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FONAREV : Un concours national pour penser les lieux d’hommage aux victimes des conflits en RDC
Le Fonds National de Réparation des Victimes des Violences Sexuelles liées aux Conflits et des Crimes contre la Paix et la Sécurité de l’Humanité (FONAREV) a officiellement lancé, ce lundi 26 mai 2025, un concours académique et artistique inédit, destiné à concevoir des espaces mémoriaux en hommage aux victimes des conflits armés en République Démocratique du Congo.
Lors d’un point de presse organisé au siège du FONAREV à Kinshasa, les organisateurs ont précisé que ce concours ne se veut pas un espace de compétition, mais plutôt une plateforme d’expression collective, de mémoire, et de résilience.
Ouvert à tous les étudiants congolais, en RDC comme dans la diaspora, ce concours invite les jeunes créateurs à imaginer des espaces mémoriaux durables et symboliques, sur six sites emblématiques touchés par les violences armées depuis les années 1990.
« Ce n’est pas une compétition. C’est un acte de mémoire. Il s’agit de réinventer nos lieux d’oubli pour en faire des lieux de dignité », a affirmé la Directrice Générale Adjointe du FONAREV.
Les espaces ciblés par ce concours sont profondément ancrés dans la mémoire des Congolais :
• Sud-Kivu : Place Munzihirwa (Bukavu), Kasika, Mwenga
• Kasaï-Central : Rond-point de la Paix (Dibaya)
• Tanganyika : Fosses communes (Kalemie)
• Kongo-Central : Cimetière BDK (Songololo)
« Certains de ces lieux ont vu des gens être enterrés vivants. Ce sont des blessures ouvertes. Mais nous voulons que la mémoire les cicatrise », a expliqué un des responsables du projet.
Ouvert à tous les étudiants congolais, sans limite d’âge, le concours encourage les candidatures individuelles ou en groupe (établissements reconnus, en RDC ou à l’étranger). L’accent est mis sur la créativité, l’authenticité culturelle et l’ancrage communautaire.
Les projets attendus peuvent intégrer des symboles forts comme le bois sacré, la calebasse, les rites de veillées, les danses traditionnelles ou les mythes fondateurs. L’objectif est de concevoir des lieux par et pour les communautés, avec une forte charge mémorielle et réparatrice.
La sélection sera assurée par un jury composé de huit experts issus de divers domaines : architectes, juristes, représentants du ministère de la Culture et des Arts, communicants, urbanistes, communication,etc. Les noms des membres ne sont pas encore dévoilés, mais leurs profils ont été validés pour garantir une évaluation complète et équilibrée.
« L’évaluation tiendra compte de la mémoire, de l’innovation, de la faisabilité, du lien avec la culture congolaise, et surtout de l’impact pour les populations locales », a expliqué la DGA du FONAREV.
Calendrier du concours
• 21 mai – 4 juin : Soumission des projets
• 5 – 10 juin : Sélection des projets
• 11 – 13 juin : Évaluation finale
• 27 juin : Annonce des résultats
• 28 juin : Cérémonie de remise des prix
Pour chaque site, trois lauréats seront récompensés :
• 1er prix : 4 500 USD
• 2e prix : 3 500 USD
• 3e prix : 2 000 USD
Au-delà des récompenses financières, les projets primés seront intégrés dans le programme national de réparation collective du FONAREV, et présentés publiquement lors d’un vernissage solennel le 28 juin.
Avec ce concours, le FONAREV ne cherche pas seulement à faire œuvre de mémoire : il veut restituer une voix aux victimes, mobiliser la jeunesse autour du devoir de souvenir, et bâtir un patrimoine mémoriel commun.
« Ces espaces ne seront pas que des œuvres d’art. Ils seront des promesses de non-répétition. Ils incarneront le refus de l’oubli », a conclu l’équipe organisatrice.
Dorcas Mwavita/CongoProfond.net