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Foner : bientôt 30 millions USD dans les caisses !
Les efforts de maximisation des recettes entrepris par Georgine SELEMANI TULIA, DG ai. du Fonds national d’entretien routier (FONER), captent enfin un signal retour.
En effet, c’est depuis 2020 que la DG ai. du FONER a lancé une campagne de recouvrement du manque à gagner de son établissement d’une part, et d’autre part, de juguler la fraude dans le secteur pétrolier dont la contribution est de 98% aux ressources du FONER.
Au cours de la même année 2020, la patronne du FONER a doté son institution de la connexion au logiciel douanier SYDONIA WORD, ce qui lui a permis d’établir depuis 2009 à ce jour la hauteur du manque à gagner qui se chiffre à 800 millions USD !
Le FONER était monté au créneau pour crier haut et fort à qui voulait l’entendre afin de mettre fin à cette situation qui ne faisait que s’aggraver.
Alors que jadis la fraude était organisée autour des exonérations accordées aux provinces, lesquelles étaient bradées sur les marchés ainsi que les mécanismes de facilitation mis en place pour les marchés à financement extérieur, aujourd’hui, cette fraude devenue virale a changé de forme. Les entreprises s’organisent pour lever les produits pétroliers sous-douane, les placent dans les entrepôts pour les faire disparaître par la suite avec la complicité de certains agents véreux de l’Administration.
C’est dans ce contexte que les missions diligentées par l’Inspection générale des finances (IGF), dans la province du Haut-Katanga ,ont permis au FONER de recouvrer 30 millions USD pour seulement 2021.
Si de janvier à septembre 2021, et pour la seule province du Haut-Katanga, le FONER peut recouvrer 30 MILLIONS DE DOLLARS, qu’en sera-t-il des autres provinces notamment celles du Kongo Central, de la Grande Province Orientale et du Grand Kivu, portes d’entrée principales des produits pétroliers ?
Il faut rappeler que lors de son audition au Sénat en septembre dernier sur la collecte des fonds FONER et leur gestion , Georgine SELEMANI TULIA, DG ai. du FONER, avait rassuré les honorables sénateurs qu’avec leur implication, son établissement était capable de mobiliser 300 millions de dollars l’an contre 120 Millions aujourd’hui collectés.
Par ailleurs, il sied de noter depuis son avènement à la tête du ministère des Infrastructures et Travaux Publics, le ministre d’Etat Alexis GISARO a fait de la maximisation des recettes du FONER une de ses priorités.
Nous osons croire qu’en synergie avec le ministre des Finances, le ministre d’État des ITP met tout en œuvre afin de permettre au FONER de maximiser ses recettes, gage de la pérennisation de l’entretien des routes pour le développement d’un Congo plus beau qu’avant .
David Mayele/ Congoprofond.net
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Esclavage des enfants : A Kananga, l’urgence d’agir face au phénomène « Bayanda »
Au cours d’une ronde effectuée par CONGOPROFOND.NET, dans la ville de Kananga, un constat alarmant s’impose : de nombreux enfants et adolescents sont livrés à eux-mêmes dans les rues. Certains, encore en âge scolaire, sont contraints de travailler comme transporteurs à vélo, communément appelés « bayanda », pour subvenir à leurs besoins quotidiens.
Ces jeunes, qui devraient être assis sur les bancs de l’école, arpentent plutôt les artères de la ville, exposés à toutes les formes de vulnérabilité. Une situation qui illustre crûment une réalité persistante, bien loin des discours officiels.

Une Journée mondiale au goût amer
Le 16 avril, à l’occasion de la Journée mondiale contre l’esclavage des enfants, cette réalité a pris une résonance particulière. À Kananga, cette journée n’a pas été une simple commémoration, mais un révélateur d’un phénomène profondément enraciné.
Des acteurs de la société civile ont saisi cette occasion pour interpeller l’opinion publique et les autorités, appelant à une prise de conscience urgente face à ce qu’ils considèrent comme une forme moderne d’exploitation des enfants.
La société civile hausse le ton
Parmi les voix les plus engagées, celle de la structure La Voix des Jeunes du Grand Kasaï (VJKA-ASBL), dirigée par sa coordonnatrice Merveille Tshibola, dénonce une situation préoccupante. Selon elle, abandonner un enfant à la rue revient à compromettre l’avenir même de la République démocratique du Congo.
Elle souligne qu’au Kasaï-Central, de nombreux enfants sont arrachés à leur environnement naturel (la famille, l’école et les espaces de socialisation ) pour être plongés dans des activités pénibles, notamment dans les marchés, les carrières ou sur les routes.
Des pratiques assimilées à une forme d’esclavage
Pour plusieurs observateurs, cette situation tend à se banaliser, au point d’être tolérée dans certaines couches sociales. Pourtant, les conséquences sont lourdes : exposition aux dangers, mendicité forcée et travaux pénibles deviennent le quotidien de ces mineurs.
La présidente provinciale du Cadre de concertation de la jeune fille rappelle que le foyer doit rester un espace de protection. De son côté, Vincent Kayembe Tshiamumanya, coordonnateur provincial de la Commission nationale des droits de l’homme, condamne fermement ces pratiques, qu’il juge inacceptables.
Un appel pressant à l’action

Au-delà du constat, la société civile lance un appel clair : la lutte contre l’esclavage des enfants ne peut se limiter à des discours. Elle exige des actions concrètes, des politiques publiques adaptées et une responsabilisation accrue des parents.
À Kananga, derrière chaque enfant exploité se dessine une crise silencieuse : celle d’une génération privée de ses droits fondamentaux. Face à cette réalité, les acteurs locaux ne demandent plus ( ils exigent ) des mesures urgentes pour protéger l’enfance et restaurer sa dignité.
Mike Tyson Mukendi / Congoprofond.net
