au développement technique et tactique du football africain.
Un changement de décor pour le football africain
Ces réformes traduisent la volonté de la CAF de moderniser ses compétitions et de repositionner le football africain sur l’échiquier mondial. Si elles suscitent déjà des débats parmi les observateurs, supporters et acteurs du jeu, elles ouvrent aussi la voie à une nouvelle ère, plus structurée et potentiellement plus rentable pour le continent.
Reste désormais à connaître les modalités précises de mise en œuvre, le format de la future Ligue des Nations africaine, ainsi que l’impact réel de ce nouveau calendrier sur les sélections, les clubs et les championnats locaux.
Barca Horly Fibilulu Mpia
Actualité
MMA en RDC : Des champions sans soutien à la veille d’un rendez-vous continental
À l’approche du championnat IMMAF Africa prévu en Angola, la situation de la Team RDC de MMA amateur suscite inquiétude et indignation. Dans une interview sans détour, le manager et acteur sportif congolais Didon Kibuka dénonce l’absence de soutien dont sont victimes les athlètes appelés à représenter le pays.
« On défend le drapeau, mais on nous laisse seuls », résume-t-il, exprimant frustration et tristesse face à une réalité qui, selon lui, se répète année après année. Malgré leur engagement et leurs performances, les combattants congolais doivent encore se débrouiller par leurs propres moyens pour participer à cette compétition continentale.

Un exploit continental resté sans suite
Pourtant, les résultats récents plaident largement en faveur de ces athlètes. Lors de la précédente édition de l’IMMAF Africa, la RDC avait réalisé une performance remarquable en décrochant 10 médailles : 6 en or, 2 en argent et 2 en bronze.
Cette moisson avait hissé le pays parmi les meilleures nations africaines de MMA amateur, confirmant le potentiel et la détermination des combattants congolais. « C’était un exploit », rappelle Didon Kibuka, insistant sur le fait que ces résultats ont été obtenus malgré des moyens limités.
Des promesses non tenues après les honneurs

À leur retour au pays, les athlètes avaient été reçus par les autorités, suscitant espoir et reconnaissance. Des promesses de soutien avaient notamment été évoquées en vue de leur participation au championnat du monde.
Mais selon Kibuka, ces engagements n’ont jamais été concrétisés. Faute de financement, la Team RDC avait été contrainte de renoncer à cette échéance internationale majeure, illustrant un décalage persistant entre les discours officiels et les actes.
Des athlètes contraints de tout financer eux-mêmes

À quelques jours de l’édition angolaise, la situation reste préoccupante. Les combattants amateurs doivent assumer eux-mêmes l’ensemble des frais liés à leur participation : licences, billets d’avion, hébergement, restauration et frais d’inscription.
Une réalité difficile pour ces sportifs non professionnels, souvent sans revenus fixes. « On leur demande de porter seuls tout le poids financier de la représentation nationale », déplore Kibuka, soulignant le sacrifice consenti par ces jeunes athlètes pour défendre les couleurs du pays.
Un appel urgent à la responsabilité collective

Face à cette situation, Didon Kibuka interpelle à la fois les autorités publiques et les partenaires privés. Il appelle à une prise de conscience sur le rôle de ces athlètes, qu’il considère comme de véritables ambassadeurs de la RDC.
Il dénonce également le contraste avec d’autres disciplines mieux soutenues, estimant que les combattants de MMA méritent un minimum de considération au regard des risques qu’ils prennent et des résultats qu’ils obtiennent.
Son message se veut clair : soutenir ces jeunes, c’est investir dans l’image et l’avenir sportif du pays. « Ils ne demandent pas des privilèges, mais simplement de ne plus être seuls », insiste-t-il.
À travers cet appel, c’est toute la question de la valorisation du sport en RDC qui est posée. Alors que le MMA connaît une croissance rapide sur le continent, le pays risque de manquer une opportunité stratégique pour sa jeunesse si rien n’est fait.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
